Face à la presse, le ton est grave. Le ministre de l’Agriculture, Bruno Nabagné Koné, reconnaît une décision difficile. « Cette décision n’a pas été prise de gaieté de cœur. Nous aurions souhaité un meilleur prix », a déclaré le ministre ivoirien de l’Agriculture en annonçant le nouveau tarif d’achat aux planteurs pour la campagne intermédiaire, entamée dimanche dernier.
« Les cours du cacao sur le marché international nous obligent à procéder à un réajustement », a-t-il ajouté.
Conséquence : le prix bord champ passe à 1 200 francs CFA le kilogramme, contre 2 800 francs CFA lors de la campagne principale. Un niveau alors présenté comme historique. En un an, les cours mondiaux du cacao ont chuté d’environ 60 % et ont fragilisé la filière. Certains producteurs affirment ne pas avoir été intégralement payés pour leurs récoltes.
La semaine dernière, Bruno Nabagné Koné indiquait à RFI que 64 000 des quelque 100 000 tonnes de cacao entreposées avaient été rachetées par l’État.
Une baisse du prix à 1 200 francs CFA qui est donc une correction pour s'aligner sur le prix des marchés. Le Conseil café cacao n'avait pas vraiment le choix. En tout cas, c'est surtout une mauvaise nouvelle pour les producteurs. Plusieurs affirment rencontrer des retards ou des difficultés de paiement pour des volumes déjà livrés.
Pour l’économiste Ousmane Diomandé, cette situation met en lumière la forte exposition du pays aux fluctuations internationales. « Le prix bord champ est administré et construit à partir des ventes à l’exportation et des anticipations. Quand le marché mondial se retourne, compenser totalement une correction d'une telle ampleur par le budget devient vite coûteux et risqué pour la soutenabilité. » « Il n’y aura plus de stocks invendus chez nos producteurs. Les embarquements se feront progressivement », assure le directeur général du Conseil Café-Cacao, sans toutefois préciser de calendrier.
On espère que l'on aura des échanges avec le gouvernement pour voir comment est-ce que l'on peut gérer cette crise.
« C'était la moins mauvaise solution sans doute. L'État n'avait pas assez de réserves ou n'a pas voulu assez puiser dans ses réserves. Donc, la seule façon de s'en sortir, c'était de rétablir un prix praticable. C'est un séisme. Conjoncturellement, les planteurs étant bloqués, n'arrivant plus à vendre, à la limite, ils sont presque soulagés qu'il y ait un prix officiel qui va relancer la commercialisation, qui va relancer les achats », explique François Ruf, économiste et spécialiste du cacao.
« Le prix avait monté graduellement de 1 000 à 1 500, puis 1 800, puis 2 200 et puis 2 800. Donc, ça avait lancé un vent d'optimisme et un regain d'intérêt des planteurs vers le cacao d'abord, vers plus d'entretien ensuite, même vers un début de replantation qui est le point faible de toutes les économies cacaoyères. Donc, ça va donner certainement un coup de frein terrible. Cacao, cacao, on peut s'attendre à ce que ça renforce les idées de diversification, de reconversion et malheureusement aussi de migration vers le Liberia pour aller avaler les forêts du Liberia. Et donc la Côte d'Ivoire va certainement accélérer son déclin », estime l'économiste François Ruf.
« Les cours du cacao sur le marché international nous obligent à procéder à un réajustement », a-t-il ajouté.
Conséquence : le prix bord champ passe à 1 200 francs CFA le kilogramme, contre 2 800 francs CFA lors de la campagne principale. Un niveau alors présenté comme historique. En un an, les cours mondiaux du cacao ont chuté d’environ 60 % et ont fragilisé la filière. Certains producteurs affirment ne pas avoir été intégralement payés pour leurs récoltes.
La semaine dernière, Bruno Nabagné Koné indiquait à RFI que 64 000 des quelque 100 000 tonnes de cacao entreposées avaient été rachetées par l’État.
Une baisse du prix à 1 200 francs CFA qui est donc une correction pour s'aligner sur le prix des marchés. Le Conseil café cacao n'avait pas vraiment le choix. En tout cas, c'est surtout une mauvaise nouvelle pour les producteurs. Plusieurs affirment rencontrer des retards ou des difficultés de paiement pour des volumes déjà livrés.
Pour l’économiste Ousmane Diomandé, cette situation met en lumière la forte exposition du pays aux fluctuations internationales. « Le prix bord champ est administré et construit à partir des ventes à l’exportation et des anticipations. Quand le marché mondial se retourne, compenser totalement une correction d'une telle ampleur par le budget devient vite coûteux et risqué pour la soutenabilité. » « Il n’y aura plus de stocks invendus chez nos producteurs. Les embarquements se feront progressivement », assure le directeur général du Conseil Café-Cacao, sans toutefois préciser de calendrier.
On espère que l'on aura des échanges avec le gouvernement pour voir comment est-ce que l'on peut gérer cette crise.
« C'était la moins mauvaise solution sans doute. L'État n'avait pas assez de réserves ou n'a pas voulu assez puiser dans ses réserves. Donc, la seule façon de s'en sortir, c'était de rétablir un prix praticable. C'est un séisme. Conjoncturellement, les planteurs étant bloqués, n'arrivant plus à vendre, à la limite, ils sont presque soulagés qu'il y ait un prix officiel qui va relancer la commercialisation, qui va relancer les achats », explique François Ruf, économiste et spécialiste du cacao.
« Le prix avait monté graduellement de 1 000 à 1 500, puis 1 800, puis 2 200 et puis 2 800. Donc, ça avait lancé un vent d'optimisme et un regain d'intérêt des planteurs vers le cacao d'abord, vers plus d'entretien ensuite, même vers un début de replantation qui est le point faible de toutes les économies cacaoyères. Donc, ça va donner certainement un coup de frein terrible. Cacao, cacao, on peut s'attendre à ce que ça renforce les idées de diversification, de reconversion et malheureusement aussi de migration vers le Liberia pour aller avaler les forêts du Liberia. Et donc la Côte d'Ivoire va certainement accélérer son déclin », estime l'économiste François Ruf.
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