La tension est montée d'un cran ces derniers jours du côté du grand marché PK5. Dans ce quartier demeurent les derniers musulmans de Bangui, quelques centaines tout au plus qui tentent encore de cohabiter avec leurs voisins chrétiens. Ces derniers temps, des initiatives ont fleuri pour tenter de faire revivre ensemble chrétiens et musulmans. Des initiatives plutôt concluantes, selon des intervenants extérieurs au quartier.
Pourtant en quelques heures hier, le secteur a de nouveau basculé dans la violence et la peur. Selon plusieurs témoignages, des hommes armés, présentés comme des anti-balaka ont réussi à rentrer dans le quartier. Par deux fois, les soldats de la Misca et de la force française Sangaris ont réussi à les repousser mais dans l'après-midi, un groupe armé s'est à nouveau infiltré, tuant cette fois quatre jeunes gens.
« Lâchés par tout le monde »
Au PK5, c'est la consternation et la peur. « A la troisième attaque, personne n'est venu pour nous protéger, ni Sangaris, ni la Misca », explique un habitant du quartier. Ce dernier a déjà perdu plusieurs membres de sa famille depuis le début de la crise. Hier on a tué l'un de ses fils et un petit frère. « On n’en peut plus, avoue-t-il. On est lâchés par tout le monde. Ce quartier est devenu un ghetto pour les derniers musulmans : si on en sort, on est mort, mais maintenant ils viennent nous tuer chez nous. » Les anti-balaka ont menacé de revenir poursuivre « leur travail ». Les soldats français de Sangaris ont promis de renforcer les patrouilles.
Source : Rfi.fr
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