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Drame de Tianjin: les rescapés dans l’attente d’un retour à la maison

Des milliers de personnes qui habitaient autour du port de la grande ville de Tianjin, dans le nord du pays, victime d'une catastrophe industrielle, ont été évacuées. Ces habitants de Tianjin ont trouvé refuge dans des écoles de la ville, sans savoir si un jour elles pourront rentrer chez elle. Mercredi 12 août, un incendie suivi de deux explosions a frappé la zone industrielle de la 4e ville chinoise et les quartiers environnants. Plus de 110 personnes ont perdu la vie dans l'accident et 700 autres ont été blessées.



Les pompiers sont toujours en action ce samedi 15 août sur le site de la catastrophe industrielle, porteurs de masques à gaz en raison des émanations toxiques. REUTERS/China Daily
Les pompiers sont toujours en action ce samedi 15 août sur le site de la catastrophe industrielle, porteurs de masques à gaz en raison des émanations toxiques. REUTERS/China Daily

Dans la zone de l'accident, des pompiers travaillent toujours pour tenter d'éteindre les flammes, une partie du site étant toujours en feu. Ce dimanche, l'armée confirme que plusieurs tonnes de cyanure, un produit très toxique, avaient été entreposées sur le site des explosions. C'est la première confirmation officielle de la présence de ce composant chimique extrêmement dangereux dangereux sur le site.

Samedi, les autorités chinoises ont élargi le périmètre de sécurité autour de la zone de la catastrophe par crainte d'une contamination par des substances toxiques. Le cyanure de sodium (dont la présence avait été avancée par les médias mais les autorités elles parlent simplement de cyanure) peut être mortel en cas d'inhalation ou d'ingestion ou même simplement de contact avec la peau. Les quartiers autour du site ont été évacués et leurs habitants ont trouvé refuge dans des écoles ou des centres d'hébergement.

Dans les centres d'hébergement, les réfugiés prennent leur mal en patience

A l’école Taida, on refuse des bénévoles, raconte notre envoyée spéciale à Tianjin, Delphine Sureau. L’élan de solidarité qui a envahi Tianjin suffit largement pour prendre en charge les 1.000 rescapés qui y ont trouvé refuge. Huang fume une cigarette dans la cour transformée en réfectoire. Cet ouvrier du bâtiment dormait avec ses collègues dans un préfabriqué quand le port – situé à 1 kilomètre - a explosé.

 

« Boom ! Devant moi, c’était un océan de feu, raconte Huang… C’était horrible… La première nuit on a dormi sur la chaussée, et le 2e jour, notre patron nous a dit de venir dans ce centre d’accueil. On est 10 personnes par classe. Les autorités nous ont donné une natte, pour qu’on dorme par terre ». Quand on lui demande s'il sait combien de temps il devra rester dans cet abri précaire, Huang répond qu'il n'en sait rien. « Personne ne nous a rien dit, mais les autorités ont proposé de nous amener à la gare et de nous prendre un billet pour qu’on rentre dans notre région ».

Dans les couloirs reconvertis en infirmerie, dans la salle de jeux où sont stockés des vêtements neufs, on croise aussi des familles qui habitaient la résidence trop proche de la zone chimique.

Zhu Hua – et son fils de 5 ans – ont vu leur salon se changer en trou béant… 
13’ « On habite à quelques centaines de mètres, moins d’un kilomètre du site. Par la fenêtre, on pouvait voir le parking où les voitures ont brûlé. On ne pourra jamais revenir chez nous… » raconte la mère. L’école accueillera encore les réfugiés pendant une semaine. Après, Zhu Hua ne sait pas où elle ira… Mais ce sera loin de la zone du port durablement polluée par les produits chimiques.

Les autorités restent assez floues sur les circonstances de la catastrophe, mais hier, samedi les médias d'Etat ont diffusé une déclaration écrite du président Xi Jinping qui reconnaît que les explosions de Tianjin et une série d'accidents industriels récents ont « mis au jour de sérieuses défaillances dans le domaine de la sécurité au travail ».


Rfi

Dimanche 16 Août 2015 - 07:31