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Afrique: les pays pétroliers dans la tourmente du coronavirus

La crise mondiale enclenchée sur les marchés pétroliers par la pandémie va avoir des répercussions douloureuses pour les producteurs africains de pétrole. Avec un baril passé de 60 à 30 dollars en quelques mois, beaucoup se retrouvent face à une situation intenable.



Chercheur à L’iFRI et spécialiste de la géopolitique du pétrole, Benjamin Augé vient de consacrer une longue analyse aux répercussions de la pandémie sur les pays pétroliers africains. Et le tableau n’est pas réjouissant, la chute des cours du brut s’ajoute une baisse de la production dans certains pays depuis quelques années.
 
« C’est le cas de l’Algérie, de l’Angola, de la Guinée Équatoriale et du Gabon, jusqu’à l’année dernière. Les budgets des états qui sont basés sur le cours du baril sont donc impactés doublement, par une baisse du volume et par une baisse des prix. »
 
L’arrêt partiel des économies, chinoise et européenne, a fait chuter les ventes d’or noir sur le marché mondial. La concurrence est vive et seuls les plus rentables s’en sortent. Benjamin Augé
 
« Comme la Chine a énormément diminué sa consommation et que c’est le premier importateur de brut du monde, ceux qui en profitent le plus ce sont les pays du Golfe qui peuvent encore se permettre de proposer des prix extrêmement bas, parce que leurs coûts de production sont très faibles. Moins de cinq dollars, pour l’Arabie saoudite. Et les pays africains qui ont un coût de production plus élevé, se retrouvent devant un nombre de cargo plein, au large de leurs côtes dont ils ne savent quoi faire. Et c’est le cas du Nigeria actuellement qui n’arrive pas à écouler son pétrole déjà produit. »
 
En Afrique, la crise des cours du pétrole en 2014 avait engendré une série de discours sur la nécessité de diversifier les économies pétrolières. Mais pour Benjamin Augé, la prise de conscience n’a pas vraiment débouché sur des changements significatifs.
 
« Vous avez ce phénomène qui est que l’on parle beaucoup de diversification quand les prix du pétrole sont très bas, et c’est normal car il y a alors des problématiques budgétaires qui se mettent en place, et dès que le baril remonte (il ne faut pas oublier qu’il y a trois mois encore le baril était très largement à plus de 50 dollars), tous les discours et toutes les stratégies vouées à diversifier l’économie s’arrêtent. Ce qui fait qu’il n’y a pas de politique de long terme pour réellement diversifier les choses. Et quand il y en a une, comme c’est le cas au Gabon, ce n’est pas du tout de nature à compenser l’importance du secteur pétrolier. »
 
Résultats des pays comme le Gabon, la République du Congo, Le Nigeria, l’Angola et la Guinée Equatoriale vont se retrouver rapidement face à une crise de liquidités. Certains comme le Nigeria peu endetté, peuvent emprunter sur les marchés financiers, ce qui n’est pas le cas pour les autres, déjà sous perfusion du FMI. Le fonds qui devra trouver d’autres mécanismes pour éviter une crise générale dans ces pays.

RFI

Jeudi 26 Mars 2020 - 08:25



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