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Maisons et rues inondées: désolation à Thiès au lendemain des premières pluies

​La ville de Thiès a renoué avec les inondations et autres désagréments suite aux fortes pluies enregistrées ces lundi 2 et mardi 3 mars 2021. Un ras-le-bol des populations presque généralisé puisque plusieurs quartiers de la Cité sont sous les eaux.



Maisons et rues inondées: désolation à Thiès au lendemain des premières pluies
Des concessions immergées, des véhicules submergés par les eaux, des routes impraticables, des rues et avenues inondées. Le décor est peu reluisant à Thiès où, après la pluie, ce n’est assurément pas le beau temps. Presque partout on patauge. Les dégâts causés par la furie des eaux sont visibles presque partout. On se demande où sont passés les 750 milliards de francs du Plan décennal de lutte contre les inondations (2012- 2022)…

Après les fortes précipitations enregistrées presque deux jours durant dans la ville aux-deux gares, les Thiessois ont renoué avec le calvaire des eaux stagnantes et des inondations. Modou Diouf, chef de ménage sinistré demeurant au quartier Nguinth, se désole : « nous sommes très peinés. Cette fois-ci nous passons à la vitesse supérieure pour interpeller directement le président Macky Sall, plutôt que de nous arrêter à nous adresser au ministre en charge du secteur qui ne règle jamais le problème. A Nguinth, nous sommes dans une situation extrêmement difficile, insupportable. Plusieurs ministres sont déjà passés nous voir pour nous promettre un recasement mais jamais ils n’ont tenu leurs promesses ».

Notre interlocuteur faisait allusion aux maisons de la cité « Taw Fékh » qui doit accueillir 200 ménages de Nguinth. Les nuisances causées par les eaux n’épargnent pas les autres quartiers de Thiès quand on sait que les millimètres de pluie tombés ont encore mis à nu les problèmes d’assainissement dans la cité du rail. Entre autres désagréments occasionnés par les dernières grosses pluies, les populeux quartiers de Silmang, Darou Salam 1 et 2, Bagdad, entre autres, sont coupés du reste de la ville. Le long et vaste boulevard des pylônes haute tension est transformé en une véritable rivière.

Dans tous leurs états, des sinistrés de la commune de Thiès-Est déplorent « l’inefficacité du Plan Orsec », presque « inexistant » à Thiès avant de s’écrier : « nous sommes malades de nos dirigeants ! ». À l’avenue Aynina Fall, Khadim Samb, président du mouvement citoyen « Thiès Solidarité », les jambes dans les eaux stagnantes n’a que ses yeux pour constater les dégâts. Et de se demander : « ou se trouve notre maire absentéiste de Thiès-Est, Pape Bassirou Diop ? »

A Sampathé, comme chaque hivernage, plusieurs concessions sont englouties par les eaux pluviales. Des familles qui, dans le désarroi total, renouvellent leur demande d’aide d’urgence auprès des autorités compétentes. Lesquelles, malheureusement, ne tiennent jamais leurs promesses. Dans la ville aux-deux-gares, ce sont donc plusieurs milliers de personnes qui sont affectées par les inondations. En particulier au niveau des quartiers bas comme Nguinth, 10ème RIAOM, Hersent, Sampathé, entre autres. Où les riverains crient leur colère pour dénoncer « la non reprise jusqu’ici des chantiers gouvernementaux qui est la cause principale des inondations dans notre ville ».

Des chantiers inachevés, 16 ans après le programme spécial Indépendance (4-4-44), qui devaient surtout permettre de réaliser des ouvrages d’assainissement autour du grand canal de Keur Mame El Hadj, dans la commune Thiès-Nord. Un canal qui fait 4 mètres de large sur 2 mètres de profondeur, pour le drainage de toutes les eaux venant de la zone de Thiès-Est. Il devait être connecté à un grand ouvrage qui devait partir de la gare routière, passer par la base militaire de Thiès Diakhao, Nguinth horticole, jusqu’à la vallée de Fandène.

Selon des habitants rencontrés, le budget de 3 milliards de francs alloué à leur ville dans le cadre du Plan Orsec, déclenché par le chef de l’Etat, serait « une goutte d’eau dans la mer compte tenu de tout ce qu’il y a à faire ». Certains experts estiment en effet que les trois communes de la ville sont situées dans une cuvette. Et les eaux de pluies qui viennent du plateau de Diass et d’Allou Kagne se déversent dans la cité du rail. Ils estiment aussi qu’avec la déforestation avancée et le changement climatique, la commune de Thiès-Nord ne cesse d’enregistrer d’énormes dégâts, parce qu’étant le réceptacle des eaux.

Toutefois, soutiennent-ils, « si les travaux avaient été faits conformément au plan directeur d’assainissement, il n’y aurait pas de dégâts », rapporte le correspondant du journal Le Témoin à Thiès.

AYOBA FAYE

Jeudi 5 Août 2021 - 13:09


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