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Macky et son probable Gouvernement d’union nationale: l’analyste politique Serigne Saliou Guèye en parle (Entretien)

« En politique, tout est possible », c’est ce qu’a répondu le journaliste et analyste politique Serigne Saliou Guèye, dans une interview accordée à PressAfrik, sur l’éventuelle formation d’un Gouvernement d’union nationale, par le Président Macky Sall. M. Guèye a évoqué plusieurs questions notamment les opposants qui feront leurs entrées dans ce Gouvernement d’ouverture et mais aussi l’avenir l’opposition sénégalaise. Entretien !



Macky et son probable Gouvernement d’union nationale: l’analyste politique Serigne Saliou Guèye en parle (Entretien)
On parle de la formation d'un éventuel Gouvernement d'union nationale, par le président Macky Sall. D’abord, pensez-vous que cela est possible dans le contexte actuel ?
 
En politique, tout est possible. Surtout celle que nous menons dans notre République où les actes, paroles et comportements de nos politiciens ne sont jamais adossés à des principes éthiques quand leurs intérêts crypto-politiciens sont en jeu. Avant de répondre au fond de votre question, il faut d’abord dire ce que l’on entend par Gouvernement d’union nationale et quelles sont les conditions de sa mise sur pied. Quand un pays est confronté à une crise polymorphe et durable qui se manifeste par un blocage des institutions, une instabilité sociale, des affrontements publics fréquents entre les forces de sécurité, de défense et les populations civiles, il y a là la nécessité de mettre sur pied un Gouvernement d’union nationale avec la participation des différentes forces politiques de l’opposition, des forces sociales et de la Société civile. Et dans une union nationale, le programme de gouvernement émane consensuellement de toutes les parties prenantes.
"Macky n'est pas à l'abri de remous qui peuvent secouer son régime"
Actuellement, je ne pense pas que notre pays soit plongé dans une crise profonde et multiforme qui nécessite un Gouvernement d’union nationale. Quand bien même notre pays serait confronté, depuis la dernière élection présidentielle à une mal-gouvernance amplifiée par la pandémie à coronavirus. Toutefois le chef de l’Etat Macky Sall, dans sa stratégie de domestiquer un pan de son opposition et se donner l’image d’un Président rassembleur, peut ouvrir son gouvernement et faire appel à cette opposition-light acquise à sa cause. Même si le pays semble apparemment calme, avec le front social qui se réchauffe et le mécontentement, il n’est jamais à l’abri de remous qui peuvent secouer voire déstabiliser un régime. Il faut tout faire pour éviter la contagion de ce qui se passe dans le Mali voisin dont le Président IBK ne parvient plus à contenir le mécontentement populaire malgré la volonté de mettre sur un Gouvernement de large ouverture.
 
Si cela venait à être une réalité, pensez-vous que des opposants comme Khalifa Sall, Idrissa et les Oumar Sarr, seront dans ce nouveau gouvernement ?

Pour éviter le syndrome malien, avoir un modus vivendi sur le couplage éventuelle, la procrastination des Locales et des Législatives et probablement le 3e mandat, Macky Sall peut inviter à la soupe gouvernementale les dissidents libéraux affamés de And Suxxali Sopi, certains membres de Taxawu Dakar dont le long mutisme de leurs leaders est devenu suspicieux. D’autres politiciens insoupçonnés peuvent faire partie d’un éventuel Gouvernement d’ouverture. Un tel Gouvernement aura une vocation purement politicienne parce que basé sur des calculs politiques et des intérêts individuels. Le Gouvernement actuel n’est pas à la hauteur de la situation que nous traversons. La pandémie a montré les limites ou les carences de plusieurs ministres de Macky. Et le Sénégal a besoin aujourd’hui d’un Gouvernement regroupant des hommes et des femmes compétents pour affiner un bon plan de relance notre économie menacée de récession.
"Le Gouvernement actuel n’est pas à la hauteur de la situation que nous traversons"
Mais si, pour résoudre nos difficultés, on reprend dans un Gouvernement d’ouverture les mêmes qui, naguère, s’étripaient avant de s’amouracher, on risque de tomber de Charybde en Scylla. On ne fait pas du neuf avec du vieux. Un salmigondis de Gouvernement regroupant la majorité et une opposition en réalité non-opposante ne fera qu’accentuer la colère des populations parce que convaincues de l’insouciance de cette engeance politicienne vis-à-vis de leurs souffrances.
 
Une éventuelle présence de ces opposants dans gouvernement d'union nationale, n'est-elle pas la mort de l'opposition sénégalaise ?
 
La présence de Rewmi, And Suxxali Sopi et Taxawu Dakar au cœur de la mascarade d’union nationale n’affaiblira en rien l’opposition. Elle aura même le mérite de clarifier les positions. Une opposition se caractérise par une présence assidue sur le terrain de la contradiction fertile et une prise en charge dans ses discours et interventions des problèmes des populations. Rien dans le discours et dans les faits n’atteste de l’opposition de ces regroupements politiques sus-évoqués. Aujourd’hui, au Sénégal, il y a une reconfiguration de l’opposition avec des leaders comme Ousmane Sonko, Thierno Bocoum, Hamidou Dème et ceux du Congrès de la reconnaissance démocratique (Abdoul Mbaye, Mamadou Lamine Diallo et Thierno Alassane Sall). Parallèlement, on assiste progressivement à l’extinction de dinosaures politiques et à l’émergence d’une nouvelle race d’hommes politiques portant la contradiction au régime en place.
"Sonko, Hamidou Dème, Barthélémy Dias, Abdoul Mbaye, Diallo Tekki... incarnent le nouveau visage de l'opposition"

On ne peut pas qualifier les animateurs de And Suxxali Sopi qui ont quitté avec fracas le PDS pour des intérêts autres que politiques d’opposants. Dans Taxawu Dakar, seul Barthélemy Dias dirige la résistance en l’absence de son leader aphone. A Rewmi, Déthié Fall, affaibli par la disparition de son leader de la scène politique, verse, à son corps défendant, dans une opposition feinte à l’Assemblée nationale. Donc l’on peut dire que le collaborationnisme de ces regroupements politiques à un Gouvernement de partage, au lieu d’affaiblir l’opposition, la renforcera au grand bonheur des leaders qui incarnent cette nouvelle force politique tenant la dragée haute au régime de Macky.
 
Même si Macky, projet politique en sous-main, peut jouir de dividendes politiques en favorisant l’entrisme de certains politiciens rabougris dans un bric-à-brac gouvernemental, le pays en butte à des difficultés économiques graves n’en tirera jamais profit.
 

Salif SAKHANOKHO

Samedi 11 Juillet 2020 - 11:02




1.Posté par Ndiaye le 11/07/2020 14:44
On commence en avoir marre après Macky on veut un nouveau visage,un personnel politique neuf
Nous connaissons tout ce monde toujours les mêmes
Basta

2.Posté par Ndiaye le 11/07/2020 16:44
Souhaitons dans le futur ,un President qui n'a jamais fleurte avec le régime de wade
Nous payons ces séquelles jusqu'à présent.

3.Posté par Bara le 11/07/2020 16:48
Ce gars même si le fond de ses analyses est souvent intéressant, fait trop dans le pédantisme:
Morceaux choisis:
"polymorphe, procrastination, salmigondis, engeance, collaborationnisme"

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