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Royaume-Uni : Dominic Raab devient le nouveau ministre en charge du Brexit

Après la démission de David Davis, Theresa May a nommé à ce poste exposé ce quadra, eurosceptique, jusqu'alors secrétaire d'Etat au Logement.



Royaume-Uni : Dominic Raab devient le nouveau ministre en charge du Brexit
Les conséquences  du choix d'un « soft Brexit » par Londres ne se sont pas fait attendre. Partisan d'une sortie dure de l'Union européenne, le ministre britannique en charge du Brexit, David Davis, a démissionné dimanche dans la nuit, deux jours seulement après  une réunion de la Première ministre Theresa May ayant abouti à l'annonce d'un accord sur la volonté de maintenir une relation commerciale post-Brexit étroite avec l'Union européenne.

Il sera remplacé à ce poste particulièrement exposé par Dominic Raab, un eurosceptique de 44 ans, fervent partisan du Brexit à l'occasion de la campagne pour le référendum de juin 2016, et jusqu'ici secrétaire d'Etat au Logement. Pour limiter les risques de démission, Downing Street avait prévenu, dès samedi, que le parti ne manquait pas de talents pour remplacer les ministres partisans d'un Brexit dur qui choisiraient de quitter le gouvernement. Il joint ainsi le geste à la parole.

Vers d'autres démissions ?
 
Pour David Davis, eurosceptique convaincu, cette voie ne permet pas de respecter le vote des Britanniques. « Au mieux, nous serons dans une position de faiblesse pour négocier » avec Bruxelles, a estimé, dans sa lettre de démission, le ministre de 69 ans. Pour lui, l'ensemble de règles communes avec l'UE sur lesquelles le gouvernement propose de s'aligner, pour créer à terme un espace de libre-échange avec l'Europe sur le commerce de marchandises, « donne les clés de l'économie britannique à l'UE et ne nous rend certainement pas le contrôle de nos lois »

La démission de ce vieux routier de la politique, secrétaire d'Etat aux Affaires européennes de 1994 à 1997, avant de tenter de prendre la direction du Parti conservateur en 2005 - il avait alors échoué face à David Cameron -, a été suivie de celle des secrétaires d'Etat au Brexit, Steve Baker et Suella Braverman. Reste à savoir si d'autres leur emboîteront le pas. Même si ses proches ont laissé entendre ce week-end qu'il comptait rester à bord, tous les yeux sont braqués sur le ministre des Affaires étrangères, Boris Johnson, lui aussi partisan d'un Brexit dur.

Position intenable

Marginalisé dans la négociation avec Bruxelles par la montée en puissance d'Olly Robbins, le conseiller de Theresa May pour les Affaires européennes, David Davis avait menacé à plusieurs reprises de démissionner... sans pour autant joindre le geste à la parole.

Avant de finalement jeter l'éponge. « Son insatisfaction au sein du gouvernement n'était un secret pour personne, mais après l'accord (de vendredi) pour garder avec l'UE des liens plus étroits qu'il ne le souhaite, sa position était intenable », a estimé l'analyste politique de la BBC Laura Kuennsberg.

Camouflet

Jusqu'où ira l'onde de choc de cette démission ? C'est évidemment un camouflet pour la Première ministre, qui se targuait d'avoir mis tout son gouvernement d'accord sur une position commune vendredi pour pouvoir négocier la future relation avec l'Union européenne. « L'intérêt national exige un ministre du Brexit qui croie fermement en votre approche, et pas seulement un conscrit réticent », a indiqué David Davis dans sa lettre à la cheffe du gouvernement.

La journée de la Première ministre s'annonce d'autant plus compliquée qu'elle doit défendre, devant les conservateurs « hard brexiters » de la Chambre des communes, le « soft Brexit » sur lequel son gouvernement s'est accordé vendredi soir. Environ la moitié des 317 députés conservateurs ont voté pour quitter l'Union européenne, dont une grosse soixantaine sont partisans d'un Brexit dur. Downing Street a cherché, ce lundi matin, à faire bonne figure en annonçant la nomination rapide d'un remplaçant. « La Première ministre se bat maintenant pour défendre son poste », estimait, de son côté, l'éditorialiste politique de Sky News, Faisal Islam.

« Il y a peu de chance pour que la Première ministre soit renversée si le nombre de démissions dans son équipe en reste là, estimait lundi le politologue Tim Bale, à l'université Queen-Mary. Mais si Boris Johnson décidait de partir, il pourrait y avoir suffisamment de députés conservateurs pour obtenir le départ de Theresa May ». Ils doivent être 48 pour y parvenir. Ils n'étaient qu'une dizaine ce week-end. Avant la démission de David Davis.

Les Echos

Lundi 9 Juillet 2018 - 12:47



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