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Face à la multiplication des arrestations nocturnes, les Birmans s'organisent

Les généraux birmans ont imposé, mardi 16 février, une coupure quasi-totale d'internet pour une deuxième nuit consécutive et poursuivent leurs vagues d'arrestations pour tenter de mettre un terme au soulèvement populaire contre leur coup d'État.



La Birmanie a récupéré internet ce mardi matin à 9h. C’est la deuxième nuit de coupure d’affilée et c’est aussi la deuxième nuit calme d’affilée depuis que les arrestations nocturnes se sont multipliées. Mais les Birmans restent sur leurs gardes. Une habitante du centre-ville, Su, aide à organiser la garde de nuit de son voisinage. Chaque nuit, dix personnes gardent chaque entrée de sa rue et sont prêts à faire du bruit en tapant sur des casseroles si la police ou un intrus cherche à entrer.
 
Rumeurs
Un chauffeur de taxi, Nay, racontait avoir fait son premier tour de garde lundi soir dans son quartier du nord de la ville et que tout s’était bien passé. Globalement, cette organisation de veille contre la police marche bien. Mais beaucoup de rumeurs circulent qui font état d’ex-prisonniers libérés, qui seraient drogués et payés par l’armée pour allumer des incendies et semer le désordre la nuit. Amplifiées par les réseaux sociaux, quelques vidéos qui tournent sur Facebook, mais pour l’instant pas vraiment vérifiables, les gens n'étant pas identifiables. Maintenant que l’habitude des manifestations pacifiques est prise à Rangoun, ce sont ce type d'événements nocturnes qui stressent le plus les Birmans.
 
L'armée n'a de cesse de durcir le ton depuis son putsch du 1er février qui a mis fin à une fragile transition démocratique de dix ans dans le pays. Quelque 420 personnes - responsables politiques, médecins, activistes, étudiants, grévistes - ont été arrêtées ces deux dernières semaines, d'après une ONG d'assistance aux prisonniers politiques. L'ex-cheffe du gouvernement civil, Aung San Suu Kyi, et le président de la République, Win Myint, interpellés dès les premières heures du coup d'État, sont toujours tenus au secret.
 
« Ils ne pourront pas tenir plus d’un mois et demi comme ça »
Parmi les personnes visées par les arrestations, il y a aussi les membres de la fonction publique qui ont cessé de travailler pour participer au mouvement de désobéissance civile. Ce docteur, dans la région de Mandalay, ne travaille plus depuis deux semaines pour protester contre le coup d'État des militaires. Il explique qu’il est nécessaire que la communauté internationale inflige des sanctions car le mouvement ne pourra pas tenir longtemps.
 
« La plupart des employés qui font partie du mouvement de désobéissance civile, dit-il, sont issus des classes les plus pauvres, ils n’ont pas d’autre moyen de gagner leur vie si ce n’est leur emploi au sein de la fonction publique. Et ils ne pourront pas tenir plus d’un mois et demi comme ça, souligne-t-il. Pour le moment, des Birmans en dehors du pays nous envoient de l’argent et les plus riches nous en donnent aussi. Ils ont déjà commencé à soutenir ceux qui sont dans un état financier critique. Notre espoir, c’est que la communauté internationale inflige des interdictions de visas aux membres des familles des généraux, car ils envoient leurs enfants étudier en Australie, au Royaume-Uni, aux États-Unis, et s’ils sont punis de cette façon, en plus de sanctions économiques, ça pèsera lourd dans la balance. »

RFI

Mardi 16 Février 2021 - 10:48


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