Des tribunes récentes s’opposent avec vigueur à l’idée de voir Macky Sall accéder à des responsabilités au sein de l’ONU. L’argument du Dr Tidiane Sow est frontal : l’Afrique, écrit-il, ne doit pas proposer un candidat qui aurait besoin de l’immunité internationale pour « dormir tranquille ». La formule est forte. Elle frappe. Mais elle pose surtout une question plus large : que signifie aujourd’hui juger la légitimité d’un candidat à la direction d’une organisation mondiale ?
L’histoire de l’ONU elle-même invite à la prudence avant de transformer les controverses politiques nationales en verdict moral global.
L’exemple de Kurt Waldheim reste à cet égard éclairant. Né en 1918 et mort en 2007, diplomate autrichien, Waldheim fut secrétaire général de l’ONU de 1972 à 1981, avant de devenir président de l’Austria entre 1986 et 1992. Pourtant, sa carrière fut rattrapée dans les années 1980 par une controverse majeure : des révélations mirent au jour le fait qu’il avait caché une partie de son passé pendant la Seconde Guerre mondiale, notamment son service comme officier dans la Wehrmacht dans les Balkans.
Une commission internationale conclut qu’aucune preuve ne démontrait sa participation directe à des crimes, mais qu’il avait été informé d’exactions commises par les forces nazies. La polémique fut telle que les United States le placèrent un temps sur une liste d’interdiction d’entrée. Pourtant, cela n’effaça ni son passage à la tête des Nations unies ni le fait que l’organisation avait fonctionné sous son autorité pendant près d’une décennie.
Ce rappel historique ne vise pas à banaliser les controverses. Il souligne simplement une réalité : les institutions internationales ont souvent été dirigées par des personnalités dont les parcours étaient discutés, contestés, voire réinterprétés à la lumière de nouveaux débats historiques. L’ONU n’a jamais été un sanctuaire de biographies immaculées. Elle est d’abord un lieu de compromis politiques entre États.
Dans ce contexte, transformer la candidature éventuelle de Macky Sall en question morale absolue relève peut-être davantage du débat politique interne que d’un jugement universel.
Une vieille fable du village malien de Bougouni offre ici une métaphore utile. Dans ce village, raconte-t-on, lorsque les enfants passent les examens de fin d’année, chaque famille consulte le sorcier pour s’assurer que l’enfant du voisin échoue. On appelle cette pratique le « bougounika ». L’histoire rappelle une évidence : empêcher le voisin de réussir semble parfois plus urgent que de réussir soi-même.
Appliquée au débat actuel, la leçon est simple. Les intrigues et les procès d’intention n’ont jamais suffi à arrêter une trajectoire politique lorsque celle-ci rencontre un contexte international favorable.
Il ne s’agit pas de décréter que Macky Sall est le candidat idéal. La question mérite débat. Mais ce débat gagnerait à s’élever au-dessus des insinuations sur une prétendue recherche d’immunité. L’Afrique, pour reprendre les mots mêmes de ses détracteurs, mérite en effet mieux que des querelles de soupçon.
Elle mérite un débat politique à la hauteur de ses ambitions.
L’histoire de l’ONU elle-même invite à la prudence avant de transformer les controverses politiques nationales en verdict moral global.
L’exemple de Kurt Waldheim reste à cet égard éclairant. Né en 1918 et mort en 2007, diplomate autrichien, Waldheim fut secrétaire général de l’ONU de 1972 à 1981, avant de devenir président de l’Austria entre 1986 et 1992. Pourtant, sa carrière fut rattrapée dans les années 1980 par une controverse majeure : des révélations mirent au jour le fait qu’il avait caché une partie de son passé pendant la Seconde Guerre mondiale, notamment son service comme officier dans la Wehrmacht dans les Balkans.
Une commission internationale conclut qu’aucune preuve ne démontrait sa participation directe à des crimes, mais qu’il avait été informé d’exactions commises par les forces nazies. La polémique fut telle que les United States le placèrent un temps sur une liste d’interdiction d’entrée. Pourtant, cela n’effaça ni son passage à la tête des Nations unies ni le fait que l’organisation avait fonctionné sous son autorité pendant près d’une décennie.
Ce rappel historique ne vise pas à banaliser les controverses. Il souligne simplement une réalité : les institutions internationales ont souvent été dirigées par des personnalités dont les parcours étaient discutés, contestés, voire réinterprétés à la lumière de nouveaux débats historiques. L’ONU n’a jamais été un sanctuaire de biographies immaculées. Elle est d’abord un lieu de compromis politiques entre États.
Dans ce contexte, transformer la candidature éventuelle de Macky Sall en question morale absolue relève peut-être davantage du débat politique interne que d’un jugement universel.
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