Le drame dans la bande de Gaza ne fait absolument grâce de personne. Le territoire palestinien, avant le 7-Octobre, était peuplé à 70% par des habitants de moins de 30 ans, selon les données du Bureau central des statistiques palestinien. Quant aux personnes de plus de 60 ans, elles représentaient à peine 5% de la population. Mais elles n’ont pas été épargnées pour autant par la guerre menée par Israël, qui a souvent masqué leurs vulnérabilités et leurs besoins spécifiques.
« Dans les zones de conflit, les personnes âgées font face non seulement à la violence, mais aussi à d’autres difficultés graves, telles que l’inaccessibilité des abris, la perturbation des systèmes d’aide, le manque d’accès aux soins de santé et à d’autres services de base, et l’exposition à des traumatismes », rappelle l’ONU dans un rapport de juillet 2025 intitulé « Les personnes âgées dans les conflits armés et la consolidation de la paix ».
Les « grands oubliés »
Au cours des 19 premiers jours de la guerre à Gaza en 2023, les personnes âgées représentaient 8,6% des décès, un chiffre considérable au vu de leur poids dans la population. Plus de 4 800 d'entre elles ont été tuées dans l’enclave palestinienne entre octobre 2023 et décembre 2025. Mais ce chiffre n’inclut pas les morts indirectes dues à la crise sanitaire qui frappe cette fragile catégorie de la population. Et au plus fort des frappes israéliennes, certains chirurgiens ont dû agir comme dans les hôpitaux de guerre : faire le tri entre les blessés.
« Dans la course pour échapper aux bombes, certaines personnes âgées n’ont pas pu être transportées par manque de moyens mécaniques, mais aussi parce qu’il n'y avait même pas d'ânes avec des charrues, analyse Aymeric Elluin, responsable du plaidoyer « Armes et conflits » au sein de l'ONG Amnesty International France. Les bras manquent aussi pour déplacer ces personnes, pour aller vite et se sauver. Tout conflit met à mal les solidarités parce que tout d'un coup, on est confronté à des situations absolument inattendues. Quand il y a des enfants à porter, certaines personnes âgées préfèrent se sacrifier et ne pas se déplacer. »
Comment rester en vie quand on est souvent multi-dépendant ? « Les personnes âgées sont les parents pauvres des conflits, les grands oubliés, à partir du moment où elles ne sont pas considérées en tant que telles parce que ne pouvant pas faire entendre leur voix, ne pouvant pas participer à la vie de tous les jours, poursuit Aymeric Elluin. Dans les guerres, on les oublie d'autant plus facilement qu'elles ne peuvent pas, par exemple, supporter les déplacements. »
Dans la bande de Gaza, la situation des personnes âgées est inédite par rapport à d’autres conflits. En Ukraine par exemple, il existe des zones où il n'y a pas de combats, où des infrastructures sont disponibles pour les accueillir : dispensaires de santé, hôpitaux, maisons de retraite, etc. Dans l’enclave palestinienne, tout a été ciblé et détruit, et plus de 60 millions de tonnes de gravats exigent d'être déblayées pour pouvoir reconstruire.
« Dans les zones de conflit, les personnes âgées font face non seulement à la violence, mais aussi à d’autres difficultés graves, telles que l’inaccessibilité des abris, la perturbation des systèmes d’aide, le manque d’accès aux soins de santé et à d’autres services de base, et l’exposition à des traumatismes », rappelle l’ONU dans un rapport de juillet 2025 intitulé « Les personnes âgées dans les conflits armés et la consolidation de la paix ».
Les « grands oubliés »
Au cours des 19 premiers jours de la guerre à Gaza en 2023, les personnes âgées représentaient 8,6% des décès, un chiffre considérable au vu de leur poids dans la population. Plus de 4 800 d'entre elles ont été tuées dans l’enclave palestinienne entre octobre 2023 et décembre 2025. Mais ce chiffre n’inclut pas les morts indirectes dues à la crise sanitaire qui frappe cette fragile catégorie de la population. Et au plus fort des frappes israéliennes, certains chirurgiens ont dû agir comme dans les hôpitaux de guerre : faire le tri entre les blessés.
« Dans la course pour échapper aux bombes, certaines personnes âgées n’ont pas pu être transportées par manque de moyens mécaniques, mais aussi parce qu’il n'y avait même pas d'ânes avec des charrues, analyse Aymeric Elluin, responsable du plaidoyer « Armes et conflits » au sein de l'ONG Amnesty International France. Les bras manquent aussi pour déplacer ces personnes, pour aller vite et se sauver. Tout conflit met à mal les solidarités parce que tout d'un coup, on est confronté à des situations absolument inattendues. Quand il y a des enfants à porter, certaines personnes âgées préfèrent se sacrifier et ne pas se déplacer. »
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