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Stages non rémunérés, violences, inceste : Diakhoumba Gassama dresse un réquisitoire contre les inégalités



Stages non rémunérés, violences, inceste : Diakhoumba Gassama dresse un réquisitoire contre les inégalités
Invitée d’une masterclass organisée par l’ONG Famedev le jeudi 30 avril 2026, la juriste et militante des droits humains Diakhoumba Gassama a livré un témoignage engagé sur les défis du leadership féminin au Sénégal. Forte de 21 ans d’expérience, elle a insisté sur la nécessité d’une approche globale pour parvenir à une véritable équité de genre.
 
Selon elle, les obstacles à l’épanouissement des femmes prennent racine dès l’enfance. «Nous avons parlé de la diversité des filles du fait que ça se joue dès l’enfance. Que les femmes puissent jouer pleinement leur rôle dans la société, c’est une question de contexte», a-t-elle expliqué, évoquant notamment « la violence sexuelle, la mendicité infantile et l’inceste et toutes les difficultés qui peuvent faire d’enfants plein d’opportunités, pleins d’espoirs à des adultes amoindris ».
 
Diakhoumba Gassama a déploré une application encore insuffisante malgré l’existence d’un arsenal juridique censé protéger les droits des femmes. « On a discuté du fait qu’au Sénégal, on a un arsenal juridique et judicaire qui est là pour pouvoir nous protéger toutes et toutes, mais que malheureusement, certaines pratiques empêchent les femmes et les personnes qui leur veulent du bien de s’assurer que quand le pacte social est violé, on ne puisse pas retrouver ses droits et les personnes ne sont pas condamnées et évidemment, ça n’encourage pas les uns et les autres à respecter les droits de tous et de toutes », a-t-elle regretté.
 
Pour elle, la gouvernance s’est au-delà « du simple nombre et de la simple participation politique ». « C’est aussi par rapport à la budgétisation sensible au genre, c’est aussi par rapport à d’autres piliers de la gouvernance, mais aussi par une meilleure représentation des femmes dans les postes stratégiques. Il ne s’agit pas seulement d’être présentes, mais d’occuper des fonctions clé, y compris dans les secteurs économiques », a-t-elle insisté, n’excluant pas l’éventualité d’une femme à la tête de l’État.
 
Protéger les enfants pour construire l’égalité

Pour remédier aux inégalités, Diakhoumba Gassama a estimé que la responsabilité incombe à l’ensemble de la société. « L'alternative, c'est que tout un chacun, tout Sénégalais et toute Sénégalaise s'assure que dans notre manière de traiter les enfants et ce qui leur arrive, nous nous assurons qu'ils soient protégés, nous nous assurons qu'ils soient éduqués dans le respect de notre culture », a-t-elle indiqué, soulignant que « notre culture prône le respect de toute vie humaine, indépendamment de la religion ou du lieu de résidence ».
 
Elle a ajouté : « Nous savons tous que le Sénégal est un pays du respect de tous et de toutes, nous sommes un pays apaisé et il y a moyen pour que les femmes, les filles, les garçons et les hommes puissent évoluer ensemble au développement, à la recherche de solutions et à faire de notre pays la grande nation que notre pays a toujours été destinée à être ».
 
Emploi des jeunes : un défi persistant
En cette journée de célébration de la fête du Travail, la question de l’emploi a également été au cœur de son intervention. Elle a dénoncé la précarité de nombreux jeunes, en particulier les stages non rémunérés. « Les jeunes Sénégalais me l'ont dit à plusieurs reprises au cours des dernières années et des dernières décennies. Ils sont fatigués des stages où on ne paye pas les gens et où les jeunes femmes sont obligées de devoir faire un choix entre leur dignité, la sécurité de leur personne et l'accès au travail », a-t-elle déploré.
 
1er mai : un hommage à toutes les travailleuses

Cependant, Diakhoumba Gassama a appelé à rendre hommage à l’ensemble toutes les femmes du Sénégal. « Il est très important de reconnaître le travail acharné que toutes les femmes dans toute leur diversité, les femmes qui vivent avec un handicap qui est une difficulté ou des difficultés encore pires, les femmes qui sont survivantes de violences domestiques et qui, tous les jours, s'arment de courage pour rentrer à la maison, subir », a-t-elle magnifié.
 
Elle a également salué le rôle des femmes qui occupent des fonctions de responsabilité au sein du gouvernement. « Les femmes qui sont les quatre femmes que nous avons qui sont ministres aujourd'hui et qui occupent des fonctions clé qui ne sont pas forcément que sociales. Toutes les femmes du Sénégal et tous les travailleurs du Sénégal sont à saluer en ce 1er mai », a-t-elle conclu.
 

Fatime Gueye

Vendredi 1 Mai 2026 - 08:00


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