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Affaire Lyhanna: le Premier ministre Lecornu propose des peines à perpétuité pour les violeurs en série d'enfants



Affaire Lyhanna: le Premier ministre Lecornu propose des peines à perpétuité pour les violeurs en série d'enfants
À l'issue d'une réunion de crise avec plusieurs ministres, convoquée après le choc de l'affaire Lyhanna, le Premier ministre Sébastien Lecornu a proposé, mardi 9 juin, d'enrichir de mesures judicaires un projet de loi déjà prévue et dédiée à la protection des enfants. Le chef du gouvernement veut créer un délai maximum de trois mois d'enquête en matière de violences sur mineurs, ouvrir une réflexion sur la prescription mais aussi alourdir les peines en faisant risquer à un violeur d'enfants en série la prison à perpétuité, contre 20 ans actuellement.

Au yeux du Premier Ministre, c'est la mesure prioritaire. « La première question, c'est bien sûr l'alourdissement des peines », a déclaré Sébastien Lecornu ce 9 juin. Dans une France choquée et en colère après la mort de la jeune Lyhanna, 11 ans, le chef du gouvernement réagit. L'émotion est palpable dans le pays, alors que Jérôme Barella, cet homme de 41 ans, principal suspect dans la mort de Lyhanna, avait fait l'objet de plusieurs plaintes et signalement.

Sébastien Lecornu propose donc de renforcer les peines pour les violeurs en série de mineurs : ceux-ci pourraient encourir la réclusion criminelle à perpétuité, au lieu de 20 ans de prison actuellement. Le Premier ministre prône aussi que les actes d'enquête soient effectués « dans un délai maximal de trois mois ». Sa majorité l'approuve. La centriste Perrine Goulet, députée de la Nièvre très engagée sur la protection de l'enfance, adhère à cette proposition de Sébastien Lecornu : « Comment va-t-on pouvoir dire aux gens ''vous avez été condamné pour un, mais faites-en 40 (sic), de toutes façons, vous aurez la même peine !'' À un moment, non ! »

La droite n'est, sans surprise, pas hostile aux propositions du chef du gouvernement, tout comme l'extrême droite. Le Rassemblement nationale et sa cheffe de file, Marine Le Pen, voteront la mesure. Mais non sans tancer l'exécutif au passage, observe Raphaël Delvolvé, du service politique de RFI. « Je suis ravi que le Premier ministre reprenne une proposition de Marine Le Pen ! Nous arrivons à la fin du quinquennat d'Emmanuel Macron. Je constate que la France est un champ de ruines sur le domaine régalien », déclare Michaël Taverne, député du nord.

La gauche réclame « des moyens avant de parler encore une fois d'aggravation des peines »
Sur le papier, il y a une majorité dans l'hémicycle, même si la gauche, dans son ensemble, désapprouve l'alourdissement des peines et fera entendre sa voix. La perpétuité n'est pas la priorité selon la députée insoumise Gabrielle Cathala, du Val-d'Oise : « On devrait mettre des moyens pour que, d'abord, les plaintes soient traitées correctement, avant de parler encore une fois d'aggravation des peines. »

« La seule question pénale ne permettra pas de régler la question des violences sexuelles faites aux enfants », abonde Marceau Beauvois, de l'association Face à l'Inceste, qui rappelle que seuls 3% des agresseurs sur les enfants sont condamnés en cas de viol.

Plus que des sanctions, la gauche réclame d'abord des moyens. Ce qui n'est, à cette heure, pas la priorité d'un gouvernement souhaitant aller vite et qui choisit de faire débattre les députés de la perpétuité pour les violeurs en série à partir du 15 juillet. Quatre mesures seront au final intégrées, « dans dix jours » selon le gouvernement, au projet de loi sur la protection des enfants.


RFI

Mercredi 10 Juin 2026 - 10:48