Le gouvernement burundais vient de franchir, durant le week-end du 15 mars, un palier supplémentaire dans la voie de la répression. Le ministre burundais de l’Intérieur Edouard Nduwimana a en effet suspendu le Mouvement pour la solidarité et la sémocratie (MSD) d’activités pour quatre mois et ferme ses locaux sur toute l’étendue du pays.
Ce parti d’opposition, encore sonné par les coups de boutoir qu’il vient de recevoir, a décidé de plier pour ne pas donner « un prétexte à des mesures encore plus contraignantes ». Et sur un ton sarcastique, François Nyamoya, porte-parole du MSD ajoute que « de toute façon, on était déjà suspendu de facto, car le pouvoir nous interdit systématiquement de manifester et même de tenir de simples réunions depuis des mois ».
Société civiles et médias dans le viseur du pouvoir
Le MSD est donc dans la tourmente, comme de nombreux autres partis d’opposition du Burundi. Son président Alexis Sinduhije est en fuite. Il est poursuivi pour insurrection, avec plus de 70 de ses militants aujourd’hui en prison. Un crime passible de la perpétuité dans ce pays.
Mais il n’y pas que l’opposition politique à être dans le viseur du pouvoir burundais. Le Conseil national de sécurité s’est réuni vendredi et s’en est pris violemment aux stations privées du Burundi - surtout la Radio publique africaine (RPA) -, et à certains activistes de la société civile, coupables à ses yeux de pactiser avec l’ennemi.
Source : Rfi.fr
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