La presse s’est largement fait l’écho de la faute commise par la députée Madame Awa GUEYE, Première Vice – présidente de l’Assemblée Nationale, la semaine dernière, dans son intervention lors du vote de la motion de censure du Gouvernement.
S’en prenant aux députés libéraux, elle les a traités d’amnésiaques, au grand dam des puristes. Or, il va de soi que ce mot, ainsi que l’a noté l’opinion, et surtout la presse qui s’est délectée d’une telle « bavure », n’existe pas dans la langue de Molière. Le français considère, en effet, comme amnésique (et non amnésiaque !) une personne qui perd totalement ou partiellement la mémoire.
Les critiques et railleries de la presse à l’égard de cette députée me paraissent toutefois exagérées. Elles me semblent d’ailleurs assez mal venues au regard des énormités lexico – grammaticales que cette presse elle même nous sert dans ses livraisons quotidiennes.
Loin de moi l’intention de nier au journaliste son droit de mettre en évidence les fautes commises par ceux qui s’expriment. Cela constitue d’ailleurs, à mon sens, une œuvre d’éducation et de salubrité intellectuelle.
Mais se baser sur cette simple faute d’expression orale, commise dans un contexte où la passion se trouvait au cœur du débat politique, pour en déduire la faiblesse du niveau de cette députée, pour la railler et plus grave encore, la loger à la même enseigne que certains de ses collègues à la fois incultes et analphabètes, me parait décidément suspect. N’est on pas en train de chercher à se dédouaner en jetant l’opprobre sur l’autre ?
Car pour ceux qui ne le savent pas, Awa GUEYE, hormis ses diplômes d’Ingénierie obtenus au CESAG, est titulaire d’une Maîtrise (Bac + 4) en Philosophie à l’UCAD et d’un certificat d’Aptitude à l’Enseignement Secondaire (Bac +6), obtenu à l’Ecole Normale Supérieure de Dakar, depuis une vingtaine d’années. Elle a été à bonne école, avec d’éminents professeurs comme Souleymane Bachir DIAGNE, Mamoussé DIAGNE, les regrettés Michel LEFEUVRE, Habib MBAYE, Sémou Pathé GUEYE etc.
Les conférences qu’elle a animées dans nombre de lycées et centres culturels du Sénégal restent encore gravées dans la mémoire des élèves et de ses collègues.
Cette intellectuelle, qui a enseigné pendant une vingtaine d’années à des élèves de terminale, lesquels n’avaient de cesse de manifester leur admiration pour son discours accrocheur et l’épaisseur philosophique de ses cours, ne peut pas être rangée dans la catégorie des « Députés à Faible Niveau » (DFN).
Que ce jour là, pour parler comme Cheikh Hamidou Kane, « la langue lui ait fourché » est d’autant plus compréhensible que l’Assemblée Nationale constitue pour une nouvelle élue comme elle, un environnement nouveau, un paradigme d’incertitudes et de perplexité, jonché de pièges de toutes sortes et auquel il va falloir s’adapter rapidement.
Gageons que sous peu, lorsque cette adaptation sera effective, l’opinion goutera avec délices les analyses pertinentes, constructives et parfaitement exprimées de celle qui, par ses excellentes contributions, formulées avec engagement, intelligence, mais discrétion , a été un des artisans majeurs de la nouvelle alternance et un des piliers des l’Alliance pour la République.
François SARR
sarrefrancois@gmail.com
S’en prenant aux députés libéraux, elle les a traités d’amnésiaques, au grand dam des puristes. Or, il va de soi que ce mot, ainsi que l’a noté l’opinion, et surtout la presse qui s’est délectée d’une telle « bavure », n’existe pas dans la langue de Molière. Le français considère, en effet, comme amnésique (et non amnésiaque !) une personne qui perd totalement ou partiellement la mémoire.
Les critiques et railleries de la presse à l’égard de cette députée me paraissent toutefois exagérées. Elles me semblent d’ailleurs assez mal venues au regard des énormités lexico – grammaticales que cette presse elle même nous sert dans ses livraisons quotidiennes.
Loin de moi l’intention de nier au journaliste son droit de mettre en évidence les fautes commises par ceux qui s’expriment. Cela constitue d’ailleurs, à mon sens, une œuvre d’éducation et de salubrité intellectuelle.
Mais se baser sur cette simple faute d’expression orale, commise dans un contexte où la passion se trouvait au cœur du débat politique, pour en déduire la faiblesse du niveau de cette députée, pour la railler et plus grave encore, la loger à la même enseigne que certains de ses collègues à la fois incultes et analphabètes, me parait décidément suspect. N’est on pas en train de chercher à se dédouaner en jetant l’opprobre sur l’autre ?
Car pour ceux qui ne le savent pas, Awa GUEYE, hormis ses diplômes d’Ingénierie obtenus au CESAG, est titulaire d’une Maîtrise (Bac + 4) en Philosophie à l’UCAD et d’un certificat d’Aptitude à l’Enseignement Secondaire (Bac +6), obtenu à l’Ecole Normale Supérieure de Dakar, depuis une vingtaine d’années. Elle a été à bonne école, avec d’éminents professeurs comme Souleymane Bachir DIAGNE, Mamoussé DIAGNE, les regrettés Michel LEFEUVRE, Habib MBAYE, Sémou Pathé GUEYE etc.
Les conférences qu’elle a animées dans nombre de lycées et centres culturels du Sénégal restent encore gravées dans la mémoire des élèves et de ses collègues.
Cette intellectuelle, qui a enseigné pendant une vingtaine d’années à des élèves de terminale, lesquels n’avaient de cesse de manifester leur admiration pour son discours accrocheur et l’épaisseur philosophique de ses cours, ne peut pas être rangée dans la catégorie des « Députés à Faible Niveau » (DFN).
Que ce jour là, pour parler comme Cheikh Hamidou Kane, « la langue lui ait fourché » est d’autant plus compréhensible que l’Assemblée Nationale constitue pour une nouvelle élue comme elle, un environnement nouveau, un paradigme d’incertitudes et de perplexité, jonché de pièges de toutes sortes et auquel il va falloir s’adapter rapidement.
Gageons que sous peu, lorsque cette adaptation sera effective, l’opinion goutera avec délices les analyses pertinentes, constructives et parfaitement exprimées de celle qui, par ses excellentes contributions, formulées avec engagement, intelligence, mais discrétion , a été un des artisans majeurs de la nouvelle alternance et un des piliers des l’Alliance pour la République.
François SARR
sarrefrancois@gmail.com
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