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Bouno : la banane, un moteur économique face aux défis de la filière



Bouno : la banane, un moteur économique face aux défis de la filière
Dans le Boudié, la bananeraie de Bouno s’impose comme l’un des principaux moteurs de l’activité agricole locale. Située dans la commune de Bambaly, à 18 kilomètres de Sédhiou, cette exploitation de 15 hectares, créée en 1981 dans le cadre du programme public « Petits projets ruraux », est aujourd’hui gérée par le GIE « Hoormo ni bougna ».

Selon l’Agence de presse sénégalaise (APS), elle regroupe des producteurs de plusieurs villages et mobilise plus de 150 acteurs. Avec une production annuelle estimée entre 500 et 900 tonnes, pour un chiffre d’affaires pouvant atteindre 200 millions de francs CFA, le périmètre détient le record de production de banane en Casamance. La production est notamment acheminée vers Dakar, la Gambie et la Guinée-Bissau.

«On n’a rien à envier aux grandes villes»

Au-delà de son poids économique, la bananeraie joue un rôle important dans les conditions de vie des populations. Les revenus tirés de la production permettent aux familles de financer la scolarité, les soins et les dépenses quotidiennes. « Grâce aux recettes tirées de ce périmètre, des habitations en pailles ont été remplacées par des bâtiments dignes de ce nom, avec toutes les commodités nécessaires », témoigne Toumany Diba, président du GIE « Hoormo ni bougna ». Selon lui, cette activité contribue également à limiter l’exode rural et l’immigration irrégulière des jeunes. « On n’a rien à envier aux grandes villes », affirme-t-il avec espoir.

Malgré ces résultats, la filière reste confrontée à plusieurs obstacles. L’enclavement du site, le coût élevé du fonctionnement des groupes électrogènes, le manque d’engrais et l’absence de chambre froide compliquent le travail des producteurs. La commercialisation constitue également un défi pour les femmes qui écoulent les récoltes dans les marchés et les loumas de la région.

Sounkarou Fofana, commerçante, parcourt chaque jour plusieurs kilomètres pour s’approvisionner avant de revendre les bananes au marché central de Sédhiou. Elle fait face aux difficultés liées au transport, à la conservation et aux pertes lorsque les produits ne trouvent pas rapidement preneur. Le secrétaire général du GIE, Bourama Daffé, plaide ainsi pour un accompagnement accru des autorités et encourage les jeunes à s’intéresser davantage à l’agriculture.

Un appel à l’aide

La transformation apparaît enfin comme une piste pour mieux valoriser la production et réduire les pertes. Farine, couscous, chips, confiture, jus ou banane séchée pourraient permettre de diversifier les revenus et de créer davantage d’emplois, notamment pour les femmes et les jeunes. Maguette Traoré estime toutefois que le secteur a besoin d’équipements et de financements adaptés. « Nous avons besoin de machines et d’un meilleur accompagnement pour augmenter notre production. Nous souhaitons aussi accéder à des marchés plus importants afin de mieux vendre nos produits », explique-t-elle.

Pour les acteurs de la filière, le développement de la transformation locale, l’amélioration des infrastructures et l’accès au financement pourraient permettre à la bananeraie de Bouno de renforcer encore son rôle dans l’économie de Sédhiou.

Hapsatou Kane

Lundi 21 Septembre 2026 - 19:58


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