Tchad: les victimes du régime Habré toujours dans l’attente de réparations

Au Tchad, les victimes de l’ancien président Hissène Habré n'ont toujours pas obtenu les réparations financières promises. Plusieurs associations en appellent au rapporteur spécial de l'Onu sur la promotion de la Justice, Pablo De Greiff, pour que cette décision soit appliquée. Le 25 mars 2015, la Cour criminelle de Ndjamena a prononcé des condamnations à l'encontre d'une vingtaine d'agents du régime d'Hissène Habré. Des sentences assorties de 114 millions d'euros de dommages et intérêts à acquitter, à parts égales, entre les condamnés et l'Etat tchadien. Or, la commission censée s'en occuper n'a toujours pas été créée.



La Justice avait donné une année aux autorités tchadiennes pour dédommager les victimes. Aussi, deux ans plus tard, Jacqueline Moudeina, principale avocate des victimes, perd patience. Elle demande aux Nations unies d'intervenir auprès de Ndjamena pour que le combat mené par les victimes, depuis 25 ans, ne reste pas vain.

« Nous avons saisi à plusieurs reprises la primature, demandé audience, mais personne ne lève le petit doigt. Nous sommes donc obligés de mener des actions sur le plan international. Si les réparations n’intervenaient pas après la condamnation, c’est comme si nous n’avions rien fait. Il n'y a pas de raison que le Tchad ne réagisse pas », insiste Jacqueline Moudeina.

Ahmat Mahamat Hassan, nouveau ministre de la Justice, a pris ses fonctions en février. Il s'étonne que ses prédécesseurs n'aient pas fait avancer ce dossier et promet qu'il s'y est déjà attelé.

« J'ai été effectivement saisi par les avocats des victimes. Je suis déjà en train de préparer l’arrêté pour la mise en place de ce comité de suivi et ce sera donc très rapidement fait. De toute façon, nous ne pouvons pas effacer, d'un trait, le sort sombre de ces victimes et leurs droits ni surtout les décisions prises au nom du peuple tchadien par nos juridictions », a-t-il souligné.

Le ministre de la Justice ne donne pas de date pour la mise en place de ce comité, ni pour le versement des réparations. Il prévient même qu'en raison de la crise financière, ce ne sera pas facile, pour l’Etat, de rassembler l'argent. Il promet cependant que ce n'est certainement pas une question de mauvaise volonté.

Rfi.fr

Samedi 25 Mars 2017 - 20:14



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