Figure majeure de la vie intellectuelle et publique sénégalaise, le professeur, premier Archiviste paléographe sénégalais, s’est éteint, laissant derrière lui une œuvre marquée par l’exigence scientifique, le goût de la mémoire et le sens du service de l’État.
Né en 1933, il s’oriente très tôt vers une formation rare et prestigieuse : les études d’archiviste paléographe. Cette formation de haut niveau, fondée sur la maîtrise des sources, la critique des textes, l’histoire des institutions et la rigueur méthodologique, marque profondément son rapport au savoir. Premier Sénégalais à obtenir ce titre, il ouvre la voie à toute une génération de chercheurs africains en sciences historiques, archivistiques et juridiques.
Fort de cette base intellectuelle et méthodologique, il entreprend ensuite des études de droit qui le mènent à l’agrégation en droit public, obtenue en 1966. À la Faculté de droit et des sciences économiques de l’Université de Dakar, il met au service de l’enseignement supérieur cette double culture : celle de l’historien des institutions, attentif aux origines, et celle du juriste publiciste, soucieux des fondements normatifs et constitutionnels. Il y forme plusieurs générations d’étudiants et contribue à structurer durablement la discipline.
En 1971, il accède au rectorat de l’Université de Dakar, fonction qu’il exercera jusqu’en 1986. Son passage à la tête de l’institution est marqué par la consolidation de la recherche, la valorisation des archives universitaires et la défense d’une université ancrée dans ses missions nationales tout en restant ouverte sur le monde.
À l’issue de ce long mandat, il est appelé au gouvernement en tant que ministre de la Justice (1986-1989). Dans cette fonction, il met à profit sa connaissance de l’histoire des institutions et du droit public pour défendre une vision moderne et équilibrée de la justice. Son sens des archives et des sources contribue à un travail juridique inscrit dans la continuité de l’État.
De 1990 à 1993, il représente le Sénégal au Royaume-Uni en qualité d’ambassadeur, poursuivant son engagement international. Il revient ensuite à la Présidence de la République comme conseiller spécial du président Abdou Diouf (1993-1997), apportant une dernière fois son expertise institutionnelle au plus haut niveau de l’État.
Homme discret, profondément érudit, il incarnait une rare alliance entre mémoire historique, culture juridique et responsabilité publique. Ceux qui l’ont connu se souviennent d’un esprit méthodique, d’un serviteur scrupuleux de l’État et d’un pionnier de la formation archivistique au Sénégal.
Sa disparition ouvre le temps du souvenir et de la reconnaissance pour un intellectuel qui aura su faire dialoguer les archives, le droit et la République.Qu'Allah lui fasse miséricorde.
Dr. Adama Aly Pam, archiviste paléographe.
Né en 1933, il s’oriente très tôt vers une formation rare et prestigieuse : les études d’archiviste paléographe. Cette formation de haut niveau, fondée sur la maîtrise des sources, la critique des textes, l’histoire des institutions et la rigueur méthodologique, marque profondément son rapport au savoir. Premier Sénégalais à obtenir ce titre, il ouvre la voie à toute une génération de chercheurs africains en sciences historiques, archivistiques et juridiques.
Fort de cette base intellectuelle et méthodologique, il entreprend ensuite des études de droit qui le mènent à l’agrégation en droit public, obtenue en 1966. À la Faculté de droit et des sciences économiques de l’Université de Dakar, il met au service de l’enseignement supérieur cette double culture : celle de l’historien des institutions, attentif aux origines, et celle du juriste publiciste, soucieux des fondements normatifs et constitutionnels. Il y forme plusieurs générations d’étudiants et contribue à structurer durablement la discipline.
En 1971, il accède au rectorat de l’Université de Dakar, fonction qu’il exercera jusqu’en 1986. Son passage à la tête de l’institution est marqué par la consolidation de la recherche, la valorisation des archives universitaires et la défense d’une université ancrée dans ses missions nationales tout en restant ouverte sur le monde.
À l’issue de ce long mandat, il est appelé au gouvernement en tant que ministre de la Justice (1986-1989). Dans cette fonction, il met à profit sa connaissance de l’histoire des institutions et du droit public pour défendre une vision moderne et équilibrée de la justice. Son sens des archives et des sources contribue à un travail juridique inscrit dans la continuité de l’État.
De 1990 à 1993, il représente le Sénégal au Royaume-Uni en qualité d’ambassadeur, poursuivant son engagement international. Il revient ensuite à la Présidence de la République comme conseiller spécial du président Abdou Diouf (1993-1997), apportant une dernière fois son expertise institutionnelle au plus haut niveau de l’État.
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