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Comment le "Sukëru Koor" est devenu source de problèmes dans les ménages sénégalais (Témoignages)

Le Ramadan est une occasion pour les musulmans de jeûner, de prier ou de partager le repas avec leur prochain. Mais ce mois béni est aussi, pour les femmes sénégalaises, mariées ou même célibataires, d'aller gagner points et bonus auprès de leurs belles-familles en leur couvrant de cadeaux, qui à l'origine de la tradition n'était qu'un ou deux paquets de sucre symbolique.

Aujourd'hui, les femmes ne lésinent pas sur les moyens pour faire les yeux doux à leurs belles-familles. Des paquets de sucre, pots de laits et du café leurs sont offerts ne servent plus qu'à orner les "Paniers Ndogou". A côté, c'est désormais des tissus de valeur, des bijoux en Or et une forte somme d’argent qui accompagne le fameux "Sukëru Koor".

Pour ce faire, la femme débourse entre 100.000 et 500.000 F Cfa pour bénéficier des bonnes grâces (Ngueureum) de sa belle-famille. Devenue une sorte d'obligation, cette rude épreuve hante la vie de beaucoup de femmes mariées. Interrogées, certaines disent regretter le fait d’avoir commencé à donner ce cadeau. Elles ont raconté leur Calvaire à PressAfrik.





Le « Sukëru kor », cadeau qu’une femme mariée offre à sa belle-famille durant le Ramadan, est une tradition bien sénégalaise qui s'impose désormais aux femmes mariées. C'est le moment de cajoler les beaux-parents. Mais beaucoup de femmes en souffre en silence. Tel est le cas de Mme Ndiaye (nom d’emprunt), mariée depuis presque 5 ans qui, malgré les difficultés, ne peut s’empêcher de s’offrir le luxe de donner une très bonne « Téranga » à sa belle-famille.

Mariée depuis presque 5 ans, Mme Ndiaye vient tout juste d’offrir son « Sukëru Koor ». Elle a dépensé au total 50.000 F Cfa. Un cadeau qu’elle a l’habitude de donner à sa belle-famille à chaque période de Ramadan. Pour réussir sa prouesse, elle travaille dure et la prépare comme si elle était en « fête de Tabaski » sans la participation de son mari. 

« Ce n’est pas mon mari qui me donne l’argent pour acheter le « Sukër Koor ». Aucun homme ne ferait cela. C‘est nous, les femmes qui travaillons dur avec le « Jom » (courage)  pour avoir quoi acheter ses cadeaux », a-t-elle expliqué.
"Ça me hante et m’empêche de dormir"
Selon Mme Ndiaye son geste lui coûte cher. « Le Sukër Koor est devenu une obligation. Ma belle-famille l’attend toujours. Ça me hante et m’empêche de dormir. C’est la raison pour laquelle je le prépare plusieurs mois avant le Ramadan. Même si c’est difficile, ça vaut le coup parce aussi ça rend le mariage meilleur ». Ecoutez !

 

Même son de cloche pour N.F.Kane. Mariée depuis deux (2), la jeune dame, trouvée dans son lieu de travail, a aussi regretté d’avoir commencé à pratiquer cette tradition sénégalaise. « Victime » du « Sukëru Koor », elle a raconté son expérience.  

« Lors de ma première année de mariage, j’ai dépensé plus de 300.000 F Cfa pour le Sukëru Koor. J’avais vendu mes bijoux en or, et d’autres biens valeureux que j’avais pour satisfaire ma belle-famille. Cette dernière était contente et ne cessait de proférer des "ngueureum" à n’en plus finir », se rappelle-t-elle, d’entrée.  
"Sukëru Koor est devenu une source de problèmes dans les ménages"
Mais cette aura n’a duré que le temps d’une année. « En 2020, avec la pandémie, marquée par les difficultés économiques, j’ai certes donné le Sukëru Koor, mais avec les moyens du bord. Ma belle-famille n’était pas du tout contente mais depuis lors, elle me jette des "garouwoulé (piques indirectes)" ».
 
 Agée de 27 ans, N.F.Kane est d’avis que le « Sukëru Koor » est devenu une source de problème dans les ménages. Regardez la Vidéo !

Aminata Diouf

Samedi 17 Avril 2021 - 12:33


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