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Coronavirus, terrorisme, insécurité: les organisations féminines de l’Afrique de l’Ouest et du Sahel lancent un cri de cœur (Déclaration)



La région de l’Afrique de l’Ouest et particulièrement la région du Sahel connaît depuis près d’une décennie une situationsécuritaire alarmante. La région dispose de plusieurs atouts et opportunités mais est malheureusement confrontée à des attaques terroristes et conflits communautaires ayant emporté des milliers de vies humaines. Ces personnes sont nos enfants, nos époux, parents, frères et sœurs qui continuent à mourir injustement.  

Dans toute la région, 6,9 millions de personnes sont aux prises avec les conséquences désastreuses des déplacements forcés. Presque 4.5 millions d’entre elles sont des déplacés dans leurs propres pays ou des réfugiés. Ils vivent dans des conditions déplorables, confrontés à la faim et sans accès aux services sociaux de base. Près de 5000 écoles ont été fermées du fait de l’extrémisme violent, ce qui ce qui entrave l’accès des enfants à l’éducation.


Dans ce contexte, les femmes et les enfants sont victimes de plusieurs violations de leurs droits (violences physiques et sexuelles) pendant les attaques, sur le chemin de l’exile et dans les lieux de déplacementet en payent le plus lourd tribut.

Plusieurs milliers de jeunes sont enrôlés de force ou par ruse par des mouvements armés devenant ainsi des bourreaux pour leurs frères et sœurs mais aussi de la chair à canon laissant au désarroi leurs parents qui ne les reverront pour la plupartjamais. Trop de sang d’innocents a coulé et cette situation est inacceptable. Le plus grave est la tendance à l’accoutumance à cette violence due à l’impunité et le ralentissement des efforts pour la recherche de solutions pacifiques et durables, gage de paix et de sécurité.


A tout ce lot de défis sécuritaires s’est greffée la pandémie de COVID-19 qui vient exacerber le drame humanitaire dans la régionDepuis la déclaration de la pandémie comme « urgence de santé publique de portée internationale » en mars 2020, le continent africain n’a pas échappé.


Le Secrétaire Général des Nations-Unies a lancé un appel le 23 Mars 2020 pour un cessez-le-feu à travers le monde pendant cette période de pandémie de COVID-19. Plusieurs Etats et partenaires ont appuyé cette initiative et mènent des actions en vue de l’arrêt des conflits dans les différents pays et notamment dans notre sous-région ouest africaine etsahélienne. En outre l’Union Africaine a déclaré l’année 2020 comme année décisive pour faire taire les armes sur l’ensemble du continent africain. 


Malheureusement, il a été noté une augmentation alarmantedes cas de violences dans plusieurs pays de la sous-région en cette période de pandémie et la menace s’étend de plus en plus aux régions côtières d’Afrique de l’Ouest

A titre d’exemples, nous pouvons citer :

Les différentes attaques terroristes au Burkina Faso, au Mali, au Nigéria et au Niger ;
Les violences causées par la crise socio-politique en Guinée ;
Les violentes contestations par les jeunes concernant les mesures prises dans différents pays ;
La recrudescence d’incidents en Casamance au Sénégal ;
L’attaque terroriste à la frontière entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso

Tous ces actes de violence, ne permettent pas de répondre etlutter efficacement contre le Coronavirus.

Par conséquent, Nous, organisations et plateformes régionales féminines de la société civile en Afrique de l’Ouest et au Sahel, lançons un cri du cœur et :

• Demandons aux mouvements armés de déclarer officiellement un cessez-le-feu pendant cette période de la pandémie, d’arrêter les attaques et de s’engager sur la voie de dialogue et de solutions pacifiques ;
• Demandons une cessation immédiate et sans condition de ces violences et actes terroristes et le respect du cessez-le -feu pendant cette période de la pandémie et à mettre la viela santé et le bien-être des populations au centre des priorités ;
• Demandons aux Etats de renforcer les mesures sécuritaires pour la protection des civils, d’éviter toutes violations des Droits de l’Homme et d’accorder une attention toute particulière aux femmes, aux jeunes et aux enfants qui constituent les cibles les plus vulnérables ;
• Invitons toutes les parties prenantes à engager des discussions sur tous les problèmes et revendications en vue d’établir un climat de paix, de confiance et de stabilité ;
• Demandons plus d’engagement de l’Union Africaine, de la CEDEAO et du G5Sahel pour appuyer les initiatives endogènes de médiation pour atteindre l’objectif de faire taire les armes sur l’ensemble de la région du Sahel.

Ce contexte de crise sécuritaire constitue un frein pour endiguer la progression de la pandémie de Coronavirus.

Nous invitons les Etats à : 

• Renforcer les mesures déjà prises pour éviter la transmission du coronavirus ;
• Accompagner les campagnes d’information et de sensibilisation initiées par les acteurs de la société civileaussi bien dans lequartiers que dans les zonestransfrontalières sur la pandémie et sur la paix, la sécurité, et les actes terroristes et de violences ;
• Lutter contre la stigmatisation des personnes et faire preuve de discernement face aux éventuelles « fausses nouvelles » (fake news) relayées par les réseaux sociaux, qui peuvent être des sources de confusion, et de conflits.
• Élaborer des politiques de sécurité alimentaire pour faire face à l'éminente menace qui pèse sur la sécurité alimentaire ;
• Mettre en place des mesures pour permettre la réouverture des écoles ;
• Prendre des mesures supplémentaires pour assurer le déroulement pacifique des élections malgré les mesures de confinement dues au COVID 19.

Nous appelons par ailleurs toutes les parties prenantes à œuvrer ensemble afin d’endiguer la pandémie et de prévenir les conflits. Pour ce faire, 

Nous condamnons : 

• Toutes sortes de violences notamment celles faites aux femmes et aux filles ;
• Le rebond de l’insécurité dans le sud du Sénégal, la Casamance, avec la reprise du conflit et l’utilisation des mines qui sont responsables de mortalités et/ou d’invalidités ;
• Les attaques terroristes au Burkina Faso, au Mali, au Nigerau Nigéria, au Tchad et en Côte d’Ivoire ;
• Les violences et les violations de droits causées par la crise socio-politique en Guinée.

Nous saluons :

• Les efforts des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la sous-région pour leur leadership et leur réactivité, les organisations de femmes pour leur engagement et les actions qu’elles ont menées aussi bien dans le domaine de la paix et la sécurité, que pour la lutte contre la pandémie de COVID-19.
• L’engagement des professionnels de la santé, de la protection civile et les forces de défense et de sécuritéainsi que celui des partenaires qui se mobilisent autour des pouvoirs publics depuis le déclenchement desmenaces sécuritaires et sanitaires.

Nous exhortons

Les populations à : 

• Observer scrupuleusement, les consignes sécuritaires et sanitaires édictées par les autorités compétentes ;
• Ne pas céder aux manipulations visant à attiser la haine et les conflits intercommunautaires et d’œuvrer en faveur du rapprochement et de la cohésion sociale ayant depuis longtemps caractérisé la région de l’Afrique de l’Ouest et du Sahel ;
• Plus de solidarité notamment par le partage de la nourriture et d'autres formes de soutien, en particulier dans les camps de déplacées et de réfugiés.

 

Nous recommandons :

• Une plus grande implication des organisations de femmes dans les actions de lutte contre la violence, les conflits, la consommation abusive de produits stupéfiants et le recrutement des jeunes par les différents mouvements armés ;
• Une mutualisation des forces des organisations de femmes de la sous-région, pour une action d’envergure sous-régionale plus efficace, portée par les organisations de la société civile avec l’accompagnement des différentspartenaires jusqu’à l’arrêt des conflits dans tous les pays de la région ;
• Un meilleur encadrement des jeunes et leur implication dans la recherche de solution et dans la gestion des conflits.

Nous souhaitons

• Prompt rétablissement aux malades et présentons nos condoléances les plus émues aux familles éplorées aussi bien du fait de la pandémie que des violences causées par les actes terroristes autres violences.
 

Les organisations régionales signataires

• Le Réseau Paix et Sécurité pour les Femmes de l’Espace CEDEAO (REPSFECO) ;
• La Plateforme des Femmes du G5 Sahel (PF-G5S) ;
• Le Réseau Ouest-Africain des Jeunes Femmes Leaders (ROAJELF),
• Le Réseau des Femmes du Fleuve Mano (REFMAP)
• Femmes Africa Solidarité (FAS)
• Partners West Africa – Sénégal (PWA);
• Le Forum des Femmes de l’espace Sénégal – Gambie – Guinée Bissau.

AYOBA FAYE

Jeudi 9 Juillet 2020 - 20:54



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