Un peu plus de trois mois après le coup d'État militaire du 26 novembre 2025 en Guinée-Bissau, les opposants politiques se font toujours discrets dans le pays. Bien que des délégations de la Cédéao soient venues à plusieurs reprises dans le pays pour œuvrer à la sortie de crise, après l'arrestation des principaux leaders de l'opposition et l'interruption du processus électoral, le retour à l'ordre constitutionnel exigé par les opposants et la société civile se fait attendre.
Ces derniers jours, toutefois, les deux plus grandes coalitions de l'opposition ont fait parler d'elles en prenant l'initiative d'un manifeste qui n'est pas passé inaperçu : si le texte revient sur leurs revendications déjà bien connues – le retour des militaires dans les casernes et la proclamation des résultats électoraux qui n'ont jamais été annoncés à cause du putsch –, il lance aussi et surtout un appel « solennel » au dialogue avec les militaires et à l'ouverture de canaux de communication avec le général Horta N'Tam, l'auto-proclamé président de la transition – une grande première.
« Le pays risque de connaître des contestations susceptibles d'affaiblir la position des militaires »
« Le pouvoir est, de fait, assumé par les militaires qui sont nos frères. Je pense qu'ils devraient profiter de notre proposition pour se rapprocher de nous, afin que nous puissions discuter de ce qu'il faut faire pour le pays qui se trouve dans une situation de blocage. Aujourd'hui, des organisations comme la Banque mondiale, comme l'Union européenne, qui couvrent le déficit de la Guinée-Bissau, ont suspendu leurs financements, ce qui signifie pour elle un avenir difficile. Celle-ci risque de connaître des manifestations, des contestations en internes susceptibles d'affaiblir la position des militaires », argumente à ce propos Muniro Conté, le porte-parole du PAIGC, l'un des partis signataires du manifeste. Il poursuit : « Nous sommes optimistes : les militaires sont manipulés, eux mêmes commencent à le comprendre. »
S'exprimant depuis Dakar où il s'est exilé, Muniro Conté soutient que les véritables victimes du coup d'État sont les opposants politiques qui ont été contraints de fuir la Guinée-Bissau ou qui, aujourd'hui, y vivent en résidence surveillée. À l'inverse, l'ancien chef de l'État, Umaro Sissoco Embalo, qui avait quitté le pays après le putsch, prépare lui actuellement son retour. Le 6 février, deux de ses proches ont ainsi été reçus par le chef de la junte, auquel ils ont demandé des garanties de sécurité pour l'ancien président – que certaines voix accusent d'avoir lui-même « orchestré » le putsch de novembre 2025, conscient de sa déroute lors de la présidentielle et des législatives organisées trois jours en amont.
À ce jour, les militaires au pouvoir, à qui une version du manifeste a été remis le 25 février, n'y ont pas répondu.
Ces derniers jours, toutefois, les deux plus grandes coalitions de l'opposition ont fait parler d'elles en prenant l'initiative d'un manifeste qui n'est pas passé inaperçu : si le texte revient sur leurs revendications déjà bien connues – le retour des militaires dans les casernes et la proclamation des résultats électoraux qui n'ont jamais été annoncés à cause du putsch –, il lance aussi et surtout un appel « solennel » au dialogue avec les militaires et à l'ouverture de canaux de communication avec le général Horta N'Tam, l'auto-proclamé président de la transition – une grande première.
« Le pays risque de connaître des contestations susceptibles d'affaiblir la position des militaires »
« Le pouvoir est, de fait, assumé par les militaires qui sont nos frères. Je pense qu'ils devraient profiter de notre proposition pour se rapprocher de nous, afin que nous puissions discuter de ce qu'il faut faire pour le pays qui se trouve dans une situation de blocage. Aujourd'hui, des organisations comme la Banque mondiale, comme l'Union européenne, qui couvrent le déficit de la Guinée-Bissau, ont suspendu leurs financements, ce qui signifie pour elle un avenir difficile. Celle-ci risque de connaître des manifestations, des contestations en internes susceptibles d'affaiblir la position des militaires », argumente à ce propos Muniro Conté, le porte-parole du PAIGC, l'un des partis signataires du manifeste. Il poursuit : « Nous sommes optimistes : les militaires sont manipulés, eux mêmes commencent à le comprendre. »
S'exprimant depuis Dakar où il s'est exilé, Muniro Conté soutient que les véritables victimes du coup d'État sont les opposants politiques qui ont été contraints de fuir la Guinée-Bissau ou qui, aujourd'hui, y vivent en résidence surveillée. À l'inverse, l'ancien chef de l'État, Umaro Sissoco Embalo, qui avait quitté le pays après le putsch, prépare lui actuellement son retour. Le 6 février, deux de ses proches ont ainsi été reçus par le chef de la junte, auquel ils ont demandé des garanties de sécurité pour l'ancien président – que certaines voix accusent d'avoir lui-même « orchestré » le putsch de novembre 2025, conscient de sa déroute lors de la présidentielle et des législatives organisées trois jours en amont.
À ce jour, les militaires au pouvoir, à qui une version du manifeste a été remis le 25 février, n'y ont pas répondu.
Autres articles
-
Le conflit au Moyen-Orient s’étend au Liban après des frappes israéliennes contre le Hezbollah
-
Angola: un prêt chinois pour financer une raffinerie à Lobito, un projet hautement géopolitique
-
Au Burundi, les réfugiés traumatisés par les blessures invisibles de la guerre
-
Burkina Faso: confusion après des tirs entendus dans la nuit à proximité de la présidence
-
Libye: lors d'une incursion au Niger, les forces du maréchal Haftar libèrent 22 de ses soldats





Le conflit au Moyen-Orient s’étend au Liban après des frappes israéliennes contre le Hezbollah


