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Emploi des jeunes: 22 avril, la der des der de Macky Sall



Emploi des jeunes: 22 avril, la der des der de Macky Sall
La gestion de la problématique de l’emploi des jeunes sera primordiale à l’heure des comptes en 2024. Qu’il se représente ou qu’il cède la place à un candidat de son camp pour la présidentielle de 2024, Macky Sall paiera, d’une façon ou d’une autre, les solutions qu’il parviendra à donner à la lancinante question de l’emploi des jeunes. Ce jeudi 22 avril au Cicad, le chef de l’Etat joue donc son vrai va-tout puisque le temps lui est compté. Il livre la der des der c’est-à-dire « la dernière des dernières » guerres. Eh oui, il s’agit bien d’une véritable guerre qu’il lui faudra désormais mener.

La problématique globale de l’emploi des jeunes dépasse en réalité la simple mesure de trouver des emplois décents à une partie de population, dont l’âge varie entre 25 et 35 ans, et qui représente environ 75 % des Sénégalais. Macky Sall semble afficher une préoccupation soutenue pour prendre à bras le corps la problématique de l’emploi des jeunes.

Le chômage des jeunes reste un véritable fléau qui fait le lit des drames existentiels des jeunes qui n’ont pas hésité ces dernières années à aller à l’assaut de la Méditerranée pour espérer sortir de la misère. Parce que jusqu’ici les réponses apportées par le régime du président Macky Sall sont loin d’avoir été à la hauteur du problème. Or, l’actuel président avait battu campagne sur le thème du chômage des jeunes. Le candidat avait promis la création d’environ 500.000 emplois par an.

Les souteneurs zélés du régime ont soutenu que ces chiffres ont été largement dépassés. Nous peinons à le croire. La furie dévastatrice des émeutes de mars prouve le contraire. Les drames dans les océans renforcent davantage cette croyance.

Cela dit, cette der des der a-t-elle été bien pensée ?
Le conseil présidentiel de Diamnadio, ce 22 avril, n’est-il pas la charrue avant le bœuf ? Le chef de l’Etat ne continue-t-il pas à être mené en bateau par son gouvernement ? A vrai dire, ce 22 avril, on risque tout simplement d’assister à un scénario hollywoodien qui surfe sur de l’irréel en omettant la réalité du drame de jeunes qui ne seront pas présents à Diamnadio, mais qui verront d’autres penser à leur places.

La solution ne consiste pas à racler les pauvres fonds des ministères pour pouvoir en l’espace de trois ans mettre sur la table 450 milliards de frs. Peut-on engager de nouveaux fonds publics alors que les structures existantes notamment la DER, l’ANPEJ, le PRODAC, le FNPJ etc. …n’ont pas rendu compte de l’utilisation de l’argent injecté par l’Etat dans la promotion de l’emploi des jeunes. Or, un audit préalable est indispensable, il nous semble, avant d’injecter de nouveaux financements dans ce combat don quichottesque contre le chômage des jeunes.

Notre conviction est que ces 450 milliards que le chef de l’Etat se propose de mobiliser en trois ans pour l’emploi des jeunes pourraient être utilisés ailleurs et utilement. Notamment pour insuffler une réelle dynamique portée par un secteur privé fort capable d’animer une économie autocentrée sur les valeurs agricoles et industrielles de notre pays. Et, donc, de créer des emplois. 

La question de la fiabilité des chiffres de l’emploi
Mais le plus déplorable, c’est l’inexistence d’outils fiables permettant de produire des données fiables sur tout ce qui a été fait par le régime depuis 2012 sur la question de l’emploi des jeunes. Que ce soit dans les centres de décision et création supposée d’emplois dans la sphère gouvernementale, dans les nombreuses agences que dans le privé, le secteur formel et informel, l’on peine aujourd’hui à obtenir une vraie visibilité sur la question. Le ministère du Travail a ses chiffres. Celui de la Fonction publique les siens.

Les ministères sectoriels pourvoyeurs d’emplois comme la Santé, l’Education, la Pêche, l’Agriculture, le Numérique, le Sport, ont aussi leurs chiffres. Des chiffres qui ne prennent pas en compte ce que font des structures comme la DER, l’ANPEJ, le PRODAC… qui ne sont pas sous la tutelle d’un quelconque ministère. Au sein du ministère du Travail de Samba Sy, l’on nous sort les emplois créés depuis 2012 par le secteur privé formel.

Tandis que le ministère de la Fonction publique gère les emplois de la fonction publique. Par exemple, au sein d’un secteur comme l’agriculture, des chiffres sont disponibles. On y compte 95 901 emplois créés et/ou consolidés par les projets et programmes du MAER. La SAED et l’ANIDA représentent respectivement 55 % et 34 % des emplois générés. La SAED, qui revendique 50 001 emplois, fait l’inventaire de tous les emplois permanents et temporaires dénombrés à chaque étape du cycle de mise en œuvre des projets et programmes d’aménagement hydroagricole dans la Vallée du Fleuve Sénégal.

Les emplois visés ici sont ceux permanents et temporaires nés, directement ou indirectement, de la mise en œuvre des activités diverses sur la période considérée. Les étapes d’études, de travaux, de mise en valeur (travail du sol et opérations culturales) et post-production sont considérées. L’ANIDA, qui dit avoir généré 35 500 emplois, s’appuie sur des modèles d’exploitation harmonieusement adossés aux différents échelons territoriaux. Finalement à quels chiffres se fier ? Ce travail de recensement pouvait être valablement confié à l’Agence nationale de la statistique et de la démographie, mais aussi aux universités à travers leurs laboratoires de recherche.

L’ANSD reste plombée par la tutelle, tandis que les moyens font défaut au sein de nos universités. Dans ces conditions, la rencontre de ce 22 avril pourrait participer à ‘ajouter à la confusion déjà en cours. Ce jeudi, Macky Sall organise donc son conseil présidentiel sur l’emploi des jeunes. Le chef de l’Etat a déjà annoncé la couleur en promettant de mettre en place une enveloppe de 450 milliards de frs dont 150 milliards dès cette année provenant des budgets de ministères et autres structures qui vont devoir se serrer la ceinture.

Le document de présentation de ce plan « Marshall » de création d’emplois pour les jeunes sera piloté par le ministre de l’Economie et du Plan, Amadou Hott, qui en déclinera les grandes lignes. Ce document a été déjà adopté en Conseil des ministres. Hélas, la démarche adoptée pose problème puisqu’elle n’a pas été consensuelle, ni partagée par l’ensemble des intervenants au niveau du Gouvernement. Les ministères sectoriels (de l’Emploi, du Travail, de l’Agriculture, de la Pêche, de la Santé, de la Jeunesse, de l’Environnement…) n’ont pas été véritablement associés dans l’élaboration de la stratégie concoctée par les services de Amadou Hott qui « se sont enfermés dans leurs bureaux pour sortir de leur imagination les solutions à cette question » ironise-t-on dans certains ministères.

Ne parlons pas de la jeunesse qui doit être écoutée et dont les préoccupations devraient être mises en avant dans une problématique qui les concerne en premier. D’ailleurs au niveau des hautes sphères de l’Etat, on rouspète en silence. « La problématique de la prise en charge de l’emploi des jeunes est une préoccupation ancienne. Ce n’est pas parce que les émeutes de mars ont rappelé cette lancinante question qu’on doit se précipiter. Cette problématique est transversale. Elle doit faire l’objet de concertations sérieuses et profondes qui nécessitent au préalable l’état des lieux des structures qui existent depuis 2012 et qui ont été au cœur de cette question » souligne un haut fonctionnaire. Ce dernier n’est d’ailleurs pas prêt à parier un kopeck d’optimisme sur ce qui va se passer ce 22 avril au CICAD de Diamnadio. S’il ne parle pas d’une messe supplémentaire, il n’en est pas loin selon la posture affichée.

De son point de vue, l’Etat doit s’y prendre sérieusement sur la question de l’emploi des jeunes, quitte à prendre un peu de temps et de recul. sur la question. En tout cas, tout donne l’impression que la der des der est partie pour être un raté dont les conséquences pourraient s’impacter réellement sur la présidentielle de 2024. Macky Sall sera le seul et unique responsable de l’échec puisqu’il sera seul à rendre compte devant les Sénégalais. Il n’est pas trop tard pour le chef de l’Etat de reprendre les choses en main.

Ce 22 avril Diamnadio ne sera qu’un moment, mais pas l’essentiel qui est ailleurs. C’est surtout de donner une réelle orientation à notre économie dans sa globalité. Le Programme d’actions prioritaires (PAP) 2019-2023 de 14.217 milliards concocté comme sortie de la crise de la Covid2 devait suffire pour prendre en charge cette problématique. Malheureusement, c’est comme si ce 22 avril venait remettre alors en cause ce PAP 2 relativement en tout cas à l’importante question de l’emploi des jeunes...

Par Moustapha Boye, Le Témoin

AYOBA FAYE

Jeudi 22 Avril 2021 - 11:06


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