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Quatre organes de presse fermés au Bénin

La Fédération Internationale des Journalistes (FIJ), première organisation mondiale de journalistes (600.000 membres), a interpellé ce jeudi 1er décembre la Haute autorité de l'audiovisuel et de la communication (HAAC) du Bénin, à revenir sur sa décision de fermer les chaînes de télévisions E-Télé, Sikka TV et Eden TV et de la radio Soleil FM intervenue le 28 novembre 2016.



La HAAC a en effet décidé de "mettre fin jusqu'à nouvel ordre aux activités" de ces quatre organes de presse pour cause de «délocalisation».

Sikka TV et la radio Soleil FM appartiennent à l'homme d'affaires et politicien Sébastien Ajavon, arrivé troisième lors de la Présidentielle de mars 2016. Ce dernier avait été interpellé le 28 octobre après la découverte de 18 kilos de cocaïne dans un conteneur destiné à sa société, avant d’être relaxé. Eden TV appartient à l’homme d’affaires Samuel Dossou, dont l’épouse Claudine Prudencio, députée au Parlement, assure la gestion, et serait proche de Sébastien Ajavon. E-Télé serait être proche de l’ancien Président de la République Thomas Boni Yayi. 

La décision de la HAAC intime l’ordre de cessation de la diffusion, une mise sous scellés et le recours à « toutes les dispositions nécessaires pour l’application effective de la décision ». Cette fermeture qui est intervenue sans « mise en demeure » serait motivée par des raisons de « délocalisation ».

« Une telle décision unilatérale a des implications considérables à la fois sur la liberté de la presse au Bénin, mais aussi sur le sort des salariés de ces quatre médias . Nous la condamnons fermement et demandons à la HAAC de revenir sur son choix liberticide», a déclaré Philippe Leruth, le président de la FIJ.

Dans une lettre de protestations datée du 29 novembre, les associations professionnelles des médias dont l’Union des professionnels des médias du Bénin (UPMB) , affiliée de la FIJ, condamnent avec vigueur cette décision disproportionnée qui nuit à la liberté d’information.

«Nous demandons à la HAAC de plutôt protéger les organes de presse en revenant sur cette décision liberticide qui va mettre au chômage des centaines de professionnels des médias» s’indigne Franck Kpotchémè, président de l’UPMB. 


Samedi 3 Décembre 2016 - 10:34



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