Kenya: la polémique enfle après la rupture meurtrière d'un barrage

Au Kenya, le barrage Patel a cédé mercredi soir, le 9 mai, laissant se déverser des eaux boueuses dans la commune de Solai, quelque 160 km au nord de la capitale, Nairobi. Le bilan est lourd : le gouverneur du comté de Nakuru évoquait ce vendredi matin le nombre de 44 morts. On approche désormais des 50 morts et plusieurs dizaines de personnes sont toujours portées disparues. Et maintenant, la polémique enfle autour de ce barrage.



Le barrage Patel est au centre de toutes les critiques, dans une affaire qui prend une tournure de plus en plus politique. Cette infrastructure privée appartient à une grande exploitation agricole installée sur place depuis plus d’un demi-siècle.
 
Le barrage sert de réserve d’eau, mais la grande question est de savoir s’il était aux normes ? Selon l’autorité de gestion des ressources en eau, il n’avait pas été agréé, malgré plusieurs visites d’officiels. L’agence dit avoir même demandé au propriétaire de fermer le barrage, car il ne répondait pas aux normes de sécurité, mais l’ordre aurait été ignoré.
 
Le porte-parole du gouvernement Eric Kiraithe a ajouté qu’il n’y aurait pas eu de morts si la direction avait vidé l’eau à temps et que cette affaire « aurait des conséquences ». Des accusations démenties par la ferme Patel elle-même. Sur Citizen TV, l’un des responsables, Vinod Jayakumar, a déclaré que le barrage n’était pas illégal et que ce désastre était une catastrophe naturelle due aux fortes pluies.
 
Plusieurs élus demandent en tout cas des comptes. « Des questions restent sans réponse et des têtes doivent tomber », a estimé le sénateur Mutula Kilonzo Jr.
 
Ce problème des normes de sécurité existe aussi pour les autres barrages construits sur cette grande ferme. Pour éviter une nouvelle catastrophe, deux réservoirs doivent d’ailleurs être vidés aujourd’hui, car ils sont gorgés d’eau.
 
Le procureur général a, lui, demandé au chef de la police de mener une enquête et de pointer les éventuelles responsabilités. Il attend les résultats de l’investigation d’ici 14 jours.
 

Rfi.fr

Vendredi 11 Mai 2018 - 14:40



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