"Une loi votée et même promulguée peut et doit être révisée lorsque l’on constate qu’elle comporte des insuffisances ou des erreurs. En l’espèce, les instances consacrées souffrent d’incohérences graves qu’il urge de corriger dans l’intérêt du pays’", a déclaré M. Sylla lors d’une rencontre avec des journalistes.
Dans un document publié le 8 janvier, le Sudes avait dénoncé un certain nombre de dispositions de cette loi adoptée le 26 décembre 2014, qui place notamment les Universités publiques du Sénégal "sous la tutelle du ministère chargé de l’Enseignement supérieur".
"Le président Macky Sall avait réagi à la suite de cette (déclaration et) avait dit publiquement qu’il engageait le gouvernement à ouvrir des concertations avec les syndicats en citant nommément le Sudes", a rappelé M. Sylla.
Selon Cheikhou Sylla, les enseignants et leurs syndicats n’ont "été ni avertis, ni associés à la formulation de la loi cadre (des Universités publiques) telle qu’elle a été faite", ajoutant qu’"il y a des dispositions concrètes qui font obstacle à l’autonomie de l’Université. Cette loi n’est pas convenable et une préparation concertée n’aurait jamais aboutie à cela".
Le Sudes décrie notamment les articles 7, 8, 9, 14 et 15 de cette "loi cadre", qui traitent des prérogatives et de la constitution du Conseil d’administration des Université publiques et de ses membres.
"Un Conseil d’administration composé de 20 membres dont, une dizaine, issue du milieu socioéconomique sont choisis par le ministre de l’Enseignement supérieur et, sans aucun rapport avec l’Université, est inacceptable car cette architecture ôte toute autonomie aux Universités sous le prétexte (de les) ouvrir au monde du travail", a dénoncé le secrétaire général du Sudes.
Cheikhou Sylla estime que "les universités devraient être impliquées dans les choix des personnes issues du monde socioéconomique car l’Université qui est au service de la société ne saurait s’opposer à l’existence (d’un) conseil d’administration en son sein".
"Nous ne sommes donc pas contre la participation des personnes extérieures à l’Université, car elle appartient à la nation sénégalaise (…) mais ‘‘la loi (cadre) porte les germes d’une atteinte à l’autonomie dans la pédagogie, et d’un grand danger sur les activités scientifiques", a-t-il dit devant la presse.
M. Sylla a indiqué que le Sudes (la branche Enseignement supérieur et Recherche, ESR/Sudes) et le Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (Saes) du Sénégal avaient décidé "d’unir leurs forces pour obtenir du gouvernement la révision de la loi".
Une rencontre est prévue vendredi, au siège du ministère sénégalais du Travail, entre le Gouvernement et le Saes.
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