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Affaire Pape Cheikh Diallo et Cie : les détails de l'enquête sur le réseau de transmission volontaire du VIH



La Brigade de recherches de Keur Massar a démantelé un réseau impliquant douze individus, dont des personnalités publiques. Entre confessions explosives et preuves médicales, l'enquête a révélé l'ampleur d'une affaire de transmission volontaire du virus.
 
Tout a commencé par un renseignement précis parvenu aux gendarmes de la Brigade de recherches (Br). La source a signalé les agissements de Pape Salif Rall Thiam, un électricien célibataire de 21 ans résidant à Keur Massar. Ce dernier, bien que sachant qu’il est porteur du VIH, est accusé de multiplier les rapports sexuels non protégés. Le 4 février, les enquêteurs ont intercepté le jeune homme en possession d'un iPhone 11 dont le contenu va s'avérer déterminant pour la suite des investigations.
 
L'exploitation technique du téléphone a révèlé que Pape Salif Rall Thiam est un membre particulièrement actif de plusieurs groupes WhatsApp et sites de rencontres dédiés aux homosexuels. Pour confirmer les soupçons sanitaires, une réquisition est adressée au médecin-chef du Centre de santé de Keur Massar. Le certificat médical a révélé que l'électricien est formellement déclaré séropositif et bénéficie même d'un suivi médical régulier.
 
Confronté aux preuves médicales et aux données de son téléphone, rapporte « Liberation », le jeune homme a livré des aveux détaillés. Il a reconnu non seulement sa pathologie, mais a avoué avoir sciemment contaminé une dizaine d’hommes, principalement des bisexuels, rencontrés via les plateformes numériques. Il a décrit aux enquêteurs sa méthode pour « pêcher » ses partenaires dans les groupes de discussion, les séduire et obtenir des rapports sans protection.
 
Dans la foulée, il a dénoncé deux de ses amants résidant à Diamniadio, il s’agit d’ Ibrahima Camara, un commerçant de 38 ans divorcé et père d'un enfant, et Adama Diallo, un tailleur de 41 ans marié et père de deux enfants. Lors de leurs auditions, les deux hommes confirment leur séropositivité et admettent entretenir des rapports non protégés avec l'électricien, qu'ils considèrent comme leur « copine », ainsi qu'avec d'autres partenaires extérieurs.
 
L’enquête s’est accélèrée le 5 février avec l'arrestation de cinq autres individus notamment, Mansour Bassirou Baldé, agent administratif à l’UCAD, Mamadou Gning, étudiant à Dakar, Sana Ba, commerçant à Diamaguène, Bachir Ka, élève à Keur Massar, et Bécaye Faye, commerçant à Thiaroye.
 
Le 6 février, la Brigade a bouclé son opération en interpellant quatre autres personnes, Bécaye Ndiaye, brancardier à l’hôpital de Diamniadio, Djibril Dramé, artiste-chanteur résidant aux Maristes, Doudou Lamine Dieng, agent de banque, et Cheikh Ahmadou Tidiane Diallo, plus connu sous le nom de Pape Cheikh Diallo, célèbre animateur de télévision.
 
L'ensemble des mis en cause a reconnu les faits. L'artiste Djibril Dramé a expliqué avoir découvert son penchant pour les hommes à la suite d'abus subis durant son enfance. Il a admis être en couple avec Mamadou Gningue et « partager » Doudou Lamine Dieng avec l'animateur Pape Cheikh Diallo. Ces déclarations ont été corroborées par les intéressés, Doudou Lamine Dieng décrivant même l'animateur comme sa « femme » de longue date.
 
De son côté, Pape Cheikh Diallo a assumé son statut de bisexuel face aux enquêteurs. « C'est plus fort que moi, j'essaie d'arrêter mais je ne peux pas », aurait-il confié durant sa garde à vue, qualifiant ses actes de tentations irrépressibles. Toutefois, l'animateur a refusé de livrer l'identité de ses autres partenaires, bien qu'il ait confirmé sa liaison avec Doudou Lamine Dieng.
 
Ce n'est pas la première fois que l'animateur est cité dans une telle affaire, indique le journal Libération, rappelant qu’en 2019, un jeune homme nommé Cheikh Diop avait porté plainte contre lui pour transmission du VIH, affirmant que l'animateur devait en échange assurer sa protection et payer son loyer. L'affaire s'était à l'époque soldée par un arrangement à l'amiable après une audition par la Cybercriminalité.
 
Au terme de cette nouvelle enquête menée par la Br de Keur Massar, les tests réalisés ont montré que sur les douze personnes arrêtées, huit sont déclarées porteuses du VIH et participaient activement à la propagation du virus au sein de leur réseau. Les chefs d'inculpation retenus sont lourds sont « association de malfaiteurs, actes contre nature avec transmission volontaire du VIH et mise en danger de la vie d'autrui ».


Lundi 9 Février 2026 - 09:14


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