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Affaire de "licenciements abusifs": une procédure judiciaire entamée pour la saisie des comptes du Crous de Saint-Louis



Affaire de  "licenciements abusifs": une procédure judiciaire entamée pour la saisie des comptes du Crous de Saint-Louis
Les autorités de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis sont dans la tourmente. Selon le quotidien L’Observateur, en exécution d’une décision judiciaire, Me Mamadou Alpha Diallo, huissier de justice, a été mandaté par des ex-agents du Centre régional des œuvres universitaires de Saint-Louis (Crous) pour la saisie des biens de l’Institution. A cet effet, l’huissier a procédé à une saisie-attribution entre les mains de plusieurs établissements bancaires dont  CBAO, Sunu Bank Sénégal (ex-Bicis), Banque Atlantique, où l’argent du Crous de Saint-Louis serait logé.

Cette mesure conservatoire et d’exécution vise les créances détenues par ces établissements pour le compte du Crous, qui a été reconnu coupable de licenciement abusif de 12 agents recrutés entre 2021 et 2022.  

Toujours selon le journal, à l’origine de cette procédure, un contentieux social qui remonte à trois ans. Recrutés pour pallier à des départs à la retraite, 12 agents avaient initialement été engagés sous le régime  d’un contrat à durée déterminée (CDD). Leurs relations de travail s’étaient toutefois poursuivies au-delà des  échéances initiales. L’arrivée d’une nouvelle administration en 2023 marque un tournant. Celle-ci, entre mai et juin, décide de mettre un terme aux contrats, au motif de l’expiration des engagements  convenus. Estimant cette rupture dépourvue de fondement légal, les agents saisissent les tribunaux.

Saisi de cette affaire, le Tribunal du travail de Saint-Louis a rendu un verdict le 29 juillet 2024. Celui-ci retient l’existence d’un contrat à durée indéterminé entre  les protagonistes, jugeant abusif et unilatéral le licenciement des agents. En août 2025, une juridiction de second degré confirme le premier jugement. Néanmoins, elle «réforme partiellement le jugement entrepris en revoyant à la baisse le montant des indemnités compensatrices de préavis», a précisé le journal.

Un bras de fer s’engage après le jugement

Malgré cette décision devenue exécutoire, aucune issue amiable ne sera trouvée. Une mise en demeure aurait été signifiée le 12 janvier 2026 portant recouvrement de la créance de plus de 134 millions FCFA, dont près de 132 millions correspondent  aux condamnations principales. En l’absence d’une exécution volontaire ou de règlement à l’amiable, les ex-agents ont donc engagé la phase d’exécution forcée à travers une saisine adressée aux établissements bancaires.

Interrogé mardi soir sur cette procédure d’exécution, Babacar Diop, directeur du Crous, dit ne pas pouvoir confirmer si les anciens agents ont saisi  les banques. «A l’heure actuelle, où je vous parle, ni moi, ni l’agent comptable, ni notre conseil juridique n’avons reçu la notification officielle».  Il a par ailleurs précisé que le Crous compte «exercer toutes les voies de recours» juridiques «avant d’envisager le paiement» des dédommagements, ajoutant que «le dossier suit son cours» devant les tribunaux.      

Charles KOSSONOU

Jeudi 23 Juillet 2026 - 10:43


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