En quinze ans, Boko Haram a survécu à sa scission en deux entités rivales, à la mort de ses leaders les plus charismatiques, à la perte de ses bastions historiques, ainsi qu’à d’innombrables opérations militaires menées par les pays riverains du Lac Tchad.
Le groupe fait preuve d’une alarmante capacité à se disperser, puis à se réorganiser dès le retrait des militaires pour frapper à nouveau, résume Remadji Hoinathy, chercheur à l’ISS. « Au fil des ans, ses combattants sont passés maîtres dans l’art de la guérilla », ajoute Vincent Foucher du CNRS, notamment grâce aux soutiens d’organisations internationales telles qu’al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) ou l’État Islamique.
Maîtrise du terrain dans le pays
L’utilisation de drones ou d’agents de renseignement lui permet d’élaborer des stratégies complexes, auxquelles s’ajoute la parfaite maîtrise d’un terrain à la topographie difficile.
Tandis que le contrôle du commerce et l’instauration d’un système de taxation sur les îles lui assure de confortables sources de revenus et d’approvisionnement.
« Les guerres asymétriques se soldent plus souvent par un enlisement que par une victoire », conclut Remadji Hointahy, pour qui la réponse ne peut être uniquement militaire, mais doit aussi passer par le développement de ses régions périphériques délaissées par l’État central.
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