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Attaques terroristes au Burkina Faso : "Ouagadougou fait figure de maillon faible"

L'état-major général des armées, l’ambassade française et l’institut français de Ouagadougou ont été pris d'assaut par des hommes armés, vendredi en fin de matinée. Les deux attaques terroristes n’ont pas encore été revendiquées.



Attaques terroristes au Burkina Faso : "Ouagadougou fait figure de maillon faible"
Des hommes armés ont attaqué vendredi 2 mars, en fin de matinée, l’ambassade de France à Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso. Repoussés par les forces de sécurité burkinabè, les assaillants n’ont pas pu pénétrer dans l’édifice et aucune victime française n’est à déplorer. Une seconde attaque a visé l’état-major des armées burkinabè, où une forte explosion a retenti, détruisant un pan du bâtiment selon les autorités. Un premier bilan provisoire transmis par des sources sécuritaires françaises à l’AFP fait état d’une "trentaine" de morts au quartier général de l’armée, et de plus de 80 blessés. Au moins neuf assaillants ont été abattus.

Les deux attaques n’ont pas été revendiquées pour le moment. Le Service d'information du gouvernement burkinabè a parlé dans un communiqué "d'attaque terroriste perpétrée (...) par des hommes lourdement armés non identifiés".

C’est la première fois qu’une représentation diplomatique française est attaquée dans le pays, dont la capitale a déjà été endeuillée par les attentats des 15 janvier 2016 et 13 août 2017. Selon le journaliste et écrivain Antoine Glaser, "s’il s’agit d’une attaque jihadiste, on ne peut pas ne pas la relier à l’opération des forces spéciales françaises à la frontière algérienne dans la nuit du 13 au 14 février". Menée en collaboration avec la force Barkhane près de Tinzaouatène, le raid avait permis l’élimination ou la capture d’une vingtaine de terroristes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, fondé le premier mars 2017 et fédérant plusieurs groupes jihadistes d’Afrique de l’Ouest. Affilié à Al-Qaïda et commandé notamment par le fondateur d’Ansar Dine, le Malien Iyad Ag Ghali, le groupe, s'il est responsable de ces attaques, aurait mis au point ainsi, selon le spécialiste, "une véritable stratégie" et entend "montrer la fragilité des capitales africaines", dont Ouagadougou fait figure, "en quelque sorte, de maillon faible".

Frontière poreuse avec le Mali

Handicapé par sa frontière poreuse avec le Mali au Nord, le Burkina Faso peut difficilement contrôler les allées et venues de petits groupes armés en pick-up, ou les livraisons d’armes, jusque dans sa capitale. Le pays a entamé, depuis la chute du président Blaise Compaoré, une restructuration de son armée et de ses services de renseignements, mais les attaques contre les représentants de l’État (gendarmeries et écoles notamment) à la frontière sont récurrentes. Depuis le premier trimestre 2015, les attaques jihadistes ont fait 133 morts en 80 attaques, selon un bilan officiel. "La réorganisation prend du temps, et ces attaques laissent penser à un affaiblissement de l’appareil militaire burkinabé", constate Nicolas Desgrais, doctorant spécialiste du Sahel.

La France, dont l’opération Barkhane a son commandement des opérations spéciales (COS) à Ouagadougou, tente de sécuriser la zone et a investi dans la force militaire conjointe du G5 Sahel, regroupant cinq pays de la région dont le Mali et le Burkina Faso.  L’un des espaces d’action prioritaires du G5 est d’ailleurs la zone des trois frontières entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Mais la force a du mal à se mettre en place, faute de financement et de coordination des armées de chaque pays. Sa première opération sur le terrain, Hawbi ("Vache noire"), lancée fin octobre 2017, appuyée par Barkhane, avait permis la jonction des armées mais aucun jihadiste n’avait été trouvé.

"La France joue un rôle primordial dans le G5 Sahel, dans la sécurisation de la zone Sahélo-Sahélienne, avec ce qu’on a vu dernièrement au Mali. Bien sûr, le Burkina Faso est dans le collimateur. Mais s’en prendre à l’ambassade de France, c’est s’en prendre à une diplomatie innocente qui ouvre pour la paix dans la sous-région", a pour sa part estimé le vice-président de l’assemblée nationale, Bénéwendé Sankara.

Wassim Nasr, spécialiste des réseaux jihadistes, relève l’accroissement de la zone d’opérations des terroristes qui expliquent les attaques au sud du Sahel, comme à Ouagadougou. "En septembre 2017, Ayman al-Zawahiri, le chef d’Al-Qaïda a fait un long discours dont une bonne partie était consacrée à l’Afrique et le Sahel. Il y a nommé la France plusieurs fois et a appelé à des attaques contre les intérêts occidentaux, y compris au Burkina, en Côte d’Ivoire, en Mauritanie et jusqu’aux montagnes de l’Atlas. La symbolique de frapper au Burkina Faso est très importante pour les jihadistes", affirme-t-il.

france24.com

Vendredi 2 Mars 2018 - 19:53



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