Une crise de financement, un prix « politique » difficile à tenir, des capacités industrielles insuffisantes, une marge trop faible pour les acteurs, la nécessité de modernisation et de transformation locale, etc. Sidy Bâ le Secrétaire Général du Cadre de Concertation des Producteurs Agricoles (CCPA) Porte Parole du Conseil national de concertation et de coopération des ruraux (CNCR) dresse la situation que traverse le secteur.
Quels sont les manquements constatés dans cette campagne de commercialisation arachidière, surtout avec les récentes du Premier ministre ?
Les manquements, comme on a eu à le constater nous tous, et en présence du Premier Ministre, les manquements c'est le manque d'argent, le manque criard de financement. Le manque criard de financement est dû à une dette que les opérateurs, qui étaient très actifs dans la filière, ont fait savoir au Premier Ministre. 90 % des problèmes, c'est le problème du financement parce qu'on leur doit des arriérés de paiement de factures qui sont estimés pratiquement à 200 milliards un peu plus de 200 milliards. Présentement, pour la campagne 2024-2025, ils courent derrière 55 milliards, et pour la présente campagne 2025-2026, ils courent derrière 130 milliards. On ne peut pas devoir autant de milliards à des institutions financières et vouloir s'impliquer dans la commercialisation de manière correcte. Et ceux qui sont présentement très actifs au niveau du circuit de la commercialisation, c'est le secteur informel.
Le secteur informel, ce sont des Chinois qui vont au niveau des marchés forains, au niveau des "louma", et ils achètent le prix du kilogramme d'arachide à des prix dérisoires, entre 225, 250 et 275 FCFA. Ils n'achètent jamais au prix indiqué par le CNIA (Comité National Interprofessionnel de l'Arachide) et validé par l'État. Tout compte fait, le Premier Ministre a fait savoir que les cours mondiaux des oléagineux, particulièrement de l'arachide, sont cotés à 250 francs CFA. Alors qu'eux, pour ne pas frustrer les paysans, pour ne pas les léser, ils ont maintenu le prix à 325 francs, disant que c'était un prix politique. Et un prix politique, je pense qu'il faut avoir des réponses politiques pour pouvoir acheter les graines de ces paysans.
La réponse politique, c'est quoi ?
C'est demander aux institutions financières de la place, demander aux banques de la place, demander au Ministère des Finances, au Ministère de l'Agriculture et au Ministère du Commerce de trouver les voies et moyens pour faire financer cette campagne. Parce qu'une campagne, ça se prépare, une campagne, ça se finance. Je me rappelle très bien du temps du régime socialiste, déjà au mois d'août, après que les agents de la SONACOS aient calculé les prévisions de récolte, ils commençaient à voir au niveau international où est-ce qu'il faut mobiliser l'argent pour qu'une fois la collecte démarrée, l'ONCAD (qui était chargé de la commercialisation des oléagineux) ne souffre pas de manque de financement au niveau des points de collecte. Et ça n'a jamais eu lieu. L'année dernière, on avait annoncé la couleur parce qu'il n'y avait que la SONACOS qui achetait. La SONACOS n'a pas des capacités de trituration de tout ce qui est produit. Présentement, ils étaient bien notés, ils avaient des capacités de trituration supérieures à ce qu'ils déclarent. Aujourd'hui, ils se positionnent pour acheter 250 000 tonnes, et le Premier Ministre les encourage à aller jusqu'à 450 000 tonnes.450 000 tonnes d'arachide à 325 francs le kilo, c'est plus de 100 milliards.
Alors que présentement, le Premier Ministre a promis de mettre 75 milliards et 106 milliards à la SONACOS pour pouvoir régler ce problème. Mais avec les 450 000 tonnes prévues, où est-ce qu'ils auront les capacités de stockage ? Où est-ce qu'ils vont les mettre ? Là, ça nous cause problème. Vivement qu'il y ait cet argent pour acheter les graines des producteurs. Je pense aussi que les autres acteurs tels que COPEOL, WAW et peut-être d'autres unités de transformation au niveau du pays vont s'impliquer dans la danse, parce que le Premier Ministre a donné instruction au Ministère des Finances et au Ministère du Commerce de trouver de l'argent pour acheter les graines des paysans. Probablement qu'ils vont s'y mettre et essayer de rembourser aux OPS (Opérateurs Privés Stockeurs) leur crédit pour que ces derniers puissent s'impliquer, occuper les points de collecte et acheter les graines des producteurs. De mémoire de paysan, c'est la première fois que je vois une campagne de commercialisation aussi calamiteuse pour nos arachides.
Quelles sont les propositions du CNCR?
Nous insistons et demandons à ce que ceux qui transforment aussi nos arachides les transforment et mettent les produits transformés au niveau du consommateur sénégalais. Ainsi, il est bon aussi que ces huileries diversifient leur offre de transformation et ne puissent se limiter uniquement à transformer l'arachide en huile et en tourteau. Alors que l'arachide, il y a beaucoup de dérivés, il y a beaucoup de produits qui peuvent être transformés à partir de nos arachides. Et pourquoi pas ne pas diversifier cette offre de transformation ? Et aussi ne pas se limiter au tourteau : faire du savon, faire du beurre, faire du chocolat, faire du peanut, faire beaucoup de choses. Il y a beaucoup de dérivés et même les pâtes dentifrices, on peut les faire à base d'arachide. Et avec la coque aussi qu'on jette rien dans l'arachide, même la coque d'arachide peut servir d'amendement, d'amendement foncier au niveau de nos terres qui souffrent, de nos terres qui s'appauvrissent davantage. Et qu'aussi, il faut que tout ce processus-là se fasse et qu'ils nouent des contrats, que les huiliers nouent des contrats avec les producteurs, nouent des contrats de production avec les producteurs, au lieu d'attendre que les graines soient mises dans le marché, se présenter avec l'État et avec le soutien de l'État, vouloir de force acheter les graines des producteurs à ces prix-là. Et là aussi, il faut revoir aussi le système des abattements, le système des abattements qu'ils infligent aux fournisseurs, aux camions qui font la queue devant les usines et qui est décrié par tous. Et la marge aussi est extrêmement faible. Pour chaque kilogramme vendu, tu n'as que 27,7 FCFA par kilo alors que les frais inhérents à la livraison de ce kilogramme sont extrêmement chers, que ce soit le transport, que ce soit l'ensachage, que ce soit la manutention, ça coûte extrêmement cher.
Comment redresser cette marge ?
Donc tout compte fait, je pense que là aussi, s'ils ne révisent pas cette marge, s'ils ne la revoient pas à la hausse, beaucoup d'opérateurs, ceux qui sont dans le circuit formel, vont se décourager à aller livrer leur production. Et là aussi, je pense que c'est des problèmes que les gens traversent, que les gens ont eu à vivre. Je pense que l'État et au niveau du CNIA, les gens doivent prendre des mesures idoines, voir comment redresser cette marge, la revoir à la hausse, ne serait-ce que l'amener jusqu'à 40,5 ou 41,5 FCFA. À l'heure que ce soit le producteur, que ce soit les organisations de producteurs, que ce soit les opérateurs, ils peuvent trouver leur compte en vendant leurs graines à l'usine.
Aujourd'hui, la stratégie que les paysans dégagent, c'est de décortiquer les arachides qu'ils ont au niveau de leurs maisons. Il y a des machines qui sont installées partout pour transformer leur arachide en huile et en tourteau, et essayer de le consommer, essayer de le vendre dans le marché. Et là aussi, est-ce que des problèmes de santé publique ne risquent-ils pas de se poser en incitant les populations à consommer de ces huiles d'arachide qui ne sont pas raffinées, qui certainement n'ont pas suivi le processus qu'il faut pour cette transformation ?.
Et je pense que les solutions, c'est de trouver l'argent, les solutions c'est d'encourager la création d'unités communautaires de transformation de l'arachide comme le CCPA a eu à le faire au niveau de Taïba Niassène et au niveau de Thiakho Maty dans certaines communes de la région de Kaolack. Et là, c'est des unités de transformation qui ont des machines quand même assez performantes et qui ont eu à avoir des autorisations FRA de la part de l'État parce qu'ayant été formées sur la qualité des huiles qu'il faut mettre dans le marché, sur la qualité de l'huile qu'il faut faire consommer aux Sénégalais. Et là, si les gens le font, les problèmes que nous connaissons dans ce domaine peuvent être de vieux souvenirs. Qu'il y ait des unités communautaires de transformation de l'arachide et que ceux qui transforment les arachides les fassent consommer au Sénégal au lieu de les exporter et nous amener des huiles de qualité douteuse pour les mettre dans le marché. Là aussi, je pense qu'il est bon que l'État revoie sa copie, que les industriels revoient leur copie, que l'État revoie comment ces industriels-là doivent évoluer dans ce secteur pour que les paysans y trouvent leur compte dans cette filière qui est très stratégique pour le Sénégal.
Quels sont les manquements constatés dans cette campagne de commercialisation arachidière, surtout avec les récentes du Premier ministre ?
Les manquements, comme on a eu à le constater nous tous, et en présence du Premier Ministre, les manquements c'est le manque d'argent, le manque criard de financement. Le manque criard de financement est dû à une dette que les opérateurs, qui étaient très actifs dans la filière, ont fait savoir au Premier Ministre. 90 % des problèmes, c'est le problème du financement parce qu'on leur doit des arriérés de paiement de factures qui sont estimés pratiquement à 200 milliards un peu plus de 200 milliards. Présentement, pour la campagne 2024-2025, ils courent derrière 55 milliards, et pour la présente campagne 2025-2026, ils courent derrière 130 milliards. On ne peut pas devoir autant de milliards à des institutions financières et vouloir s'impliquer dans la commercialisation de manière correcte. Et ceux qui sont présentement très actifs au niveau du circuit de la commercialisation, c'est le secteur informel.
Le secteur informel, ce sont des Chinois qui vont au niveau des marchés forains, au niveau des "louma", et ils achètent le prix du kilogramme d'arachide à des prix dérisoires, entre 225, 250 et 275 FCFA. Ils n'achètent jamais au prix indiqué par le CNIA (Comité National Interprofessionnel de l'Arachide) et validé par l'État. Tout compte fait, le Premier Ministre a fait savoir que les cours mondiaux des oléagineux, particulièrement de l'arachide, sont cotés à 250 francs CFA. Alors qu'eux, pour ne pas frustrer les paysans, pour ne pas les léser, ils ont maintenu le prix à 325 francs, disant que c'était un prix politique. Et un prix politique, je pense qu'il faut avoir des réponses politiques pour pouvoir acheter les graines de ces paysans.
La réponse politique, c'est quoi ?
C'est demander aux institutions financières de la place, demander aux banques de la place, demander au Ministère des Finances, au Ministère de l'Agriculture et au Ministère du Commerce de trouver les voies et moyens pour faire financer cette campagne. Parce qu'une campagne, ça se prépare, une campagne, ça se finance. Je me rappelle très bien du temps du régime socialiste, déjà au mois d'août, après que les agents de la SONACOS aient calculé les prévisions de récolte, ils commençaient à voir au niveau international où est-ce qu'il faut mobiliser l'argent pour qu'une fois la collecte démarrée, l'ONCAD (qui était chargé de la commercialisation des oléagineux) ne souffre pas de manque de financement au niveau des points de collecte. Et ça n'a jamais eu lieu. L'année dernière, on avait annoncé la couleur parce qu'il n'y avait que la SONACOS qui achetait. La SONACOS n'a pas des capacités de trituration de tout ce qui est produit. Présentement, ils étaient bien notés, ils avaient des capacités de trituration supérieures à ce qu'ils déclarent. Aujourd'hui, ils se positionnent pour acheter 250 000 tonnes, et le Premier Ministre les encourage à aller jusqu'à 450 000 tonnes.450 000 tonnes d'arachide à 325 francs le kilo, c'est plus de 100 milliards.
Alors que présentement, le Premier Ministre a promis de mettre 75 milliards et 106 milliards à la SONACOS pour pouvoir régler ce problème. Mais avec les 450 000 tonnes prévues, où est-ce qu'ils auront les capacités de stockage ? Où est-ce qu'ils vont les mettre ? Là, ça nous cause problème. Vivement qu'il y ait cet argent pour acheter les graines des producteurs. Je pense aussi que les autres acteurs tels que COPEOL, WAW et peut-être d'autres unités de transformation au niveau du pays vont s'impliquer dans la danse, parce que le Premier Ministre a donné instruction au Ministère des Finances et au Ministère du Commerce de trouver de l'argent pour acheter les graines des paysans. Probablement qu'ils vont s'y mettre et essayer de rembourser aux OPS (Opérateurs Privés Stockeurs) leur crédit pour que ces derniers puissent s'impliquer, occuper les points de collecte et acheter les graines des producteurs. De mémoire de paysan, c'est la première fois que je vois une campagne de commercialisation aussi calamiteuse pour nos arachides.
Quelles sont les propositions du CNCR?
Nous insistons et demandons à ce que ceux qui transforment aussi nos arachides les transforment et mettent les produits transformés au niveau du consommateur sénégalais. Ainsi, il est bon aussi que ces huileries diversifient leur offre de transformation et ne puissent se limiter uniquement à transformer l'arachide en huile et en tourteau. Alors que l'arachide, il y a beaucoup de dérivés, il y a beaucoup de produits qui peuvent être transformés à partir de nos arachides. Et pourquoi pas ne pas diversifier cette offre de transformation ? Et aussi ne pas se limiter au tourteau : faire du savon, faire du beurre, faire du chocolat, faire du peanut, faire beaucoup de choses. Il y a beaucoup de dérivés et même les pâtes dentifrices, on peut les faire à base d'arachide. Et avec la coque aussi qu'on jette rien dans l'arachide, même la coque d'arachide peut servir d'amendement, d'amendement foncier au niveau de nos terres qui souffrent, de nos terres qui s'appauvrissent davantage. Et qu'aussi, il faut que tout ce processus-là se fasse et qu'ils nouent des contrats, que les huiliers nouent des contrats avec les producteurs, nouent des contrats de production avec les producteurs, au lieu d'attendre que les graines soient mises dans le marché, se présenter avec l'État et avec le soutien de l'État, vouloir de force acheter les graines des producteurs à ces prix-là. Et là aussi, il faut revoir aussi le système des abattements, le système des abattements qu'ils infligent aux fournisseurs, aux camions qui font la queue devant les usines et qui est décrié par tous. Et la marge aussi est extrêmement faible. Pour chaque kilogramme vendu, tu n'as que 27,7 FCFA par kilo alors que les frais inhérents à la livraison de ce kilogramme sont extrêmement chers, que ce soit le transport, que ce soit l'ensachage, que ce soit la manutention, ça coûte extrêmement cher.
Comment redresser cette marge ?
Donc tout compte fait, je pense que là aussi, s'ils ne révisent pas cette marge, s'ils ne la revoient pas à la hausse, beaucoup d'opérateurs, ceux qui sont dans le circuit formel, vont se décourager à aller livrer leur production. Et là aussi, je pense que c'est des problèmes que les gens traversent, que les gens ont eu à vivre. Je pense que l'État et au niveau du CNIA, les gens doivent prendre des mesures idoines, voir comment redresser cette marge, la revoir à la hausse, ne serait-ce que l'amener jusqu'à 40,5 ou 41,5 FCFA. À l'heure que ce soit le producteur, que ce soit les organisations de producteurs, que ce soit les opérateurs, ils peuvent trouver leur compte en vendant leurs graines à l'usine.
Aujourd'hui, la stratégie que les paysans dégagent, c'est de décortiquer les arachides qu'ils ont au niveau de leurs maisons. Il y a des machines qui sont installées partout pour transformer leur arachide en huile et en tourteau, et essayer de le consommer, essayer de le vendre dans le marché. Et là aussi, est-ce que des problèmes de santé publique ne risquent-ils pas de se poser en incitant les populations à consommer de ces huiles d'arachide qui ne sont pas raffinées, qui certainement n'ont pas suivi le processus qu'il faut pour cette transformation ?.
Et je pense que les solutions, c'est de trouver l'argent, les solutions c'est d'encourager la création d'unités communautaires de transformation de l'arachide comme le CCPA a eu à le faire au niveau de Taïba Niassène et au niveau de Thiakho Maty dans certaines communes de la région de Kaolack. Et là, c'est des unités de transformation qui ont des machines quand même assez performantes et qui ont eu à avoir des autorisations FRA de la part de l'État parce qu'ayant été formées sur la qualité des huiles qu'il faut mettre dans le marché, sur la qualité de l'huile qu'il faut faire consommer aux Sénégalais. Et là, si les gens le font, les problèmes que nous connaissons dans ce domaine peuvent être de vieux souvenirs. Qu'il y ait des unités communautaires de transformation de l'arachide et que ceux qui transforment les arachides les fassent consommer au Sénégal au lieu de les exporter et nous amener des huiles de qualité douteuse pour les mettre dans le marché. Là aussi, je pense qu'il est bon que l'État revoie sa copie, que les industriels revoient leur copie, que l'État revoie comment ces industriels-là doivent évoluer dans ce secteur pour que les paysans y trouvent leur compte dans cette filière qui est très stratégique pour le Sénégal.
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