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Finale CAN 2025: la chute d’un système corrompu (Mamadou Kassé)



Doyen Mamadou Kassé, journaliste
Doyen Mamadou Kassé, journaliste
​Ce qui s’est joué au stade Prince Moulay Abdellah de Rabat dépasse le cadre du simple sport. C’est un séisme géopolitique sur le rectangle vert. À bien des égards, la victoire des Lions de la Teranga sur les Lions de l’Atlas représente pour le football africain ce que fut la chute du mur de Berlin : l’effondrement brutal d’un système hégémonique qui se croyait éternel.
 
​L’effritement d’un système de connivence

 ​Pendant des décennies, une certaine gouvernance de la CAF et de la FIFA a laissé prospérer un modèle bâti sur le sable mouvant de la corruption, des passe-droits et des arrangements de coulisses. À Rabat, les limites objectives de ce système ont éclaté au grand jour.

​Ce n’était pas une simple finale ; c’était l’épilogue d’un plan machiavélique. Le football africain a trop longtemps souffert de ce "mal-être" des acteurs, étouffés par des règlements rarement appliqués avec équité lorsque les intérêts du pays hôte sont en jeu.

​Chronique d'une « basse besogne » arbitrale

​Le monde entier a été témoin d'une parodie de justice sportive. L'arbitre Jean-Jacques Ndala, agissant tel un exécutant en service commandé, a multiplié les décisions pour faire basculer le destin : ​Le but volé : L'annulation du but d'Ismaïla Sarr, consécutif à une tête d'Abdoulaye Seck, sous prétexte d'une faute imaginaire sur Achraf Hakimi alors que le ballon n'avait même pas franchi la ligne. Un sifflet prématuré pour empêcher toute intervention de la VAR.

​Le penalty de la provocation : L'octroi d'un penalty litigieux à la 90e+8 pour une faute présumée d'El Hadj Malick Diouf sur Brahim Díaz, déclenchant l'indignation légitime du camp sénégalais.

​La résistance : Transgresser pour triompher

​C'est ici que l'histoire a basculé. Face à l'injustice flagrante, les Lions de la Teranga sont entrés en dissidence. En ordonnant à ses joueurs de quitter temporairement la pelouse, Pape Thiaw n'a pas seulement protesté : il a brisé le "sacro-saint" principe de soumission à l'arbitraire. ​« Si le Sénégal n'avait pas transgressé l'ordre établi, s'il n'avait pas imposé ces 16 minutes d'interruption pour dire "Assez !", il serait rentré sans la coupe. »

​La suite relève de la justice immanente : le retour sur le terrain, le penalty de Brahim Díaz arrêté par un Édouard Mendy impérial, et enfin, le coup de grâce de Pape Gueye en prolongation. La tentative de "Panenka" manquée du Maroc symbolise l'arrogance d'un système qui se pensait intouchable et qui a fini par s'effondrer sur lui-même.

​Un nouveau paradigme pour l'Afrique

​Le château de sable s'est écroulé. Malgré les lourdes sanctions financières et les suspensions infligées par la suite à Pape Thiaw et ses joueurs, le message est passé. Le terrain a fini par dicter sa propre loi, rendant caduques les manœuvres de couloir.

​Le Sénégal ne ramène pas seulement un deuxième trophée à Dakar ; il ramène la preuve que la dignité sportive peut terrasser les complots les plus savamment préparés. Le "Mur de Berlin" de l’avilissement du football africain s’est effondré le 18 janvier à Rabat, et rien ne sera jamais plus  comme avant.                                    
 

Mamadou Kassé, journaliste

Dimanche 1 Février 2026 - 12:10


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