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RDC: la possible levée du moratoire sur l'exploitation forestière fait polémique

Il y a dix jours, le ministère congolais de l'Environnement a décidé de réattribuer 6 500 kilomètres carrés de forêt équatoriale à deux opérateurs économiques chinois. Une décision qui fait polémique car le pays est soumis à un moratoire sur les licences d'exploitation forestière, qu'il a lui-même adopté en 2002. Jeudi 1er mars, le principal bailleur de fonds dans le secteur, l'Initiative pour la forêt d'Afrique centrale, présidée par la France, a décidé de geler ses financements tant que la RDC n'est pas revenue sur cette décision.



Cela fait 16 ans que la République démocratique a choisi de geler son exploitation forestière industrielle. L'enjeu : assainir le secteur pour éviter l'anarchie et la corruption. Mais depuis peu, les autorités s'impatientent. Avec 152 millions d’hectares de forêt, le potentiel est immense. Et à ce jour l'industrie du bois ne contribue qu'à hauteur de 1% au PIB.
 
Pour le ministre de l'Environnement Amy Ambatobe, il est temps de passer à la vitesse supérieure pour lever ce moratoire. « Le moratoire n’est pas levé, mais le processus de levée du moratoire est lancé. »
 
Ces déclarations inquiètent les défenseurs de l'environnement. Ils craignent que les autorités précipitent les choses. Car si la RDC a bien fixé la règle de l'appel d'offres pour attribuer de nouveaux titres forestiers, il manque encore une condition cruciale à la levée du moratoire : celle du zonage de la forêt.
 
« Un pays qui veut gérer durablement ses forêts doit le faire sur la base d’un plan, et ce n’est pas encore fait, explique Irene Wabiwa Betoko, représentante de Greenpeace en RDC. Voilà pourquoi vous allez voir, sur une portion des terres, l’exploitant forestier qui est en train d’opérer et, sur la même terre, l’exploitant minier qui est en train de faire des opérations minières. Et il y a aussi les communautés locales qui font leurs activités agricoles. Donc c’est un désordre auquel il faut mettre fin par un plan d’affectation des terres. Et donc aujourd’hui, on ne peut parler de la levée du moratoire tant qu’il y a ce flou qui règne dans le secteur. »
 
Suite à la décision du gouvernement d'attribuer trois concessions forestières en dépit du moratoire en cours, l'Initiative pour la forêt d'Afrique centrale, principal bailleur de fonds pour le secteur, a décidé de geler ses financements.
 
Pour la communauté internationale, il faut s'assurer que toutes les conditions sont remplies avant de lever le moratoire. Car il y a urgence à agir. Chaque année, le pays perd plus d'1,5 million d'hectares de forêt en exploitation clandestine, soit l'équivalent de la Wallonie.

Rfi.fr

Vendredi 2 Mars 2018 - 16:42



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