Réunis ce lundi à Dakar pour une conférence régionale de haut niveau, experts et acteurs de la société civile se sont penchés sur l’instabilité qui secoue l'Afrique de l'ouest et le Sahel. Pour Doudou Dia, Directeur exécutif du Gorée Institute, le salut de l’Afrique passera par une gouvernance inclusive, endogène et une réhabilitation des valeurs culturelles du continent.
Alors que l’Afrique de l’Ouest et le Sahel font face à une recrudescence d’instabilités politiques, le modèle démocratique actuel semble montrer ses limites. C’est dans ce contexte que le Gorée Institute (Centre pour la Démocratie, le Développement et la Culture en Afrique) a ouvert, ce lundi à Dakar, une réflexion de fond sur le thème : « Repenser la démocratie en contexte d’instabilité : stratégies pour une gouvernance endogène et inclusive en Afrique de l’Ouest et au Sahel ».
Pour Doudou Dia, le problème ne réside pas dans les principes mêmes de la démocratie qu’il qualifie de « nobles », mais dans leur application et l’incarnation du pouvoir. Il pointe du doigt une crise profonde du leadership politique. « La dette que nos dirigeants ont vis-à-vis des citoyens, c'est d'avoir des leaders qui puissent incarner une certaine forme de légitimité (...) des leaders qui aiment le peuple et qui puissent servir ce peuple-là », a-t-il martelé.
Selon le Directeur du Gorée Institute, l’Afrique a trop longtemps ignoré ses propres richesses institutionnelles. Il plaide pour une réintégration des légitimités traditionnelles, souvent perçues comme des obstacles alors qu'elles constituent, selon lui, une valeur ajoutée indispensable : « Il n'y a pas un peuple qui se développe sans sa culture ».
L'un des points forts de l'intervention de M. Dia repose sur le lien direct entre précarité sociale et crises politiques. Pour lui, l'instabilité est le fruit de besoins de base non satisfaits. Justice, économie, éducation : tant que ces piliers font défaut, le « cycle infernal » se poursuivra. Le diagnostic est sévère sur l'état actuel des institutions : Des libertés de plus en plus dévoyées, des citoyens qui ne se reconnaissent plus dans leurs instances dirigeantes, un fossé qui se creuse entre les élus et les populations, notamment les jeunes, les femmes et les personnes vivant avec un handicap.
Doudou Dia a particulièrement insisté sur le rôle de la jeunesse. Ne plus se contenter d'informer, mais impliquer : tel est le mot d'ordre. Il appelle à ce que le citoyen devienne un « co-producteur » des politiques publiques, dénonçant au passage les décisions prises dans des « officines » closes, qu'elles soient locales ou étrangères.
« Quand les citoyens ne sont pas impliqués, il y a certaines formes de frustrations qui naissent. Et ces frustrations produisent des tensions... qui produisent des crises et des conflits », prévient-il.
Enfin, face aux convoitises des grandes puissances mondiales, le Gorée Institute exhorte le continent à reprendre sa souveraineté intellectuelle et politique. Sans prôner l’autarcie, Doudou Dia invite les Africains à « penser par eux-mêmes » pour que l’Afrique ne soit plus un terrain de jeu, mais le protagoniste majeur de son propre devenir dans un monde d'interactions.
Alors que l’Afrique de l’Ouest et le Sahel font face à une recrudescence d’instabilités politiques, le modèle démocratique actuel semble montrer ses limites. C’est dans ce contexte que le Gorée Institute (Centre pour la Démocratie, le Développement et la Culture en Afrique) a ouvert, ce lundi à Dakar, une réflexion de fond sur le thème : « Repenser la démocratie en contexte d’instabilité : stratégies pour une gouvernance endogène et inclusive en Afrique de l’Ouest et au Sahel ».
Pour Doudou Dia, le problème ne réside pas dans les principes mêmes de la démocratie qu’il qualifie de « nobles », mais dans leur application et l’incarnation du pouvoir. Il pointe du doigt une crise profonde du leadership politique. « La dette que nos dirigeants ont vis-à-vis des citoyens, c'est d'avoir des leaders qui puissent incarner une certaine forme de légitimité (...) des leaders qui aiment le peuple et qui puissent servir ce peuple-là », a-t-il martelé.
Selon le Directeur du Gorée Institute, l’Afrique a trop longtemps ignoré ses propres richesses institutionnelles. Il plaide pour une réintégration des légitimités traditionnelles, souvent perçues comme des obstacles alors qu'elles constituent, selon lui, une valeur ajoutée indispensable : « Il n'y a pas un peuple qui se développe sans sa culture ».
L'un des points forts de l'intervention de M. Dia repose sur le lien direct entre précarité sociale et crises politiques. Pour lui, l'instabilité est le fruit de besoins de base non satisfaits. Justice, économie, éducation : tant que ces piliers font défaut, le « cycle infernal » se poursuivra. Le diagnostic est sévère sur l'état actuel des institutions : Des libertés de plus en plus dévoyées, des citoyens qui ne se reconnaissent plus dans leurs instances dirigeantes, un fossé qui se creuse entre les élus et les populations, notamment les jeunes, les femmes et les personnes vivant avec un handicap.
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