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Agression d’Adja Ndiaye de Dakaractu : Voici la lettre de protestation de la Coordination des Associations de Presse du Sénégal adressée à Aly Ngouille Ndiaye

La Coordination des Associations de Presse du Sénégal (CAP) a adressé ce mercredi 30 septembre 2020, une lettre de protestation au ministre de l'Intérieur Aly Ngouille Ndiaye. Ceci suite à l'agression d’Adja Ndiaye, camerawoman à Dakaractu, par des éléments de la police. Ses membres demandent à ce que "les auteurs de cette agression soient identifiés et punis conformément aux lois et règlements qui régissent notre administration". PressAfrik vous livre in extenso la massive.



Agression d’Adja Ndiaye de Dakaractu : Voici la lettre de protestation de la Coordination des Associations de Presse du Sénégal adressée à Aly Ngouille Ndiaye
                                                                                                                                 Dakar, 30 septembre 2020


Coordination des Associations de Presse du Sénégal (CAP)

Objet : Lettre de protestation contre l’agression d’Adja Ndiaye de Dakaractu

Monsieur le Ministre, 

La Coordination des Associations de Presse du Sénégal vient, par la présente, protester vigoureusement contre la violence gratuite et répétée dont les éléments de la Police nationale font montre de plus en plus sur le terrain à l'encontre des acteurs des médias.

 Entre le mois de janvier et maintenant, une vingtaine d'incidents dont quatre avec violence physique sont répertoriés, mettant en cause directement des éléments de la Police Nationale.

 Aucun de ces actes de barbarie n'a fait l'objet de plainte formelle. Nous avons toujours estimé que la presse et la police sont des partenaires, appelés à cohabiter sur le terrain. Si pour les autres cas, il n’y a eu aucune action judiciaire, l’agression d'Adja Ndiaye, notre jeune consœur ne saurait rester impunie. Notre consœur dont l'état de santé s'est très fortement dégradé au point de nous inquiéter, a fait l’objet de sévices graves assimilables à de la Torture. 

 Les cas d’agression contre les acteurs des médias par des policiers se répètent et rivalisent de violence. Si ceux qui sont censés nous protéger, nous attaquent, nous tabassent et exercent des abus de toute sorte sur nous, personnel des médias, il y'a de quoi désespérer.

L’agression sauvage subie par Adja Ndiaye, camerawoman à Dakaractu ce lundi 28 septembre 2020 à la Porte du Millénaire sur la Corniche ouest vient confirmer cette série noire.

Monsieur le Ministre, 

Dakar notre capitale est prisé par les organisations internationales des médias qui y ont presque toutes un siège. Le Sénégal, notre pays, a obtenu cette année son meilleur classement dans le baromètre mondial de la Liberté de Presse. Ce classement est fortement menacé avec la récurrence des cas d'agression des acteurs des médias par des forces de l’ordre.

Si cela se produit, c'est parce que vos services n'ont pas pris en charge les nombreuses exactions dont ont été victimes les hommes et femmes des médias. 

Ne serait-ce qu'ouvrir une enquête administrative et sanctionner les auteurs de violence qui continuent d'évoluer au sein de la Police, aurait calmé les ardeurs des quelques agents, heureusement minoritaires, qui violent la Loi au lieu de la promouvoir.

 Monsieur le Ministre, 

Le Sénégal est un Etat de droit. Cela est loin d’être un slogan creux, mais une réalité contraignante qui impose à tous de respecter la Loi, y compris ceux qui sont chargés de veiller à  son application et de la faire respecter.

C’est à ce titre que la CAP vous interpelle, et à travers vous l'Etat du Sénégal, pour que les auteurs de cette agression soient identifiés et punis conformément aux lois et règlements qui régissent notre administration.

Espérant des sanctions administratives à la hauteur de l'agression, nous vous informons par cette présente que les personnels des médias du Sénégal porteront cette affaire devant toute instance en charge de veiller au respect des droits de l'homme, en plus de saisir au besoin toute instance judiciaire qualifiée pour dire le droit.  

Au-delà, de cette enquête nous réclamons, désormais, le respect par les forces de sécurité dans leur mission de police, de la LOI et l’arrêt des actes de violence gratuite contre les citoyens dans l’exercice des droits que leur confère la constitution. L’heure des exactions étouffées est révolue. 
 

La CAP vous prie, Monsieur le Ministre, de recevoir ses salutations les plus cordiales. 

Copies :

Reporters Sans Frontières (RSF)

Fédération Internationale des Journalistes (FIJ)

Comité de Protection des Journalistes (CPJ)
Union des Journalistes de l’Afrique de l’Ouest (UJAO)
ONG Article 19

 
A Monsieur le Ministre de l’Intérieur

Aly Ngouille NDIAYE

Aminata Diouf

Mercredi 30 Septembre 2020 - 19:46



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