Le Sénégal, à l’instar de nombreux pays d’Afrique francophone doivent mieux anticiper les questions géopolitiques.
Notre pays a récemment été pris au dépourvu par l’Union européenne dans le cadre des accords de pêche. En devançant le pays et en "coupant l'herbe sous ses pieds", l'Union européenne a créé une situation délicate pour le Sénégal mettant en lumière l’urgence d’une meilleure anticipation stratégique.
Il est souhaitable que des situations similaires ne se reproduisent pas, notamment sur les questions militaires et monétaires.
Sur le plan militaire : éviter un contournement
L’annonce du retrait des bases militaires françaises est une décision symbolique forte qui renforce la souveraineté nationale. C'est à saluer. Cependant, l’absence de calendrier précis risque d’entacher cette initiative. À terme, cela pourrait affaiblir la crédibilité du Sénégal et entraîner une situation difficile sur la scène internationale.
Pour y remédier, il est crucial d’élaborer un plan de retrait clair et transparent, accompagné d’une montée en puissance des capacités de défense nationale. En parallèle, le Sénégal gagnerait à diversifier ses partenariats stratégiques pour réduire sa dépendance militaire envers un seul acteur. Je demeure persuadé que les nouvelles autorités travaillent d'arrache-pied sur la problématique
Sur le plan monétaire : anticiper la fin du franc CFA
Le débat autour du franc CFA demeure central. Je fais partie de ceux qui pensent que la France n’a plus les moyens de maintenir son influence économique sur cette monnaie, d’autant qu’elle fait face à d’autres priorités stratégiques et à des difficultés économiques. Il est donc plausible qu’elle prenne un jour l’initiative de rompre cet accord historique, plaçant les pays de la zone franc devant le fait accompli.
Face à cette perspective, une transition maîtrisée est indispensable. Les pays concernés doivent anticiper cette rupture en renforçant leurs institutions monétaires nationales et en accélérant les discussions autour de l’Eco, tout en s’assurant de son indépendance réelle.
Construire une planification stratégique durable
Ces enjeux soulignent la nécessité d’une planification stratégique à long terme. Cela passe par :
1 La création de cadres régionaux de négociation pour peser face aux partenaires internationaux.
2 Le renforcement des capacités internes en matière de défense et d’économie.
3 Une sensibilisation accrue des citoyens sur les questions de souveraineté nationale.
En anticipant les changements globaux et régionaux, le Sénégal et ses partenaires de la zone francophone peuvent transformer les défis actuels en opportunités. La souveraineté nationale, qu’elle soit économique, monétaire ou militaire, ne se décrète pas: elle se construit avec méthode et détermination.
Magaye GAYE
Notre pays a récemment été pris au dépourvu par l’Union européenne dans le cadre des accords de pêche. En devançant le pays et en "coupant l'herbe sous ses pieds", l'Union européenne a créé une situation délicate pour le Sénégal mettant en lumière l’urgence d’une meilleure anticipation stratégique.
Il est souhaitable que des situations similaires ne se reproduisent pas, notamment sur les questions militaires et monétaires.
Sur le plan militaire : éviter un contournement
L’annonce du retrait des bases militaires françaises est une décision symbolique forte qui renforce la souveraineté nationale. C'est à saluer. Cependant, l’absence de calendrier précis risque d’entacher cette initiative. À terme, cela pourrait affaiblir la crédibilité du Sénégal et entraîner une situation difficile sur la scène internationale.
Pour y remédier, il est crucial d’élaborer un plan de retrait clair et transparent, accompagné d’une montée en puissance des capacités de défense nationale. En parallèle, le Sénégal gagnerait à diversifier ses partenariats stratégiques pour réduire sa dépendance militaire envers un seul acteur. Je demeure persuadé que les nouvelles autorités travaillent d'arrache-pied sur la problématique
Sur le plan monétaire : anticiper la fin du franc CFA
Le débat autour du franc CFA demeure central. Je fais partie de ceux qui pensent que la France n’a plus les moyens de maintenir son influence économique sur cette monnaie, d’autant qu’elle fait face à d’autres priorités stratégiques et à des difficultés économiques. Il est donc plausible qu’elle prenne un jour l’initiative de rompre cet accord historique, plaçant les pays de la zone franc devant le fait accompli.
Face à cette perspective, une transition maîtrisée est indispensable. Les pays concernés doivent anticiper cette rupture en renforçant leurs institutions monétaires nationales et en accélérant les discussions autour de l’Eco, tout en s’assurant de son indépendance réelle.
Construire une planification stratégique durable
Ces enjeux soulignent la nécessité d’une planification stratégique à long terme. Cela passe par :
1 La création de cadres régionaux de négociation pour peser face aux partenaires internationaux.
2 Le renforcement des capacités internes en matière de défense et d’économie.
3 Une sensibilisation accrue des citoyens sur les questions de souveraineté nationale.
En anticipant les changements globaux et régionaux, le Sénégal et ses partenaires de la zone francophone peuvent transformer les défis actuels en opportunités. La souveraineté nationale, qu’elle soit économique, monétaire ou militaire, ne se décrète pas: elle se construit avec méthode et détermination.
Magaye GAYE
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