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Venezuela: la panne électrique géante paralyse le pays

C’est la pire coupure de courant que le Venezuela ait connue. Au moins 22 États, soit la quasi-totalité du territoire, étaient paralysés ce vendredi. Une coupure particulièrement difficile alors que le pays vit déjà une crise économique sans précédent : le FMI prévoit une inflation d’au moins 10 000 000 % en 2019. Beaucoup de Vénézuéliens ont préféré se rassembler sur des places plutôt que de rester chez eux, vendredi 8 mars, en attendant que le courant revienne.



Il est presque midi sur la place Los Palos Grandes, à l’est de Caracas. Cela fait 18 heures que la ville n’a plus de courant. Toute la capitale est paralysée selon Cadare, une habitante d’un quartier populaire. « Tous les commerces sont fermés car aujourd’hui, à cause des pénuries de billets, tout se fait par système électronique. Beaucoup de gens n’ont pas pu aller au travail, les transports sont coupés, notamment le métro de Caracas.»

Plus d'eau

Non seulement les Vénézuéliens ne peuvent plus rien faire dehors, mais à en croire Elizabeth, une retraitée, plus rien ne fonctionne non plus chez eux : « Nous n’avons plus d’eau à cause de la coupure de courant. On doit jeter la nourriture qu’on ne peut pas garder. Les gens sont très en colère, ils n’ont déjà pas de quoi s’acheter à manger et là ils doivent tout jeter », se désole-t-elle.

Pour expliquer la coupure, le gouvernement parle d’un sabotage dans l’une des principales centrales électriques du pays. Mais ça ne convainc pas Elizabeth. « Moi je crois plutôt les ingénieurs électriques qui avaient prédit que le manque d’entretien du réseau allait entraîner ce genre de coupures.»

Les insultes fusent contre Maduro

Dans la rue, les insultes fusent contre le président Nicolas Maduro et son administration. Cela donne une motivation supplémentaire à Karen, 50 ans, pour aller manifester avec l’opposition ce samedi. «Ça me donne encore plus envie de lutter, de sortir, de travailler et de tout faire pour sortir de ce cauchemar.»

Selon les constatations de l'AFP, l'arrêt du courant a déjà coûté des vies humaines, notamment dans les hôpitaux. Une jeune femme est décédée à l'hôpital universitaire de Caracas, car les appareils respiratoires qui la maintenaient en vie ont cessé de fonctionner. Les chambres froides ne sont plus alimentées alors qu'au moins vingt corps ont été déposés à la morgue municipale de Bello Monte, la principale de la capitale.

Guaido le triomphant, très attendu

Sabotage ou pas, l’ampleur de cette coupure de courant témoigne de l’état déplorable des infrastructures vénézuéliennes, et cela n’annonce rien de bon pour les semaines qui viennent. Car pendant ce temps, le bras-de-fer entre l’opposition qui se rassemble derrière son leader Juan Guaidó, et les chavistes qui manifestent pour soutenir le président vénézuélien Nicolas Maduro, se poursuit.

Juan Guaidó est attendu et la place déborde, comme à chacune de ses apparitions. La même Karen continue de croire en son leader, d’autant plus après sa tournée improvisée en Amérique latine. « Il s’est passé quelque chose qui ne s’était pas passé depuis longtemps : nous avons vu notre président reçu avec les honneurs. Ça donne de l’espoir.»

Pour Cadare, une autre opposante, c’est surtout son retour triomphant au Venezuela qui la remplit d’espoir. « Le fait que le président Guaidó après son voyage ait pu entrer dans le pays et que le régime n’a rien fait pour l’arrêter comme ils l’avaient annoncé, pour nous, c’est important.»

La mobilisation des opposants toujours forte

Hasler Iglesias, du parti Voluntad Popular, estime que la mobilisation reste forte avant tout à cause de la situation catastrophique du pays, à l’image de l’immense coupure d’électricité qui a paralysé le Venezuela ce vendredi. « La nuit de la coupure, de manière spontanée, de nombreuses personnes ont fait des concerts de casseroles, il y a eu des rassemblements de voisins pour protester. L’indignation grandit dans le pays. »

Mais cette mobilisation peut-elle tenir encore longtemps ? Car en face, même sans le soutien populaire, Nicolas Maduro continue de se maintenir au pouvoir et n’entend pas le lâcher.

rfi.fr

Samedi 9 Mars 2019 - 09:16



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