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​Sénégal : le projet AVENIR tire un bilan d'impact après 7 ans de transformation rurale



​À l’heure du bilan, le projet AVENIR (Adaptation et Valorisation Entrepreneuriales en Irrigation et Agriculture Rurales) marque un tournant décisif. Entre autonomisation des femmes, résilience climatique et sécurité financière, les résultats partagés lors des ateliers de restitution à Bounkiling dessinent les contours d’un nouveau modèle de développement pour les régions de Sédhiou et Tambacounda.
 
​Financé par Affaires Mondiales Canada (AMC) avec le soutien de MEDA et du CIAT, le projet AVENIR n'est plus seulement une initiative de développement : c'est un héritage. Après sept années d'interventions intensives dans les départements de Bounkiling, Goudomp, Tambacounda et Goudiry, l'heure est à la "transition" plutôt qu'à la simple clôture.
 
​Lors de l'atelier départemental de Bounkiling, le Dr Issa Ouédraogo, représentant pays de l’Alliance de Bioversity International et du CIAT, a été un peut plus clair : « La réussite d’un projet ne se mesure pas uniquement au volume de ses investissements, mais à sa capacité à changer durablement les trajectoires d’un territoire ». Pour lui, les acquis du projet doivent désormais être intégrés dans les politiques publiques locales pour devenir des "lignes d'action permanentes".

Trois piliers pour transformer le monde rural
​Le succès d'AVENIR repose sur une approche holistique articulée autour de trois axes majeurs : l’autonomisation économique (relier les femmes et les jeunes agriculteurs aux institutions financières tout en renforçant leurs capacités managériales ), l’innovation agricole (diffuser des semences à haut rendement, tolérantes à la sécheresse, et promouvoir des systèmes d'irrigation durables pour contrer les effets du changement climatique), la gouvernance de l’eau (créer des plateformes multi-acteurs pour une gestion équitable et partagée de la ressource hydrique).

​Le témoignage de la réussite, le parcours de Mariama Mandiang
​Sur le terrain, ces concepts se traduisent par des vies transformées. Mariama Mandiang, présidente d’un GIE à Baragnini, incarne cette réussite. Son récit témoigne d'un avant et d'un après radical. « Avant, nous devions puiser l'eau manuellement à 33 mètres de profondeur. Aujourd'hui, avec les pompes solaires et les kits fournis par le projet, tout a changé », confie-t-elle.
 
Au-delà de l'équipement, c'est l'éducation financière qui a fait la différence. En apprenant à épargner et à réinvestir, Mariama a généré des revenus impressionnants : 175 000 FCFA pour une seule récolte de salades, et des ventes quotidiennes dépassant parfois les 40 000 FCFA. Ces bénéfices lui ont permis d'acquérir un congélateur et un cheval, renforçant ainsi sa force de production.

Un plaidoyer pour la mise à l'échelle
​Malgré la fin programmée du financement, l'optimisme reste de mise. Grâce aux formations en agro-nutrition et à l'abandon des intrants chimiques au profit de pratiques naturelles, les producteurs disposent désormais d'outils de résilience autonomes. « Même si le projet s'arrête, nous resterons au travail », affirme Mariama Mandiang, assurant que les bénéficiaires peuvent désormais "voler de leurs propres ailes".
 
​L’Alliance de Bioversity International et du CIAT appelle désormais les autorités locales à s’emparer des documents de capitalisation produits. L'objectif est simple : faire en sorte que l’irrigation rurale et l’appui aux PME agricoles deviennent des priorités budgétaires territoriales pour garantir que le "jardin reste vert", bien après le départ des partenaires internationaux.




Samedi 7 Février 2026 - 12:07


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