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Trois (3) cas de meurtres ce week-end à Dakar: le retour de la peine de mort fait débat

A Dakar, la série des meurtres ravivent le débat sur le retour de la peine de mort. Appliquée deux (2) fois au Sénégal, le texte était tombé en désuétude avant son abolition sous le règne d’Abdoulaye Wade. La Loi n° 2004-38 portant abolition de la peine de mort a été adoptée par l’Assemblée nationale en sa séance du vendredi 10 décembre 2004 avant que le président de la République ne la promulgue le 28 décembre 2004.



Trois (3) cas de meurtres ce week-end à Dakar: le retour de la peine de mort fait débat
Le Sénégal est sous le choc depuis vendredi soir. Le pays a enregistré trois (3) cas d’actes criminels durant le week-end. Vendredi soir, une jeune femme, du nom de Fatou Kiné Gaye, gérante d’un point de transfert d’argent, a été mortellement agressée dans des circonstances atroces, à l’intérieur de sa boutique.

Le présumé meurtrier ne serait personne d’autre que son collègue, Khassim Ba, son superviseur. Face aux enquêteurs,  le mis en cause a avoué le mobile de son crime, évoquant la pression exercée sur lui par sa femme pour le baptême de leur fils.

Selon le certificat de genre de mort, Fatou Kiné Gaye, mariée, est décédée suite à des "multiples plaies à l’abdomen, au thorax ainsi que sur les membres inférieurs et supérieurs associées à de multiples lésions". 

Un autre acte criminel a été commis samedi. Les faits se sont passés au quartier Ouakam de Dakar, un peu plus de 24 heures après le meurtre ignoble de Fatou Kiné Gueye, dans son multiservices sise à la Rue 10 de Pikine. Un jeune homme du nom de Pape Niang a été sauvagement poignardé au cours d’une bagarre.
 
Le meurtrier a pris la fuite après son forfait. Il est recherché par les gendarmes de la Brigade de Ouakam, qui seraient déjà sur une bonne piste pour arrêter le présumé meurtrier. 

Un troisième meurtre a été commis à Diamagueune Sicap Mbao, dans la banlieue de Dakar. Un jeune homme du nom de Khabane Dieng a succombé après avoir été gravement blessé par le frère jumeau du lutteur Mama Lamine dans la soirée de samedi. Ce dernier ayant pris la fuite après son forfait, a été interpellé par les hommes du Lieutenant Salla Niang, chef de service du Poste de Diamaguène Sicap-Mbao.
 

Ces événements tragiques ont ravivé le débat sur le retour de la peine de mort, dix-huit (18) ans après son abolition. Sur les réseaux sociaux, les commentaires vont bon train.  « Pourquoi pas la peine de mort. Ils te diront : ‘’Exécuter une personne parce qu’elle a pris la vie de quelqu’un d’autre, c’est une vengeance. Cela n’a rien à voir avec la justice. Senegal hann’’, a twitté, un internaute.

Les commentaires se succèdent l’un après l’autre. Un autre militant écrit : « Peine de mort au Sénégal pour les meurtriers et violeurs svp ». S’en suit celui de Cheikh qui dit : « Il est temps d’instaurer la peine de mort au Sénégal. Kou raye nagne la raye (celui qui tue, on te tue). On n’est pas plus juste que DIEU. Kou raye nitt t taye ko, nagne la raye et puis c’est tout ».

 

Mais selon les défenseurs des droits humains comme Seydi Gassama, Directeur exécutif de Amnesty International section Sénégal, le retour de la peine de mort n’est pas une solution pour lutter contre la criminalité. Interrogé par PressAfrik en mai 2019,  à la suite du « viol suivi de meurtre » d’une jeune fille de 23 ans à Tambacounda, à l’est du Sénégal, il soutenait que la peine de mort, réclamée par des Sénégalais encore à l’époque, « ne sert qu’à la vengeance ». 

« A chaque fois qu’il y a des meurtres de ce genre, le débat sur la peine de mort revient au Sénégal. Et d’ailleurs ce n’est une particularité au Sénégal, c’est dans tous les pays du monde. Même en France, à chaque fois qu’il y a eu des crimes crapuleux, évidemment les gens demandent à ce que la peine de mort soit rétablie. La question qu’il faut se poser, c’est est-ce que dans les pays où il y a la peine de mort, il n’y a pas de tels crimes. La réalité c’est que dans ces pays où on exécute les gens, des crimes aussi abominables sont commis tous les jours », disait-il.

A l’en croire, « la peine de mort ne sert qu’à la vengeance ». « Lorsqu’il y a un tel meurtre, ce que le public veut, c’est la vengeance. Que l’Etat venge la personne en exécutant le meurtrier. Nous considérons que la peine de mort ne règle pas la question de la criminalité, parce que dans les pays où elle est appliquée la criminalité existe. Il faut faire en sorte que les meurtriers soient sévèrement punis. Je pense que pour tous les cas de viol suivi de meurtre, on peut revoir les peines. On peut faire en sorte que ces personnes n’aient jamais de remise de peine ou de grâce. Qu’elles soient condamnées à passer leur vie en prison. Ce sont des personnes extrêmement dangereuses qui pourraient récidiver et il faut prémunir la société contre elles ».


Salif SAKHANOKHO

Lundi 23 Mai 2022 - 10:05


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