Dimanche matin, un groupe d’Imbonerakure, des membres de la ligue des jeunes au pouvoir, a arrêté un taxi-moto qui transportait un gros sac recouvert de boutures de patates douces. Ils ouvrent alors ce sac et y découvrent, selon des sources sur place, dix kalachnikovs et 38 chargeurs. Le motard, lui, aurait réussi à fuir.
Ces jeunes militants du parti présidentiel en réfèrent alors à la police qui décide de perquisitionner cette colline dans la province de Muyinga, quelque 280 kilomètres au nord-est de la capitale Bujumbura. Vingt autres kalachnikovs sont alors découvertes, explique Aline Manirabarusha, la gouverneure de cette province. C’est du jamais-vu, un coup de filet extraordinaire, le plus important jamais opéré de mémoire de policier.
La police a alors procédé à l’arrestation de 31 personnes, toutes membres du FNL d’Agathon Rwasa, le principal leader de l’opposition. « Ils étaient sur une liste découverte sur place d’un groupe de gens qui voulaient perturber la paix et la sécurité », justifie la gouverneure. Mais dans le camp d’Agathon Rwasa, on dément. On parle d’un coup monté dans le but de détruire la principale force d’opposition.
La nervosité des autorités burundaises s’explique par le fait que des rumeurs persistantes font état depuis plusieurs jours d’une infiltration de groupes armés en provenance d’un pays voisin dans cette zone frontalière du Rwanda et de la Tanzanie.
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