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Centenaire d’Abdoulaye Wade : Meissa Sall dévoile les coulisses des campagnes sous haute tension



À l’approche du centenaire de l’ancien président sénégalais Abdoulaye Wade, prévu les 4 et 5 juin au Grand Théâtre de Dakar, Meissa Sall, son ancien chef de protocole et fidèle compagnon de route, livre des souvenirs marquants des premières années du Parti démocratique sénégalais (PDS).

Aujourd’hui âgé de près de 80 ans, l’ancien député libéral évoque plusieurs localités qui ont marqué l’histoire du parti fondé en 1974. Parmi elles figurent Makacoulibantang, dans la région de Tambacounda, Loro dans le département de Kébémer et Joal, qu’il considère comme des étapes décisives dans la conquête politique menée par Abdoulaye Wade.

Revenant sur une campagne particulièrement tendue à Joal, Meissa Sall raconte que des mesures exceptionnelles avaient été prises pour assurer la sécurité du leader libéral.
« Si je prends la bataille de Joal, nous étions obligés de mettre [Abdoulaye] Wade dans une R4 blanche. Et on lui a mis une cagoule pour qu’il ne puisse pas être reconnu, parce que les Tontons Macoutes qui étaient sur le rond-point pouvaient l’assassiner», s’est-il souvenu.

Selon lui, les campagnes électorales de l’époque se déroulaient dans un climat particulièrement hostile. «J’ai toujours dirigé toutes les campagnes électorales de (Abdoulaye) Wade jusqu’en 2000. Je vous assure que c’étaient des moments durs, très durs (…) Des groupes étaient parfois prêts à s’attaquer à nos convois et à nos caravanes », a-t-il affirmé à l'Agence de Presse Sénégalaise.

Parmi les épisodes qui l’ont le plus marqué figure celui de Makacoulibantang. En pleine campagne, des opposants auraient bloqué l’accès à la localité en abattant des arbres pour barrer la route.
«A Makacoulibantang, en pleine campagne électorale, des forces ennemies ont coupé des arbres pour ériger des barrières. Bloqué, Me Wade est aussitôt sorti de son véhicule, a ouvert la malle et a sorti son fusil de chasse. Il n’a pas tiré, mais un certain H.D, qui était de Ouakam, a tiré en l’air pour dissuader les adversaires», a raconté Meissa Sall.

C’est ainsi que l’entrée à Makacoulibantang a été rendue possible. Depuis, ce gros village  voue une immense considération à Abdoulaye Wade dont la formation politique sorte toujours victorieuse dans cette localité lors des différentes joutes électorales.
« Il n’y a qu’une seule femme qui a assisté à cette bataille-là, elle s’appelait Kouro Seck », s’est-il rappelé.

L’ancien chef de protocole évoque également le rôle des « calots bleus », groupe chargé de l’escorte et de la sécurité du leader libéral. Avant l’arrivée de Pape Samba Mboup à ce poste, Meissa Sall affirme avoir lui-même coordonné les véhicules, les gardes du corps ainsi que les membres de cette structure.
« Nous étions constamment sur le terrain. À chaque déplacement, nous prenions toutes les précautions nécessaires pour assurer notre sécurité », a-t-il expliqué.

Cette période de fortes tensions politiques l’avait même conduit à se préparer à d’éventuelles arrestations. « Ma valise était toujours prête. Mon épouse y mettait le nécessaire : savon, serviette, brosse à dents et filet de bain », a-t-il confié avec émotion.

Malgré ces révélations, Meissa Sall préfère garder le silence sur certains épisodes qu’il qualifie de « missions secrètes », invoquant la discrétion qui caractérisait, selon lui, Abdoulaye Wade.
Actuel secrétaire national chargé des anciens du PDS et ancien sénateur, il estime que l’histoire du parti est intimement liée aux sacrifices consentis par ses militants durant plusieurs décennies de lutte politique.
 

Fatime Gueye

Dimanche 31 Mai 2026 - 19:22


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