« Les shebabs savent déjà que vous êtes là… », glisse le responsable de la sécurité d’une ONG de Mocimboa da Praia, ville du nord-est du Mozambique. C'est ici qu'en 2017, pour la première fois, des hommes armés mènent des attaques contre plusieurs postes de police. Deux ans plus tard, ceux qui se présentent comme les shebabs prêtent allégeance au groupe État islamique. « Les shebabs veulent imposer la charia, mais ils réclament aussi une meilleure répartition des richesses », explique João Feijó, chercheur à l’Observatoire du milieu rural. Ce mouvement, qui revendique une application stricte du Coran, est estimé à plusieurs centaines de sympathisants.
Omar Sufo se souvient de l'attaque de 2017 : « Le groupe est entré par le quartier Felipe Nyusi. Ils ont décapité quatre personnes et laissé leurs têtes et leurs corps à des endroits différents. Quand ils sont revenus, ils ont fait pareil, maison par maison. Ils tuaient les hommes et laissaient les femmes et enfants. » Durant plusieurs semaines, Mocimboa da Praia est restée isolée, aux mains des terroristes.
Fatima Alidi, enceinte à l'époque, se remémore : « Ça a été très dur. J’ai un autre fils, de 10 ans. Je ne pouvais pas fuir parce que j’étais enceinte. J’ai sombré dans la dépression. Je souffrais, à tel point que je me moquais que ma fille naisse vivante ou morte. Je voulais juste être libre pour m’enfuir. »
C’est le même climat de terreur qui règne dans les campagnes. Le village de Shute Njojo, agriculteur de 57 ans, a été ravagé par les shebabs : « Les hommes armés m’ont attaché et ont commencé à me frapper. Ils ont pris mon argent, mes chèvres, tous mes biens. Puis ils ont brûlé ma maison. Quand j’ai pu me libérer, j’ai fui vers Palma. Là-bas, j’ai appris que les terroristes avaient enlevé sept de mes petits-enfants. »
Encore dix mille déplacés internes
Depuis plusieurs années, cette ville portuaire de 30 000 habitants subit des incursions quasi hebdomadaires : pillages, massacres, assassinats par décapitation, enlèvements, viols… Le traumatisme des habitants de Cabo Delgado est énorme.
En septembre 2025, deux raids successifs ont frappé Mocimboa da Praia. Simão se trouvait dans sa maison, quand les hommes armés sont entrés : « Je savais que leur intention était de me tuer. Alors j’ai tenté ma chance et j’ai fui. Je préférais être tué par balles que décapité. Aujourd’hui, j’ai toujours peur mais j’arrive à dormir. Avant, c’était très difficile pour moi de dormir, en intérieur, ici à Mocimboa. »
Aïssa, 19 ans, n’était pas en ville durant l’attaque. Sans nouvelles de ses proches pendant des jours, elle a été bouleversée par leur récit lors de leurs retrouvailles : « Ce qui m’a affectée, c’est de n’avoir rien pu faire pour les aider. Psychologiquement j’étais mal, à tel point qu’à l’école, le moindre cri, la moindre dispute ou conversation qui me déplaisait, me provoquait des palpitations et je m’évanouissais. »
Omar Sufo se souvient de l'attaque de 2017 : « Le groupe est entré par le quartier Felipe Nyusi. Ils ont décapité quatre personnes et laissé leurs têtes et leurs corps à des endroits différents. Quand ils sont revenus, ils ont fait pareil, maison par maison. Ils tuaient les hommes et laissaient les femmes et enfants. » Durant plusieurs semaines, Mocimboa da Praia est restée isolée, aux mains des terroristes.
Fatima Alidi, enceinte à l'époque, se remémore : « Ça a été très dur. J’ai un autre fils, de 10 ans. Je ne pouvais pas fuir parce que j’étais enceinte. J’ai sombré dans la dépression. Je souffrais, à tel point que je me moquais que ma fille naisse vivante ou morte. Je voulais juste être libre pour m’enfuir. »
C’est le même climat de terreur qui règne dans les campagnes. Le village de Shute Njojo, agriculteur de 57 ans, a été ravagé par les shebabs : « Les hommes armés m’ont attaché et ont commencé à me frapper. Ils ont pris mon argent, mes chèvres, tous mes biens. Puis ils ont brûlé ma maison. Quand j’ai pu me libérer, j’ai fui vers Palma. Là-bas, j’ai appris que les terroristes avaient enlevé sept de mes petits-enfants. »
Encore dix mille déplacés internes
Depuis plusieurs années, cette ville portuaire de 30 000 habitants subit des incursions quasi hebdomadaires : pillages, massacres, assassinats par décapitation, enlèvements, viols… Le traumatisme des habitants de Cabo Delgado est énorme.
En septembre 2025, deux raids successifs ont frappé Mocimboa da Praia. Simão se trouvait dans sa maison, quand les hommes armés sont entrés : « Je savais que leur intention était de me tuer. Alors j’ai tenté ma chance et j’ai fui. Je préférais être tué par balles que décapité. Aujourd’hui, j’ai toujours peur mais j’arrive à dormir. Avant, c’était très difficile pour moi de dormir, en intérieur, ici à Mocimboa. »
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