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Afrique du Sud: nouvelle attaque au couteau dans une mosquée

Il y a beaucoup de questions après une nouvelle attaque dans une mosquée en Afrique du Sud. Tôt ce jeudi matin, lors de la prière, deux personnes ont été poignardées à Malmesbury à 70 kilomètres au nord de la ville du Cap. L'assaillant en fuite a ensuite été abattu par la police. C’est le deuxième incident en un mois dans une mosquée dans ce pays qui connaît pourtant une importante diversité et tolérance religieuse.



L’incident s’est produit vers quatre heures du matin ce jeudi 14 juin. Plusieurs personnes se trouvaient dans la mosquée sunnite de Malmesbury, elles y avaient passé la nuit pour faire leur prière quand elles ont été attaquées par un homme.
 
Pour l’instant, on ne sait pas s’il était en train de prier ou s’il est entré à ce moment-là dans le lieu de culte. En tout cas, il a attaqué les fidèles et les a poignardés, avant de prendre la fuite. Au moins deux personnes sont décédées et deux autres ont été grièvement blessés.
 
L’assaillant est un Somalien âgé d’une trentaine d’années. Il a été abattu par la police dans la rue, alors qu’elle tentait de le persuader de se livrer. L’homme n’était apparemment pas connu par la communauté musulmane de cette ville.
 
Deux attaques similaires
 
L’incident émeut parce qu’il s’est produit dans les derniers jours du ramadan et parce qu’il s’agit du deuxième incident de ce genre en un mois. Le mois dernier, trois hommes sont entrés dans une mosquée chiite au nord de Durban sur la côte Est et ont poignardé plusieurs fidèles avant de mettre le feu au bâtiment. Une personne est décédée et deux autres ont été gravement blessées.
 
Pour l’instant, les autorités n’ont pas communiqué sur les raisons de cette attaque. En revanche, un officiel de la police a précisé qu'elle montrait tous les signes d’extrémisme. Les deux attaques sont survenues l’une au début du ramadan, l’autre à la fin. Dans les deux cas, une arme blanche a été utilisée et apparemment les deux victimes auraient été égorgées.
 
Un membre de la famille des victimes a affirmé ce jeudi matin au micro d’une radio locale qu’il existe d’importantes divisions au sein de la communauté musulmane en ce moment. Ajoutant qu’on ne peut pas importer des conflits internationaux comme la Syrie en Afrique du Sud.
 
La crainte de tensions communautaires
 
Ces deux incidents inquiètent la communauté musulmane et ont lancé toutes sortes de spéculations sur une radicalisation, voire de possibles tensions communautaires dans le pays. Mais pour Mishka Daries, porte-parole du Conseil judiciaire musulman – qui regroupe les différents leaders musulmans du pays – il ne faut pas tirer de conclusions hâtives.
 
« Depuis l’attaque de Verulam à Durban, il y a eu beaucoup de questions, souligne-t-il. Est-ce qu’il y a des divisions entre chiites et sunnites au sein de la communauté musulmane ? Est-ce qu’il s’agit de violences sectaires ? Mais on ne peut pas dire cela ! A part le fait que dans les deux cas, les assaillants avaient des couteaux, c’est le seul lien que nous voyons. Et comme dans la première attaque les assaillants n’ont jamais été appréhendés, on ne connaît pas le motif. Et c’est la même chose pour cet incident. »
 
Daries rappelle par ailleurs que ce genre d’incident est très rare et que l’Afrique du Sud est un pays multiculturel et multireligieux où vivent plus de 8 millions de musulmans.
 
"Il y a un mois, il y a eu une attaque dans une mosquée de Verulam. Les assaillants n’ont jamais été appréhendés et donc on ne connait pas les motifs de l’attaque. Mais parce qu’il s’agissait d’une mosquée chiite, il y a eu beaucoup de spéculations sur des tensions au sein de la communauté musulmane, entre chiites et sunnites. Et c’est pour cela que nous souhaitons rappeler que nous vivons ensemble dans le même pays depuis des décennies. L’Afrique du Sud est multiculturelle, multireligieuse. Bien évidemment, nous avons nos différences. Il y a des conservateurs, des libéraux, nous avons constamment des discussions entre nous, des débats peuvent parfois être tendus. Mais nous sommes tolérants, nous pouvons ne pas être d’accord, mais nous acceptons ces désaccords. Et le fait que quelqu’un ait utilisé cette violence extrême et tué quelqu’un nous inquiète beaucoup. C’est un incident inédit en Afrique du Sud."

Rfi.fr

Vendredi 15 Juin 2018 - 08:25



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