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Changement de Constitution en RDC: le parti présidentiel dénonce «un coup de théâtre» de l’opposition lors d’un sit-in



En RDC, réplique cinglante du parti présidentiel aux accusations de l’opposition dénonçant la répression de sa marche du 12 juin contre le projet de changement de la Constitution porté par la majorité au pouvoir, à deux ans de la fin du deuxième mandat du président. La manifestation de la Coalition Article 64 (C64) était menée notamment par les partis de Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Delly Sesanga, Matata Ponyo et des mouvements citoyens. Lors d’une matinée politique le 14 juin au siège du parti présidentiel, son chef a accusé l’opposition d’avoir menti sur des blessures et les circonstances de la dispersion de la contestation, pour discréditer le régime de Félix Tshisekedi.


Podium dressé, écran géant installé et militants mobilisés au siège de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le parti de Félix Tshisekedi, le chef de l’État de la République démocratique du Congo (RDC).

Augustin Kabuya, patron de l’UDPS, en a profité pour attaquer les opposants qu’il accuse d’avoir poursuivi un objectif bien différent de celui officiellement annoncé : « Leur objectif était d’incendier le Palais du Peuple [siège du Parlement, NDLR] afin de créer le chaos dans ce pays. Ils ont recruté des miliciens Mobondo [groupes qui sévissent dans l’ouest de la RDC, NDLR] et des gangs de Kuluna [qui commettent délits et crimes, notamment à Kinshasa, NDLR] pour accomplir de sales besognes. Cela fait quatre jours que j’attends qu’on m’identifie ces soi-disant membres de la Force du progrès, qu’on me cite leurs noms… Mais rien ! Ces opposants ont créé leur propre milice, la Force du progrès. Cela n’a rien à voir avec nous. Vous disiez vouloir organiser un sit-in, mais ce n’est pas cela, un sit-in ! Que venaient faire des machettes dans votre sit-in ? »

« Ils étaient tous vêtus de blanc et se sont aspergés de tomates » 
Puis il pointe des images et commente : « Regardez Martin Fayulu : il s’est maquillé avec je ne sais quoi sur la tête. Il a même ajouté du sparadrap pour faire croire qu’il a été blessé. Moi, j’ai pris le temps d’examiner tout le scénario qu’ils ont monté. Ils étaient tous vêtus de blanc et se sont aspergés de tomates pour faire croire qu’ils avaient été blessés. On ne s’improvise pas dans l’opposition. Ce que vous avez fait, c’est un coup de théâtre. C’est un échec, tout comme votre soi-disant journée "ville morte" du 3 juin dernier. »

Tout comme le gouvernement, le chef du parti présidentiel soutient qu’il n’y a eu aucun mort et défie l’opposition : « S’il y a eu un mort qu'ils le prouvent et qu’ils rendent visite à la famille éprouvée. »

Le 12 juin au matin, la C64 voulait tenir un sit-in devant le siège du Parlement. Les autorités l’ont interdit à cet endroit jugé « inviolable » et l'ont délocalisé. Mais l'opposition a tenu tête et les forces de l'ordre sont intervenues.

Dans un communiqué publié le 13 juin, le gouvernement a lui aussi condamné les incidents survenus vendredi. Le ministre de la Justice a rendu visite aux responsables des formations politiques concernées afin d'échanger sur les circonstances des incidents enregistrés et d'en évaluer les conséquences. Le gouvernement réaffirme, dans le communiqué, son attachement aux libertés publiques, notamment la liberté d'expression, la liberté de réunion et de manifestation pacifique. Il appelle également à la retenue.

RF

Lundi 15 Juin 2026 - 12:19


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