" Saf lokho ci kaalaa mbëeth "
À l’heure où les foyers sénégalais s’apprêtent à célébrer la Tabaski dans une morosité économique étouffante, le gouvernement convoque un "Dialogue National". Officiellement, il s’agirait d’un espace de concertation pour le bien de la Nation. Officieusement, tout porte à croire que ce théâtre politique cherche à faire passer, en douce, des décisions hautement stratégiques, souvent éloignées des préoccupations du peuple.
Une fête de sacrifices… dans un pays exsangue
La Tabaski, symbole de partage et de spiritualité, devient pour de nombreux ménages un cauchemar financier. Le prix du mouton flambe, les denrées de première nécessité suivent une courbe ascendante indécente, et les familles, déjà essoufflées, peinent à joindre les deux bouts. Pendant ce temps, dans les salons climatisés du pouvoir, on débat non pas du panier de la ménagère, ni du chômage de masse qui accable la jeunesse, mais d’un agenda politique de recomposition institutionnelle.
Le dialogue : un écran de fumée ?
Que vise réellement ce dialogue national ? Plusieurs hypothèses circulent :
Renforcer les pouvoirs du Premier ministre, pour mieux recentrer les leviers décisionnels entre les mains d’un cercle restreint.
Empêcher la représentation de certaine figure politique lors des prochaines élections , par une refonte stratégique des règles électorales.
Rationaliser les partis politiques, une formule élégante pour masquer une mise au pas autoritaire de la diversité politique.
Sous couvert de modernisation ou de stabilité, ce dialogue pourrait devenir un outil de verrouillage démocratique, un moyen de pérenniser un pouvoir déconnecté des réalités populaires.
Une jeunesse abandonnée à son sort
Pendant que le sommet s’organise autour de stratégies politiques, les jeunes Sénégalais, eux, vivent l’urgence. L’urgence de l’emploi. L’urgence de l’avenir. L’urgence de l'espoir. Le rêve sénégalais s’estompe à mesure que les perspectives se rétrécissent. Le "Barça ou Barsakh" continue de séduire, car rester devient synonyme de résignation.
Face à cette tragédie silencieuse, les priorités devraient être ailleurs : relance économique, politique d’emploi massive, réforme de l’éducation, soutien à l’entrepreneuriat local, régulation du marché des denrées. Mais au lieu de cela, les projecteurs sont braqués sur des querelles de succession et de repositionnement politique.
Il est temps d'inverser l'agenda
Ce dialogue, s’il doit avoir lieu, ne peut se faire sans le peuple. Et surtout, il ne doit pas servir à régler des comptes entre élites, mais à tracer un cap commun vers un Sénégal solidaire, équitable et juste.
Ce que réclame le peuple, ce n’est pas un changement des règles du jeu entre politiciens, mais un changement de jeu tout court : celui où la jeunesse ne mendie plus sa dignité, où les familles ne se ruinent pas pour un mouton, et où l’espoir ne se monnaie pas au départ vers l’inconnu.
Mamoudou BA
République des valeurs - France
À l’heure où les foyers sénégalais s’apprêtent à célébrer la Tabaski dans une morosité économique étouffante, le gouvernement convoque un "Dialogue National". Officiellement, il s’agirait d’un espace de concertation pour le bien de la Nation. Officieusement, tout porte à croire que ce théâtre politique cherche à faire passer, en douce, des décisions hautement stratégiques, souvent éloignées des préoccupations du peuple.
Une fête de sacrifices… dans un pays exsangue
La Tabaski, symbole de partage et de spiritualité, devient pour de nombreux ménages un cauchemar financier. Le prix du mouton flambe, les denrées de première nécessité suivent une courbe ascendante indécente, et les familles, déjà essoufflées, peinent à joindre les deux bouts. Pendant ce temps, dans les salons climatisés du pouvoir, on débat non pas du panier de la ménagère, ni du chômage de masse qui accable la jeunesse, mais d’un agenda politique de recomposition institutionnelle.
Le dialogue : un écran de fumée ?
Que vise réellement ce dialogue national ? Plusieurs hypothèses circulent :
Renforcer les pouvoirs du Premier ministre, pour mieux recentrer les leviers décisionnels entre les mains d’un cercle restreint.
Empêcher la représentation de certaine figure politique lors des prochaines élections , par une refonte stratégique des règles électorales.
Rationaliser les partis politiques, une formule élégante pour masquer une mise au pas autoritaire de la diversité politique.
Sous couvert de modernisation ou de stabilité, ce dialogue pourrait devenir un outil de verrouillage démocratique, un moyen de pérenniser un pouvoir déconnecté des réalités populaires.
Une jeunesse abandonnée à son sort
Pendant que le sommet s’organise autour de stratégies politiques, les jeunes Sénégalais, eux, vivent l’urgence. L’urgence de l’emploi. L’urgence de l’avenir. L’urgence de l'espoir. Le rêve sénégalais s’estompe à mesure que les perspectives se rétrécissent. Le "Barça ou Barsakh" continue de séduire, car rester devient synonyme de résignation.
Face à cette tragédie silencieuse, les priorités devraient être ailleurs : relance économique, politique d’emploi massive, réforme de l’éducation, soutien à l’entrepreneuriat local, régulation du marché des denrées. Mais au lieu de cela, les projecteurs sont braqués sur des querelles de succession et de repositionnement politique.
Il est temps d'inverser l'agenda
Ce dialogue, s’il doit avoir lieu, ne peut se faire sans le peuple. Et surtout, il ne doit pas servir à régler des comptes entre élites, mais à tracer un cap commun vers un Sénégal solidaire, équitable et juste.
Ce que réclame le peuple, ce n’est pas un changement des règles du jeu entre politiciens, mais un changement de jeu tout court : celui où la jeunesse ne mendie plus sa dignité, où les familles ne se ruinent pas pour un mouton, et où l’espoir ne se monnaie pas au départ vers l’inconnu.
Mamoudou BA
République des valeurs - France
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