Devant un grand portrait en noir et blanc de Simone Veil et sous les yeux des fils de l'ancienne ministre, Aissa Doumara s'avance pour recevoir son prix, qu’elle dédie « à toutes les femmes victimes de violences et de mariages forcés, à toutes les rescapées de Boko Haram ». D'une voix émue, elle remercie le jury et commence à raconter des « petites histoires », comme elle dit.
Celle de cette fillette de 12 ans qui devait se marier juste avant d'entrer en 6e et qui a finalement réussi à échapper à cette union. Ou bien encore celle de cette jeune femme de 20 ans qui a dû boire le sang de son fils et de son mari égorgés sous ses yeux par Boko Haram mais qui a fini par se reconstuire.
Autant de victoires pour l'association d'Aissa Doumara. « Mais il reste tant à faire », souligne la lauréate du prix Simone Veil. « Presque toutes les trois secondes, une petite fille est mariée de force dans le monde. » Alors Aissa Doumara profite de la tribune qui lui est offerte pour faire passer plusieurs messages. Elle demande plus de prévention, une approche globale du problème et aussi davantage de moyens.
Sur ce point, elle a été entendue par Emmanuel Macron, qui a annoncé la création d'un fonds doté de 120 millions d'euros pour lutter contre les violences faites aux femmes dans le monde entier. Le président s'est aussi prononcé pour la mise en place d'une banque pour l'entreprenariat féminin en Afrique.
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