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​Dakar : les personnes handicapées interpellent l'État pour une application effective de la Loi d'Orientation Sociale



Les acteurs engagés dans la défense des droits des personnes handicapées se sont réunis, ce mardi, à Dakar, dans le cadre du programme Saxal Jaam, financé par l'Union européenne (UE).  Ils ont appelé l'Etat à l'application effective de la Loi d'Orientation Sociale (LOS), seize ans après son adoption. 

Selon les organisateurs de cette rencontre, la Loi d'Orientation Sociale a permis d'importantes avancées, notamment avec la Carte d'Égalité des Chances, le quota de 15 % dans la fonction publique, la gratuité des soins ou encore la promotion de l'éducation inclusive.

 « Les avancées restent largement théoriques, la mise en œuvre des principales dispositions étant freinée par une application incomplète des textes, un financement insuffisant et une faible effectivité des mesures prévues », ont rappelé les organisateurs.

Ils pointent notamment le retard dans l'adoption des décrets d'application, la faible opérationnalisation du Fonds d'appui aux personnes handicapées, le non-respect du quota de recrutement, la sous-représentation des personnes handicapées dans les instances de décision et l'insuffisance des mécanismes de suivi. Ils ont ainsi demandé aux autorités de prendre des actions concrètes pour faire respecter pleinement la Loi d'Orientation Sociale.

« Nous sommes toujours dans une quête de l'effectivité de la loi »

Le président de la Fédération Sénégalaise des Associations de Personnes Handicapées, Moussa Thiaré, a insisté sur l'importance de cette rencontre pour relancer le plaidoyer.

« Cet atelier est venu à son heure. La loi d'orientation sociale a vécu maintenant seize ans. Même s'il y a des efforts qui ont été consentis pour améliorer le vécu quotidien des personnes handicapées, nous sommes toujours restés dans une quête perpétuelle de l'effectivité des services visés par la Carte d'Égalité des Chances », a-t-il déclaré.

Pour lui, plusieurs chantiers demeurent prioritaires, notamment la création de la Haute Autorité chargée du handicap, l'application du quota de 15 % dans la fonction publique et la mise en place effective du Fonds d'appui aux personnes handicapées.

« Ces jeunes personnes handicapées fournissent des efforts surhumains pour accéder à des niveaux supérieurs de compétence. Il est temps que les mécanismes prévus par la loi deviennent une réalité », a plaidé Moussa Thiaré.

Le président de la FSAPH s'est toutefois réjoui de la récente adoption par le Sénégal du Traité de Marrakech, qu'il considère comme « un pas important dans la promotion de l'éducation inclusive ».

« Les lois sociales ne doivent pas attendre »

Le directeur exécutif de l'ONG 3D, Moundiaye Cissé, a appelé les autorités à dépasser le stade de l'adoption des textes. « La loi d'orientation sociale ne doit pas être une lampe qu'on admire simplement. Elle doit éclairer le quotidien des personnes handicapées, des personnes âgées et des enfants vulnérables », a-t-il déclaré.

Il a par ailleurs déploré que les lois à caractère social soient souvent appliquées avec retard. « C'est une chose d'adopter de très beaux textes, mais une autre de les appliquer. Quand il s'agit de lois à portée politique, on constate une grande célérité. Quand il s'agit de lois à portée sociale, les décrets d'application tardent, tout comme la mobilisation des financements. Les lois ont pourtant une égale dignité dès lors qu'elles sont votées par la représentation nationale », a-t-il soutenu.

À l'issue de cette journée, les organisateurs espèrent élaborer une feuille de route permettant d'accélérer l'application effective de la Loi d'Orientation Sociale.

L'État réaffirme son engagement

Présent à la rencontre, Mamadou Lamine Faty, directeur de la Promotion et de la Protection des Personnes handicapées au ministère de la Famille, de l'Action sociale et de la Solidarité, a assuré que la question fait l'objet d'un suivi particulier « au plus haut niveau» de l'Etat. « Le chef de l'État, en l'espace d'un an, a formulé plusieurs directives présidentielles qui visent l'inclusion des personnes handicapées. Parmi ces directives figure l'évaluation du dispositif de la Loi d'Orientation Sociale », a-t-il indiqué.

Selon lui, plusieurs ateliers ont déjà été organisés des ateliers avec la Fédération afin d'accélérer l'adoption des textes d'application.
« Et au-delà donc de ces ateliers qui qui visent donc l'amélioration de ces textes en vue de leur adoption, l'État du Sénégal également met en œuvre plusieurs mécanismes d'inclusion du handicap, parmi lesquels la triptyque : carte d'égalité des chances, bourse de sécurité familiale, couverture sanitaire universelle. D'autres entités également de l'État donc contribuent à l'inclusion du handicap comme la DER, le 3FPT », a-t-il souligné.

Cette journée de plaidoyer s'inscrit dans le cadre du programme Saxal Jaam, qui vise à promouvoir une gouvernance plus inclusive et le respect des droits des personnes en situation de handicap. L'atelier a réuni des représentants de l'État, des parlementaires, des collectivités territoriales, des organisations de personnes handicapées, des partenaires techniques et financiers ainsi que des acteurs de la société civile. 

Cette journée de partage et de plaidoyer a été organisée par le consortium ONG 3D, le Collectif des Organisations de la Société Civile pour les Élections (COSCE) et le Groupe de recherche et d'appui-conseil pour la démocratie participative et la bonne gouvernance (GRADEC), en partenariat avec la Fédération Sénégalaise des Associations de Personnes Handicapées (FSAPH).

Fatime Gueye

Mardi 14 Juillet 2026 - 15:48


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