C’est avec un paysage politique en pleine recomposition que se réveille le Maroc, au lendemain d’élections législatives marquées par un taux d’abstention record. La participation dépasse à peine les 38%. Il faut remonter à 2007 pour trouver un score plus bas. Les urnes ont confirmé la crise de confiance qui marque depuis plusieurs années la relation entre les Marocains et leur classe politique. Même si les attentes sont nombreuses, chômage, pouvoir d’achat, services publics, beaucoup d’électeurs n’ont pas été voté. Ceux qui l’ont fait ont décidé de sanctionner le parti à la tête de l’exécutif actuel, rapporte notre correspondant à Casablanca, Mathias Raynal.
Avec 66 députés, le RNI perd 36 sièges. Une dégringolade qui profite au PAM, mais aussi et surtout au PJD. La formation islamiste qui avait été balayée lors des législatives de 2021, tombant à 13 députés, voit ce nombre multiplié par quatre. Avec ses 54 sièges, elle s’impose comme une actrice incontournable des prochaines consultations pour la formation d’une majorité. Tout comme le parti de l’Istiqlal, avec ses 65 députés.
Le centre de gravité du parlement a bougé à l’issue de ces législatives et les tractations entre partis s’annoncent difficiles. La campagne, parfois âpre, pourrait avoir laissé des traces.
Un taux de participation au plus bas
Le taux de participation des élections législatives organisées mercredi 23 septembre au Maroc a atteint 38,02%, en fort recul par rapport au score de 50,35% enregistré lors du scrutin de 2021. Annoncé par le ministère de l'Intérieur quelques heures après la fermeture des bureaux de vote, ce chiffre est le plus faible depuis presque 20 ans dans le pays. Il faut ainsi remonter aux législatives de 2007 pour trouver un taux de participation inférieur puisqu'à l'époque, il s'était élevé à seulement 36,89%.
Alors que le scrutin s'est déroulé sur fond de défiance envers la classe politique et d'inquiétudes autour du chômage et des inégalités, le taux d'abstention chez les jeunes va être d'autant plus scruté que la crise migratoire de Ceuta qui s'est déroulée il y a moins de deux mois est largement perçue dans le royaume comme le symptôme du malaise d'une partie de la jeunesse.
Dans un bureau de vote de Casablanca, la moyenne d’âge est effectivement frappante. Ali pousse la chaise roulante de sa mère très âgée vers le scrutin. Il n’était pas question pour lui de s’abstenir : « On est obligés de voter pour aider le pays. C’est notre maison, on doit tous se mettre à son service. »
Cet électeur a une cinquantaine d’années, soit la moyenne d’âge dans ce bureau de vote qui se trouve dans un quartier populaire et pourtant plutôt jeune : si les plus anciens se sont mobilisés, les moins de 30 ans sont ici les grands absents de ce scrutin, comme Sarah. Cette serveuse passe devant le bureau de vote sans un regard. Elle ne veut pas participer aux élections.
« J’ai l’impression que ça ne sert à rien, déplore Sarah. Pendant la campagne, les partis nous proposent 20 euros pour tracter pour eux, mais une fois que les élections sont terminées, quand tu as besoin de quelque chose, ils ne sont jamais là pour toi. »
Un an après le mouvement de contestation de la GenZ 212, la crise de confiance s’est aggravée entre la jeunesse et la classe politique. À 36 ans et un peu plus âgé, Mohammed a pourtant encore de l’espoir : « Pour tous les partis marocains, actuellement, il y a des candidats jeunes. Et ça, c’est un point qui m’a donné la motivation, sincèrement, parce que les jeunes comprennent les jeunes. C’est quelque chose qu’on n’avait pas auparavant. »
Renouer avec la jeunesse, ce sera l’un des défis de la coalition sortie des urnes, pour calmer la colère sociale toujours très forte dans cette partie de la population.
Avec 66 députés, le RNI perd 36 sièges. Une dégringolade qui profite au PAM, mais aussi et surtout au PJD. La formation islamiste qui avait été balayée lors des législatives de 2021, tombant à 13 députés, voit ce nombre multiplié par quatre. Avec ses 54 sièges, elle s’impose comme une actrice incontournable des prochaines consultations pour la formation d’une majorité. Tout comme le parti de l’Istiqlal, avec ses 65 députés.
Le centre de gravité du parlement a bougé à l’issue de ces législatives et les tractations entre partis s’annoncent difficiles. La campagne, parfois âpre, pourrait avoir laissé des traces.
Un taux de participation au plus bas
Le taux de participation des élections législatives organisées mercredi 23 septembre au Maroc a atteint 38,02%, en fort recul par rapport au score de 50,35% enregistré lors du scrutin de 2021. Annoncé par le ministère de l'Intérieur quelques heures après la fermeture des bureaux de vote, ce chiffre est le plus faible depuis presque 20 ans dans le pays. Il faut ainsi remonter aux législatives de 2007 pour trouver un taux de participation inférieur puisqu'à l'époque, il s'était élevé à seulement 36,89%.
Alors que le scrutin s'est déroulé sur fond de défiance envers la classe politique et d'inquiétudes autour du chômage et des inégalités, le taux d'abstention chez les jeunes va être d'autant plus scruté que la crise migratoire de Ceuta qui s'est déroulée il y a moins de deux mois est largement perçue dans le royaume comme le symptôme du malaise d'une partie de la jeunesse.
Dans un bureau de vote de Casablanca, la moyenne d’âge est effectivement frappante. Ali pousse la chaise roulante de sa mère très âgée vers le scrutin. Il n’était pas question pour lui de s’abstenir : « On est obligés de voter pour aider le pays. C’est notre maison, on doit tous se mettre à son service. »
Cet électeur a une cinquantaine d’années, soit la moyenne d’âge dans ce bureau de vote qui se trouve dans un quartier populaire et pourtant plutôt jeune : si les plus anciens se sont mobilisés, les moins de 30 ans sont ici les grands absents de ce scrutin, comme Sarah. Cette serveuse passe devant le bureau de vote sans un regard. Elle ne veut pas participer aux élections.
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