Vous êtes aujourd’hui mairesse de Golf Sud, membre de Pastef et membre du Cabinet d’Ousmane Sonko. Comment vivez-vous cette responsabilité à la tête d’une collectivité territoriale ?
Je la vis avec beaucoup de responsabilité, de gratitude et de gravité, parce qu’être élue est un privilège. Les communautés avec lesquelles j’ai grandi m’ont fait confiance pour les servir, et je leur en serai éternellement reconnaissante. Durant ces cinq années, j’ai essayé de mériter cette confiance en étant au contact de la base, du territoire et des familles. Cela m’a permis de mesurer l’ampleur de la charge du maire, première échelle de gouvernance, où tout tombe sur nous , avec des responsabilités données par l’État et parfois des moyens qui font défaut. Malgré cela, l’engagement reste intact : il faut y aller pour servir les populations et donner corps à la vision de notre parti là où nous avons été positionnés, dans une collectivité.
Aujourd’hui, je considère avoir beaucoup de chance. Cela fait que ces deux positions sont complémentaires. Être à côté d’Ousmane Sonko, comprendre sa vision du développement et participer aux décisions nationales grâce à mon expérience du terrain permet d’enrichir ces décisions. Cela me permet aussi de transposer cette vision au niveau de la base pour en faire un plan opérationnel. Pour moi, c’est très exaltant. Être maire est un honneur, malgré toute la complexité de ce poste. Mais tous les jours, depuis quatre ans, bientôt cinq, je me lève avec la conviction que nous devons changer les choses et que nous sommes au service des populations pour y parvenir.
Vous avez longtemps plaidé pour une meilleure représentation des femmes dans les instances de décision. Vous êtes désormais vous-même aux commandes d’une commune. Qu’est-ce que cette expérience vous a appris sur les difficultés auxquelles les femmes élues sont confrontées ?
Pour une femme, candidater en politique reste très complexe. On est souvent limitée à son genre, alors que l’essentiel devrait être les compétences. Moi, je ne me définis pas par mon genre, mais par mes compétences et mon parcours d’ingénieur, qui m’a permis de gérer et diriger de grands projets. Les femmes doivent souvent apporter davantage de preuves pour démontrer leurs capacités. Aujourd’hui, en tant que maire, nous avons essayé de faire nos preuves à travers chaque projet et chaque décision, en apportant notre expérience, notre technicité, notre humanité et une nouvelle façon de gérer les territoires.
Avec beaucoup d’humilité, je participe aujourd’hui à plusieurs instances de décision au Sénégal et je représente les femmes d’Afrique au Conseil mondial des maires. Je veux donc dire aux femmes de ne pas être timides face aux responsabilités. Les contraintes existeront toujours, mais nous avons les moyens de prouver que notre présence est nécessaire. Cette touche féminine, cette lecture et cette vision au féminin peuvent apporter une véritable contribution à la marche du pays.
Vous défendez l’objectif d’avoir davantage de femmes à la tête des collectivités territoriales. À partir de votre expérience à Golf Sud, pourquoi est-il important que davantage de femmes accèdent à ces postes ?
Pour moi, il est important de donner leur place aux femmes dans les collectivités locales, car c’est un poste qui touche directement à la vie des familles : la santé, l’éducation et le cadre de vie. Ce sont des responsabilités que les femmes, notamment les mamans, gèrent déjà au quotidien dans leurs familles. Nous avons donc toutes les qualités nécessaires pour diriger, gérer, accompagner et transformer nos communautés. Donner davantage de place aux femmes, c’est aussi éviter d’exclure plus de la moitié de la population de la table de décision. Il ne s’agit pas d’opposer les hommes aux femmes, mais de corriger un important déficit de représentation : seulement 18 femmes maires sur plus de 500 collectivités et moins de trois femmes présidentes de département.
J’appelle donc les partis politiques à investir davantage les femmes, mais aussi les femmes elles-mêmes à se challenger, à faire valoir leurs compétences, à postuler et à lever la main. Car lorsqu’on est là où les décisions se prennent, on peut proposer, influencer et transformer les choses. Lorsqu’on n’y est pas, on subit les décisions des autres.
Lors de votre interview accordée au journal L’As en mars 2024, vous avez affirmé que les femmes sont souvent très présentes dans les partis, mais qu’elles sont moins nombreuses lorsqu’il faut distribuer les responsabilités. Est-ce que les choses ont réellement changé avec l’arrivée de Pastef au pouvoir ?
En tout cas, honnêtement, il faut reconnaître que les femmes restent peu présentes dans les instances de décision des partis politiques au Sénégal, et Pastef ne fait pas exception. Historiquement, ce sont ceux qui occupent les postes de décision qui ont le plus de chances d’accéder ensuite aux postes de nomination. Avec peu de femmes dans ces instances, le même schéma se reproduit. Pour moi, les renouvellements des bases de Pastef constituent donc une chance inouïe pour les femmes. Elles ne doivent plus attendre, mais se positionner et faire valoir leurs compétences.
Le mouvement des femmes est important, mais cela ne doit pas signifier leur absence des autres sphères du parti. Nous avons besoin d’hommes et de femmes compétents dans toutes les instances. Les femmes doivent donc sortir du seul rôle de mobilisation et accéder aux postes de décision, qu’il s’agisse des cellules, coordinations, départements ou instances nationales. C’est un chantier qui concerne Pastef, mais aussi tout le Sénégal et, plus largement, le monde. Les femmes de Pastef ont aujourd’hui une occasion exceptionnelle de briguer des postes de responsabilité, et je suis persuadée qu’elles ont toutes les compétences nécessaires pour y arriver.
Quelles mesures concrètes faut-il prendre au sein de votre formation politique pour permettre davantage aux femmes d’accéder aux postes de responsabilité et de décision ?
Il faut de la mobilisation, oui. Il faut dans la formation, il faut dans les secrétariats nationaux. Partout où les compétences sont nécessaires, les femmes doivent pouvoir en fait lever la main pour pouvoir être dans les instances de dirigeantes.
Ces renouvellements marquent-ils, selon vous, un véritable tournant vers la féminisation des instances dirigeantes du PASTEF ?
En tout cas, ce n'est pas une question de féminisation ou pas. Moi, j'insiste sur ce mot. Ce n'est pas une opposition. C'est juste qu'en termes d'accès et de nombre, pour moi, en fait, on a une place à prendre. Maintenant, ce n'est pas parce que je suis une femme. Moi, là ne peut pas être le débat. Moi, ce n'est pas mon mindset. Ce que je pense aujourd'hui, c'est que c'est des positions qui vont être ouvertes. C'est comme des recrutements entre parenthèses. On ne vous recrute pas parce que vous êtes une femme ou vous êtes un homme. On vous recrute parce que vous avez des compétences que vous avez proposées et que vous allez faire valoir. Donc aujourd'hui, on a des renouvellements qui se dessinent.
On a des positions qui vont s'ouvrir aux femmes d'assumer enfin leur part de responsabilité et de lever la main, de montrer qu'elles sont capables et de se donner les moyens d'être là où elles doivent être. Ça ne sera pas chose donnée. Ce n'est pas parce que vous êtes une femme qu'on doit vous le donner. Mais vous êtes une femme avec un profil, avec un background, avec une ambition de servir ce pays et que la position est ouverte. Levez la main et dites que oui, moi aussi, je le veux. Vous l'aurez ou vous ne l'aurez pas. Pour moi, il faut déjà lever la main pour avoir la chance d'être choisie.
Je la vis avec beaucoup de responsabilité, de gratitude et de gravité, parce qu’être élue est un privilège. Les communautés avec lesquelles j’ai grandi m’ont fait confiance pour les servir, et je leur en serai éternellement reconnaissante. Durant ces cinq années, j’ai essayé de mériter cette confiance en étant au contact de la base, du territoire et des familles. Cela m’a permis de mesurer l’ampleur de la charge du maire, première échelle de gouvernance, où tout tombe sur nous , avec des responsabilités données par l’État et parfois des moyens qui font défaut. Malgré cela, l’engagement reste intact : il faut y aller pour servir les populations et donner corps à la vision de notre parti là où nous avons été positionnés, dans une collectivité.
Aujourd’hui, je considère avoir beaucoup de chance. Cela fait que ces deux positions sont complémentaires. Être à côté d’Ousmane Sonko, comprendre sa vision du développement et participer aux décisions nationales grâce à mon expérience du terrain permet d’enrichir ces décisions. Cela me permet aussi de transposer cette vision au niveau de la base pour en faire un plan opérationnel. Pour moi, c’est très exaltant. Être maire est un honneur, malgré toute la complexité de ce poste. Mais tous les jours, depuis quatre ans, bientôt cinq, je me lève avec la conviction que nous devons changer les choses et que nous sommes au service des populations pour y parvenir.
Vous avez longtemps plaidé pour une meilleure représentation des femmes dans les instances de décision. Vous êtes désormais vous-même aux commandes d’une commune. Qu’est-ce que cette expérience vous a appris sur les difficultés auxquelles les femmes élues sont confrontées ?
Pour une femme, candidater en politique reste très complexe. On est souvent limitée à son genre, alors que l’essentiel devrait être les compétences. Moi, je ne me définis pas par mon genre, mais par mes compétences et mon parcours d’ingénieur, qui m’a permis de gérer et diriger de grands projets. Les femmes doivent souvent apporter davantage de preuves pour démontrer leurs capacités. Aujourd’hui, en tant que maire, nous avons essayé de faire nos preuves à travers chaque projet et chaque décision, en apportant notre expérience, notre technicité, notre humanité et une nouvelle façon de gérer les territoires.
Avec beaucoup d’humilité, je participe aujourd’hui à plusieurs instances de décision au Sénégal et je représente les femmes d’Afrique au Conseil mondial des maires. Je veux donc dire aux femmes de ne pas être timides face aux responsabilités. Les contraintes existeront toujours, mais nous avons les moyens de prouver que notre présence est nécessaire. Cette touche féminine, cette lecture et cette vision au féminin peuvent apporter une véritable contribution à la marche du pays.
Vous défendez l’objectif d’avoir davantage de femmes à la tête des collectivités territoriales. À partir de votre expérience à Golf Sud, pourquoi est-il important que davantage de femmes accèdent à ces postes ?
Pour moi, il est important de donner leur place aux femmes dans les collectivités locales, car c’est un poste qui touche directement à la vie des familles : la santé, l’éducation et le cadre de vie. Ce sont des responsabilités que les femmes, notamment les mamans, gèrent déjà au quotidien dans leurs familles. Nous avons donc toutes les qualités nécessaires pour diriger, gérer, accompagner et transformer nos communautés. Donner davantage de place aux femmes, c’est aussi éviter d’exclure plus de la moitié de la population de la table de décision. Il ne s’agit pas d’opposer les hommes aux femmes, mais de corriger un important déficit de représentation : seulement 18 femmes maires sur plus de 500 collectivités et moins de trois femmes présidentes de département.
J’appelle donc les partis politiques à investir davantage les femmes, mais aussi les femmes elles-mêmes à se challenger, à faire valoir leurs compétences, à postuler et à lever la main. Car lorsqu’on est là où les décisions se prennent, on peut proposer, influencer et transformer les choses. Lorsqu’on n’y est pas, on subit les décisions des autres.
Lors de votre interview accordée au journal L’As en mars 2024, vous avez affirmé que les femmes sont souvent très présentes dans les partis, mais qu’elles sont moins nombreuses lorsqu’il faut distribuer les responsabilités. Est-ce que les choses ont réellement changé avec l’arrivée de Pastef au pouvoir ?
En tout cas, honnêtement, il faut reconnaître que les femmes restent peu présentes dans les instances de décision des partis politiques au Sénégal, et Pastef ne fait pas exception. Historiquement, ce sont ceux qui occupent les postes de décision qui ont le plus de chances d’accéder ensuite aux postes de nomination. Avec peu de femmes dans ces instances, le même schéma se reproduit. Pour moi, les renouvellements des bases de Pastef constituent donc une chance inouïe pour les femmes. Elles ne doivent plus attendre, mais se positionner et faire valoir leurs compétences.
Le mouvement des femmes est important, mais cela ne doit pas signifier leur absence des autres sphères du parti. Nous avons besoin d’hommes et de femmes compétents dans toutes les instances. Les femmes doivent donc sortir du seul rôle de mobilisation et accéder aux postes de décision, qu’il s’agisse des cellules, coordinations, départements ou instances nationales. C’est un chantier qui concerne Pastef, mais aussi tout le Sénégal et, plus largement, le monde. Les femmes de Pastef ont aujourd’hui une occasion exceptionnelle de briguer des postes de responsabilité, et je suis persuadée qu’elles ont toutes les compétences nécessaires pour y arriver.
Quelles mesures concrètes faut-il prendre au sein de votre formation politique pour permettre davantage aux femmes d’accéder aux postes de responsabilité et de décision ?
Il faut de la mobilisation, oui. Il faut dans la formation, il faut dans les secrétariats nationaux. Partout où les compétences sont nécessaires, les femmes doivent pouvoir en fait lever la main pour pouvoir être dans les instances de dirigeantes.
Ces renouvellements marquent-ils, selon vous, un véritable tournant vers la féminisation des instances dirigeantes du PASTEF ?
En tout cas, ce n'est pas une question de féminisation ou pas. Moi, j'insiste sur ce mot. Ce n'est pas une opposition. C'est juste qu'en termes d'accès et de nombre, pour moi, en fait, on a une place à prendre. Maintenant, ce n'est pas parce que je suis une femme. Moi, là ne peut pas être le débat. Moi, ce n'est pas mon mindset. Ce que je pense aujourd'hui, c'est que c'est des positions qui vont être ouvertes. C'est comme des recrutements entre parenthèses. On ne vous recrute pas parce que vous êtes une femme ou vous êtes un homme. On vous recrute parce que vous avez des compétences que vous avez proposées et que vous allez faire valoir. Donc aujourd'hui, on a des renouvellements qui se dessinent.
On a des positions qui vont s'ouvrir aux femmes d'assumer enfin leur part de responsabilité et de lever la main, de montrer qu'elles sont capables et de se donner les moyens d'être là où elles doivent être. Ça ne sera pas chose donnée. Ce n'est pas parce que vous êtes une femme qu'on doit vous le donner. Mais vous êtes une femme avec un profil, avec un background, avec une ambition de servir ce pays et que la position est ouverte. Levez la main et dites que oui, moi aussi, je le veux. Vous l'aurez ou vous ne l'aurez pas. Pour moi, il faut déjà lever la main pour avoir la chance d'être choisie.
Vous défendez l’autonomisation économique des femmes, notamment dans le monde rural. Quelles politiques concrètes devraient être mises en œuvre pour améliorer l’accès des femmes au financement, à la terre et à l’entrepreneuriat ?
J'ai vu Ndioro Ndiaye, en passant par Awa Gueye Kébé, et toutes ces femmes qui ont été des ministres. Ce mot a été galvaudé et ça n'a pas développé les femmes. Parce qu'on n'a jamais cru aux femmes comme étant des leaders économiques, comme étant des chefs d'entreprise, comme étant des femmes qui sont capables. Comme étant des femmes qui sont capables aujourd'hui de transformer économiquement leur terroir. Aujourd'hui, lorsque vous regardez les groupements de femmes, lorsque vous regardez les « Avec », lorsque vous regardez l'activité économique de ce pays, vous avez deux constats. Le premier, c'est que les femmes se lèvent tôt, elles font énormément d'efforts pour gagner peu. Et lorsque vous regardez les grands chefs d'entreprise, les capitaines d'industrie, il y a peu de femmes.
Mon rêve aujourd'hui, c'est qu'il y ait beaucoup de femmes capitaines d'industrie, qu'il y ait beaucoup de femmes avec un modèle qui leur est propre, qui détiennent une partie de l'économie sénégalaise parce que c'est elles qui consomment, parce que c'est elles qui tiennent les familles, parce qu'elles fournissent beaucoup d'efforts pour peu de résultats économiques. Donc pour moi, l'autonomisation des femmes doit être un mot qu'on doit changer. Un leadership économique des femmes. Et c'est pourquoi dans ma commune, j'ai créé en fait avec les femmes de cette commune, le réseau des femmes leaders de la commune de Golfe Sud.
Vous parlez de faire des femmes de véritables « capitaines d’industrie ». Comment comptez-vous passer de ce discours à une réalité concrète sur le terrain ?
Dans une commune urbaine où la consommation est le moteur de l’économie, les femmes jouent un rôle central puisqu’elles assurent une grande partie des dépenses quotidiennes. L’objectif est donc qu’elles puissent maîtriser leur propre réseau de distribution, notamment à travers une centrale d’achat et des boutiques solidaires dans les quartiers. C’est aussi une forme de leadership économique.
Dans le monde rural, il faut également accompagner les femmes pour qu’elles ne se limitent plus à produire et vendre leurs produits bruts, mais qu’elles puissent les transformer. C’est dans la transformation que se trouve la valeur ajoutée.
L’objectif est d’en faire de véritables capitaines d’industrie dans différents domaines. Pour cela, les femmes doivent être techniquement préparées, mais aussi bénéficier de financements solides, capables de leur permettre de créer de véritables industries. Les zones aménagées pour l’industrie constituent une opportunité, notamment pour les PME, et il faudrait réserver un quota aux industries portées par les femmes.
L’objectif est donc de permettre aux femmes de produire, transformer et commercialiser, afin de passer d’une économie de subsistance à une véritable économie créatrice de valeur. C’est, selon elle, l’un des axes importants de sa réflexion économique et de celle d’Ousmane Sonko.
Concernant la question du foncier, faut-il aujourd'hui renvoi les mécanismes de distribution des terres pour permettre aux femmes qui travaillent la terre d'en devenir propriétaires?
La plupart des femmes qui travaillent les terres n’en sont pas propriétaires. Or, sans titre foncier, elles ne peuvent pas garantir un prêt bancaire pour financer leurs activités. Il faut donc attribuer un quota de terres aux femmes et mettre en place une discrimination positive pour accélérer leur leadership économique. C’est aujourd’hui une urgence. L’accès au foncier doit également permettre aux femmes d’accéder à la propriété et à un toit. Une femme propriétaire de son domicile dispose de davantage de sécurité, d’autonomie et d’assurance, notamment face aux difficultés comme le divorce ou les violences.
Pour moi, le leadership politique des femmes passe incontestablement par leur autonomie économique. Une femme qui travaille, subvient à ses besoins et dispose de revenus est moins vulnérable à la manipulation politique. Elle a davantage de capacité de discernement et de décision. Il faut donc développer le leadership économique des femmes, créer un réseau de femmes industrielles et renforcer leur accès aux compétences scientifiques et techniques. La transformation industrielle du Sénégal est un virage qu’il ne faut pas laisser aux hommes. Les jeunes et les femmes doivent y prendre pleinement part pour contribuer au développement du pays dans le respect de l’équité.
Votre parcours montre que vous êtes passée du monde du développement à la politique, puis à la gestion d’une collectivité et aux responsabilités auprès d’Ousmane Sonko. Quel regard portez-vous aujourd’hui sur votre parcours et sur les combats qui vous ont menée jusqu’ici ?
Je dirais que c’est peut-être une suite logique. Je me suis toujours engagée depuis très jeune âge, depuis que je suis aux primaires, entre collèges, terminales, universités. Partout où j’ai été, l’engagement a été quelque chose de déterminant dans ma vie. Je n’ai jamais voulu être seulement quelqu’un qui fait le travail, point rentrée à la maison. J’ai adhéré au développement, à des associations. Aujourd’hui, je suis maire et, encore une fois, c’est un très grand honneur de servir. Je suis aussi à des instances nationales auprès d’Ousmane Sonko, qui est mon guide et mon leader et mon maître en pensée, en politique. Tout ça me permet aujourd’hui de savoir que rien ne vaut l’expérience et dans la durée. Au niveau mondial, je copréside l’Observatoire international de la démocratie participative. Ça me permet juste de dire qu’il faut croire en soi, croire en ses rêves, oser et être utile à son époque.
Mon parcours aujourd’hui, j’en arrive à un niveau où mon rêve est de pouvoir faire en sorte que d’autres personnes, femmes, jeunes comme hommes, puissent s’inspirer un peu de cette petite expérience. Il faut savoir transmettre. J’aurais réussi si j’arrive aujourd’hui à créer de l’émulation, si je réussis à avoir des jeunes filles qui se disent que dans cette commune, on a eu une femme maire, donc nous aussi on peut être maires. On a eu des femmes à des postes de responsabilité, nous aussi on peut être à ces postes. Je continuerai à me battre, quel que soit là où je serai.
Dans mon monde associatif, dans les ONG avec lesquelles je travaille, mais aussi avec les postes que j’occuperai peut-être un jour, je continuerai à servir. Parce que pour moi aussi, c’est important.
Pour terminer, quel est votre message aux femmes sénégalaises qui souhaitent s’engager en politique mais qui hésitent encore à franchir le pas ?
Croyez en vous. Il n’y a pas de secret dans la vie. Rien n’est donné, rien n’est acquis, rien n’est immuable, rien n’est impossible à quelqu’un qui ose. Moi, je suis l’exemple parfait de ça. Il m’arrive d’avoir peur, il m’arrive de craindre d’échouer, mais à chaque fois que je me lève, je me donne à fond pour que les choses se fassent. Donc, aux femmes sénégalaises, croyez en vous. Femmes sénégalaises, politisez-vous.
Lorsque d’autres personnes décident pour vous, vous subissez ces décisions. Lorsque vous êtes à la place où on décide, vous avez la capacité et le pouvoir d’influencer les choses. Ça peut être difficile parfois, mais soyons aussi les moteurs de la transformation de ces vies et soyez des femmes qui osent prendre des responsabilités. Levez la main quand il le faut. Essayez, tombez, relevez-vous, mais dites-vous que ce monde s’est fait parce que des gens ont, à un moment, cru en leur étoile.
Et cette étoile, elle brille pour tout le monde. Croyez en vous.
J'ai vu Ndioro Ndiaye, en passant par Awa Gueye Kébé, et toutes ces femmes qui ont été des ministres. Ce mot a été galvaudé et ça n'a pas développé les femmes. Parce qu'on n'a jamais cru aux femmes comme étant des leaders économiques, comme étant des chefs d'entreprise, comme étant des femmes qui sont capables. Comme étant des femmes qui sont capables aujourd'hui de transformer économiquement leur terroir. Aujourd'hui, lorsque vous regardez les groupements de femmes, lorsque vous regardez les « Avec », lorsque vous regardez l'activité économique de ce pays, vous avez deux constats. Le premier, c'est que les femmes se lèvent tôt, elles font énormément d'efforts pour gagner peu. Et lorsque vous regardez les grands chefs d'entreprise, les capitaines d'industrie, il y a peu de femmes.
Mon rêve aujourd'hui, c'est qu'il y ait beaucoup de femmes capitaines d'industrie, qu'il y ait beaucoup de femmes avec un modèle qui leur est propre, qui détiennent une partie de l'économie sénégalaise parce que c'est elles qui consomment, parce que c'est elles qui tiennent les familles, parce qu'elles fournissent beaucoup d'efforts pour peu de résultats économiques. Donc pour moi, l'autonomisation des femmes doit être un mot qu'on doit changer. Un leadership économique des femmes. Et c'est pourquoi dans ma commune, j'ai créé en fait avec les femmes de cette commune, le réseau des femmes leaders de la commune de Golfe Sud.
Vous parlez de faire des femmes de véritables « capitaines d’industrie ». Comment comptez-vous passer de ce discours à une réalité concrète sur le terrain ?
Dans une commune urbaine où la consommation est le moteur de l’économie, les femmes jouent un rôle central puisqu’elles assurent une grande partie des dépenses quotidiennes. L’objectif est donc qu’elles puissent maîtriser leur propre réseau de distribution, notamment à travers une centrale d’achat et des boutiques solidaires dans les quartiers. C’est aussi une forme de leadership économique.
Dans le monde rural, il faut également accompagner les femmes pour qu’elles ne se limitent plus à produire et vendre leurs produits bruts, mais qu’elles puissent les transformer. C’est dans la transformation que se trouve la valeur ajoutée.
L’objectif est d’en faire de véritables capitaines d’industrie dans différents domaines. Pour cela, les femmes doivent être techniquement préparées, mais aussi bénéficier de financements solides, capables de leur permettre de créer de véritables industries. Les zones aménagées pour l’industrie constituent une opportunité, notamment pour les PME, et il faudrait réserver un quota aux industries portées par les femmes.
L’objectif est donc de permettre aux femmes de produire, transformer et commercialiser, afin de passer d’une économie de subsistance à une véritable économie créatrice de valeur. C’est, selon elle, l’un des axes importants de sa réflexion économique et de celle d’Ousmane Sonko.
Concernant la question du foncier, faut-il aujourd'hui renvoi les mécanismes de distribution des terres pour permettre aux femmes qui travaillent la terre d'en devenir propriétaires?
La plupart des femmes qui travaillent les terres n’en sont pas propriétaires. Or, sans titre foncier, elles ne peuvent pas garantir un prêt bancaire pour financer leurs activités. Il faut donc attribuer un quota de terres aux femmes et mettre en place une discrimination positive pour accélérer leur leadership économique. C’est aujourd’hui une urgence. L’accès au foncier doit également permettre aux femmes d’accéder à la propriété et à un toit. Une femme propriétaire de son domicile dispose de davantage de sécurité, d’autonomie et d’assurance, notamment face aux difficultés comme le divorce ou les violences.
Pour moi, le leadership politique des femmes passe incontestablement par leur autonomie économique. Une femme qui travaille, subvient à ses besoins et dispose de revenus est moins vulnérable à la manipulation politique. Elle a davantage de capacité de discernement et de décision. Il faut donc développer le leadership économique des femmes, créer un réseau de femmes industrielles et renforcer leur accès aux compétences scientifiques et techniques. La transformation industrielle du Sénégal est un virage qu’il ne faut pas laisser aux hommes. Les jeunes et les femmes doivent y prendre pleinement part pour contribuer au développement du pays dans le respect de l’équité.
Votre parcours montre que vous êtes passée du monde du développement à la politique, puis à la gestion d’une collectivité et aux responsabilités auprès d’Ousmane Sonko. Quel regard portez-vous aujourd’hui sur votre parcours et sur les combats qui vous ont menée jusqu’ici ?
Je dirais que c’est peut-être une suite logique. Je me suis toujours engagée depuis très jeune âge, depuis que je suis aux primaires, entre collèges, terminales, universités. Partout où j’ai été, l’engagement a été quelque chose de déterminant dans ma vie. Je n’ai jamais voulu être seulement quelqu’un qui fait le travail, point rentrée à la maison. J’ai adhéré au développement, à des associations. Aujourd’hui, je suis maire et, encore une fois, c’est un très grand honneur de servir. Je suis aussi à des instances nationales auprès d’Ousmane Sonko, qui est mon guide et mon leader et mon maître en pensée, en politique. Tout ça me permet aujourd’hui de savoir que rien ne vaut l’expérience et dans la durée. Au niveau mondial, je copréside l’Observatoire international de la démocratie participative. Ça me permet juste de dire qu’il faut croire en soi, croire en ses rêves, oser et être utile à son époque.
Mon parcours aujourd’hui, j’en arrive à un niveau où mon rêve est de pouvoir faire en sorte que d’autres personnes, femmes, jeunes comme hommes, puissent s’inspirer un peu de cette petite expérience. Il faut savoir transmettre. J’aurais réussi si j’arrive aujourd’hui à créer de l’émulation, si je réussis à avoir des jeunes filles qui se disent que dans cette commune, on a eu une femme maire, donc nous aussi on peut être maires. On a eu des femmes à des postes de responsabilité, nous aussi on peut être à ces postes. Je continuerai à me battre, quel que soit là où je serai.
Dans mon monde associatif, dans les ONG avec lesquelles je travaille, mais aussi avec les postes que j’occuperai peut-être un jour, je continuerai à servir. Parce que pour moi aussi, c’est important.
Pour terminer, quel est votre message aux femmes sénégalaises qui souhaitent s’engager en politique mais qui hésitent encore à franchir le pas ?
Croyez en vous. Il n’y a pas de secret dans la vie. Rien n’est donné, rien n’est acquis, rien n’est immuable, rien n’est impossible à quelqu’un qui ose. Moi, je suis l’exemple parfait de ça. Il m’arrive d’avoir peur, il m’arrive de craindre d’échouer, mais à chaque fois que je me lève, je me donne à fond pour que les choses se fassent. Donc, aux femmes sénégalaises, croyez en vous. Femmes sénégalaises, politisez-vous.
Lorsque d’autres personnes décident pour vous, vous subissez ces décisions. Lorsque vous êtes à la place où on décide, vous avez la capacité et le pouvoir d’influencer les choses. Ça peut être difficile parfois, mais soyons aussi les moteurs de la transformation de ces vies et soyez des femmes qui osent prendre des responsabilités. Levez la main quand il le faut. Essayez, tombez, relevez-vous, mais dites-vous que ce monde s’est fait parce que des gens ont, à un moment, cru en leur étoile.
Et cette étoile, elle brille pour tout le monde. Croyez en vous.
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