L'année scolaire 2025-2026 aura été intense. Entre un démarrage stable et un déroulement tumultueux marqué par 150 heures de grève, l'aboutissement à un premier protocole d'accords entre l'État et les syndicats d'enseignants montre que le dialogue reste notre meilleur outil. A présent, le système éducatif engage son troisième temps fort qui sanctionne les parcours des apprenants: les examens nationaux (CFEE sans le concours d'entrée en 6eme dès le 17 juin, Baccalauréat général le 30 juin et BFEM le 21 juillet).
Par ailleurs, ces évaluations se déroulent dans une période marquée par des événements majeurs. La Coupe du Monde de football constitue une opportunité de promotion de valeurs communes alors que la commémoration de la journée de l'enfant africain appelle à élever la voix contre la mauvaise qualité de l'enseignement tandis que l'échéance des ODD en 2030 rappelle que chaque action compte pour atteindre les indicateurs.
En somme, cette période d'évaluation exige de garantir des conditions favorables à la réussite et de prévenir toute forme de perturbation susceptible d'affecter l'équilibre émotionnel des candidats. C'est pourquoi, la COSYDEP rappelle qu'offrir un environnement serein, une concentration optimale à nos candidats et une mobilisation exceptionnelle de la communauté demeurent une priorité absolue.
Au-delà de cette urgence immédiate, cette fin d'année scolaire invite à une réflexion de fond autour de trois axes majeurs:
1. Atténuer l'impact des tensions socio-politiques. Le cycle électoral permanent génère des rivalités qui perturbent l'équilibre psychologique des élèves, impactant directement leurs performances. L'école doit être préservée de ces contingences.
2. Améliorer l'efficacité du système éducatif. Les performances scolaires demeurent fragiles comme le souligne le Rapport d'État du Système Éducatif National (RESEN 2012-2022) qui met en évidence une évolution irrégulière des résultats aux examens. En effet, les résultats des trois dernières années (2023, 2024 et 2025) restent marqués par des fluctuations qui interrogent la capacité du système à garantir durablement des performances satisfaisantes: BAC 51,54% puis 50,50% et 47,72%; BFEM 76,3% puis 73,94% et 78,59%; CFEE 82,08% puis 65,53% et 70,73%).
3. Accélérer la refondation méthodique du secteur. La réponse à cette demande sociale doit être bâtie dans une approche holistique, inclusive, décloisonnée et mieux articulée, en tirant pleinement profit de l'évaluation des expériences antérieures (ÉGEF 1981, CNAES 2013, ANEF 2014), des productions alternatives et des grandes vacances scolaires. L'enjeu principal est de construire un consensus national en faveur de politiques éducatives qui traversent les régimes politiques et renforcent le dialogue des offres éducatives. Cela exige de repenser simultanément les finalités, les curricula, les référentiels de formation, le système d'évaluation et d'orientation scolaire, les supports, le statut de l'enseignant, la résilience du système, le cadre normatif, la gouvernance, etc.
La COSYDEP demeure convaincue qu'en plaçant l'éducation au-dessus des contingences politiques et conjoncturelles, le Sénégal peut bâtir un système éducatif résilient, inclusif, performant, capable de préparer efficacement les générations futures aux défis du développement durable.
La COSYDEP souhaite plein succès à tous les candidats aux examens et un Mondial fructueux aux Lions du football.
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