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Ouverture à Paris du premier procès des "biens mal acquis"

Teodorin Obiang, fils du président équato-guinéen, doit comparaître lundi à Paris pour la constitution frauduleuse présumée de son patrimoine en France. Il s'agit du premier procès qui se tient dans le cadre de l'affaire des "biens mal acquis".



Ouverture à Paris du premier procès des "biens mal acquis"
C'est le premier procès en France dans l'affaire dite des "biens mal acquis". À partir de ce lundi 2 janvier, Teodorin Obiang, le fils aîné du président de la Guinée-Équatoriale, doit être jugé devant le tribunal correctionnel de Paris pour blanchiment d'abus de biens sociaux, de détournement de fonds publics, d'abus de confiance et de corruption.

Le procès, dont les dates avaient été fixées en octobre dernier, doit durer jusqu'au 12 janvier. Mais le prévenu devra demander le report des audiences. Selon l'un de ses avocats, Emmanuel Marsigny, les délais sont "beaucoup trop courts" et ne sont pas conformes à la loi, compte-tenu du fait que son client a déclaré son adresse à Malabo, la capitale équato-guinéenne.

Les avocats de Teodorin Obiang, qui devait être absent lundi, demandent "qu'il puisse bénéficier du temps raisonnable pour pouvoir organiser effectivement sa défense", a déclaré à l’AFP Me Marsigny, qui envisage de faire citer plusieurs témoins, dont certains résident à l'étranger.

Hôtel particulier, voitures de course et de luxe, jets privés…
Ancien ministre de l'Agriculture et des Forêts, promu fin juin par son père Teodoro Obiang Nguema vice-président de Guinée équatoriale, le prévenu est accusé de s'être bâti frauduleusement un important patrimoine en France. Hôtel particulier, voitures de course et de luxe, costumes de marque par dizaine, jets privés... L'enquête, ouverte après des plaintes des associations Sherpa et Transparency International, a mis au jour l’ampleur des biens et de dépenses somptuaires qui restent très éloignées du quotidien de la Guinée-Équatoriale, petit pays pétrolier d'Afrique centrale dont plus de la moitié des habitants vivent sous le seuil de pauvreté.

Teodorin Obiang, 47 ans, possède ainsi un immeuble estimé à 107 millions d'euros sur l’avenue Foch, dans l'un des quartiers les plus huppés de Paris. Il compte également plusieurs voitures de luxe et de sport (Porsche, Ferrari, Bentley, Bugatti). Quand il est à Paris, cet éternel célibataire au look savamment étudié dépense des mallettes entières de liquide chez les couturiers de l'avenue Montaigne. Dans ses appartements de l'avenue Foch où les robinets sont recouverts de feuilles d'or, le maître des lieux dispose d'un hammam, d'une salle de sport, d'une discothèque, d'un salon de coiffure, d'une salle de cinéma.

Au terme de l'instruction, les juges ont estimé que ce patrimoine en France avait pu être constitué grâce, notamment, au produit "des détournements de fonds publics" et de la corruption. Selon eux, entre 2004 et 2011, près de 110 millions d'euros provenant du Trésor public de Guinée-Équatoriale sont venus créditer le compte personnel de Teodorin Obiang.

Les enquêteurs estiment qu'il avait imposé une "taxe révolutionnaire" sur le bois, dont le paiement, au nom de la Somagui Forestal, devait lui être directement remis. Cette entreprise est chargée de l'exploitation du bois précieux qui représente avec le pétrole l'une des principales richesses du pays du golfe de Guinée. Contrôlée par Teodorin Obiang, elle assurait nombre de ses dépenses.

"Ingérence"
"Je rappelle qu’en Guinée Équatoriale, il a gagné son argent parfaitement légalement", a indiqué sur RFI Emmanuel Marsigny, qui estime que le procès de son client "constitue une véritable ingérence dans les affaires d'un État étranger".

Le prévenu a multiplié les voies de recours. Mis en examen en 2014, il a essayé en vain de faire annuler les poursuites à son encontre, invoquant son statut à l'époque de deuxième vice-président de Guinée équatoriale qui octroyait à ses yeux une immunité. Mais la Cour de cassation avait estimé que les faits reprochés avaient été commis à "des fins personnelles", relevant de sa vie privée et donc détachables des fonctions étatiques protégées par la coutume internationale. Récemment, il a, sans succès, demandé à la Cour internationale de Justice (CIJ) de suspendre les procédures en France contre lui.

"S'ouvre un procès inédit, sans précédent en Europe et bien au-delà", s’est pour sa part félicité William Bourdon, avocat de Transparency International. "Le chapitre Obiang va se clôturer", mais d'autres vont s'ouvrir.

La justice française enquête effectivement sur les patrimoines bâtis en France par les familles de plusieurs autres dirigeants africains, celle de Denis Sassou Nguesso du Congo-Brazzaville, du défunt chef d’État gabonais Omar Bongo ou encore du président centrafricain déchu François Bozizé.

france24.com

Lundi 2 Janvier 2017 - 09:11


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