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Fossoyeurs de nos institutions : Touchez pas à la Constitution ! (Par ABC)



Fossoyeurs de nos institutions : Touchez pas à la Constitution ! (Par ABC)
Alors que le président de la République avait saisi les juridictions compétentes dans le cadre d’un projet de révision constitutionnelle, les députés de la majorité ont transformé l’initiative en proposition de loi parlementaire. Le Pastef, en procédant ainsi, semble vouloir démontrer qu’il peut imposer seul sa volonté institutionnelle, sans attendre les arbitrages présidentiels ni respecter les équilibres prévus par la Constitution. Autrement dit, il ne s’agit plus seulement de réviser la Constitution. Il s’agit de court-circuiter le président de la République. 

Dans une République qui fonctionne normalement, cette question serait soumise au référendum qui servirait principalement à légitimer le changement envisagé en donnant la parole directement au peuple. Une telle démarche renforcerait la démocratie en garantissant une plus grande adhésion au texte révisé.

L’Alliance Pour la République, dans une déclaration publique juge inacceptable que des modifications aussi profondes de la Constitution puissent être engagées, à l’initiative de l’Exécutif ou du Parlement, sans l’approbation directe du peuple sénégalais souverain et ce, par la voie du référendum. Une Constitution n’appartient ni à un Gouvernement, ni à une majorité parlementaire, ni à une coalition politique. Elle appartient au peuple sénégalais qui doit demeurer le premier et le seul arbitre de son évolution. La proposition de loi de révision constitutionnelle n’a fait l’objet d’aucune concertation préalable avec les forces politiques, la société civile, les organisations professionnelles, les universitaires ou les citoyens. Une telle méthode est en totale contradiction avec l’esprit même d’une réforme censée refonder le pacte républicain. Or, la refondation de l’architecture institutionnelle du Sénégal mérite un débat national approfondi et contradictoire ainsi que la consultation directe du peuple sénégalais, seul détenteur de la souveraineté nationale. La Constitution est le patrimoine commun de tous les Sénégalais. Sa modification ne peut être le monopole d’une majorité politique circonstancielle. Le peuple doit être entendu, consulté pour décider.

Au-delà de la réalité politique, l’acte posé par la majorité parlementaire traduit l’évolution des rapports entre Diomaye et Sonko qui consacrent une démocratie crispée, éclatée en mille morceaux et minée par des batailles insensées. Du coup, notre démocratie est engagée dans une impasse totale, à cause des luttes politiques que se livre le Pastef. Manifestement, la Présidence de la République et l’Assemblée nationale ne cherchent pas à élaborer en priorité des stratégies capables de répondre aux demandes et besoins du peuple. Elles ne se préoccupent guère de proposer des solutions, face aux défis que rencontre la société sénégalaise dans la conduite de son projet démocratique. 

C’est pourquoi, aux yeux de beaucoup d’observateurs, le duo à la tête de l’Etat depuis 2024, apparaît comme d’authentiques fossoyeurs de nos institutions. Il tient en haleine le pays, causant ainsi beaucoup de torts à la république. Les citoyens qui avaient beaucoup misé sur eux, eu égard aux nombreuses promesses qui leur avaient été faites, ont perdu tout espoir. Le social, l’économie, la gouvernance d’Etat, l’éthique et les valeurs morales en général sont particulièrement malmenés par les dirigeants aux affaires. 

En somme, les Sénégalais ont assisté, au cours de ces deux dernières années, à un vaste mouvement de déconstruction et de démolition des acquis de la nation à tous les niveaux de la société. Le régime, incapable de livrer sa promesse à ce sujet, a inventé une stratégie, tendant à disqualifier ses prédécesseurs. Il les traite de tous les noms d’oiseaux, pour essayer d’ancrer dans les esprits qu’il n’y a jamais eu de politique à la mesure des besoins et des ambitions du Sénégal.

Aujourd’hui, la réflexion doit porter sur la relance de notre économie et notre démocratie qui passeront nécessairement par le congédiement du Pastef caractérisé par son incompétence et sa soif de pouvoir. Il est évident qu’une telle décision est du ressort exclusif du peuple qui, on l’espère, en décidera en 2029. En attendant, ce pouvoir aura largement contribué à rajouter une couche pour effriter davantage les valeurs morales et les acquis socio-économiques indispensables dans la conduite et la gestion des affaires publiques.

Nous avons souvent dénoncé avec beaucoup d’énergie les travers de ce régime dont l’action et le comportement n’ont pas encore fini de compromettre l’avenir de notre pays. Ainsi, tous les efforts, consentis depuis des années par leurs devanciers et le peuple, se trouvent menacés par une élite arrogante qui a fini de prendre en otage l’Etat et les citoyens. Une attitude qui semble nous condamner à l’immobilisme dévastateur et au sous-développement permanent.

En ce qui concerne la révision constitutionnelle, initiée par Pastef et sa majorité mécanique, nous regrettons, aujourd’hui, que la Charte fondamentale de notre pays soit considérée comme un simple instrument de stratégie partisane. Une majorité démocratiquement élue, a parfaitement le droit de proposer des réformes. Mais elle n’a pas le droit de considérer les institutions comme des obstacles à contourner lorsque celles-ci encadrent son action. 

Tout compte fait, Ousmane Sonko et sa bande mettent le parti au-dessus de la patrie. Ce qui reste une dérive où l'intérêt de leur formation politique prime sur l'intérêt supérieur de la nation. Qu’ils comprennent une bonne fois pour toute, que la Constitution est sacrée. On n’y touche pas comme on veut !


Alioune Badara COULIBALY
Porte-parole APR


Mercredi 24 Juin 2026 - 18:43


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